Questions

Steevy Gustave
Écologiste et Social — Circonscription 9103
Steevy Gustave
Questions posées
163.3/10
12 écrites, 4 au gouvernement
Plus élevé que 33% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
88% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Juillet 2025 (1)
15 juillet 2025 — Steevy Gustave
👮SécuritéBaisse des moyens alloués à la lutte contre les rixes en Essonne
Ministère de l'intérieur
ÉcriteRépondueLa question
M. Steevy Gustave attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur les conséquences préoccupantes de la baisse des moyens alloués au territoire essonnien pour la lutte contre les rixes. Le département de l'Essonne est l'un des plus touchés, concentrant 25 % des rixes survenues en France. Alors que la situation ne cesse de se détériorer, les éducateurs et sociologues spécialisés dans les rivalités interquartiers de l'Essonne tirent la sonnette d'alarme face à la montée des violences entre jeunes depuis plusieurs années. Pourtant, le conseil départemental de l'Essonne a annoncé une baisse de 2,6 millions d'euros du budget alloué à la prévention spécialisée. Cette réduction budgétaire entraînerait la suppression de 20 à 40 postes sur les 125 existants. Cette baisse de moyens impacte fortement les familles et les jeunes, entraînant un affaiblissement de l'accompagnement proposé par les éducateurs et les associations de terrain, qui sont pourtant en première ligne dans la lutte contre les rixes. L'abandon des associations de prévention ne peut avoir que des conséquences négatives sur la lutte contre ces violences urbaines. Lorsque la vie des jeunes est en jeu, la prévention ne devrait pas être sacrifiée. Alors que plus de 84 % des rixes recensées en France ont lieu dans les départements franciliens où pourtant moins de 20 % de la population française réside, il lui demande quelles mesures il compte prendre pour assurer la sécurité des jeunes, si des moyens financiers et humains supplémentaires seront destinés aux dispositifs de prévention dans l'Essonne.
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L'État et les collectivités territoriales partagent la même préoccupation en matière de prévention de la délinquance, pour lutter contre les phénomènes de rixes et assurer la sécurité des jeunes. Le département de l'Essonne, à l'instar d'autres départements franciliens, est en effet très concerné par ce phénomène. Comme vous le savez, la problématique des violences liées aux bandes et aux groupes informels constitue un défi majeur, particulièrement en Île-de-France. En juin 2021, l'État a actualisé le plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences liées aux bandes et groupes informels, complété par des déclinaisons départementales, en lien avec les collectivités territoriales. Il s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de prévention de la délinquance, de la politique publique de sécurité du quotidien et dans celui du déploiement de la justice de la vie quotidienne. Pour limiter la survenue des affrontements entre bandes et leurs réitérations, ce plan, qui prend appui sur les diagnostics réalisés dans l'ensemble du territoire, vise 3 objectifs : prévenir l'apparition de regroupements violents, renforcer le suivi et l'action policière face aux bandes et groupes se livrant à des actes de violence et améliorer les réponses judiciaires et pénales. Dans cette optique, les orientations concrètes du plan visent à prévenir et détecter les affrontements inter-quartiers, avec des mesures favorisant la remobilisation des jeunes, via par exemple des séjours de rupture ou des activités dédiées, en particulier durant les vacances ou les temps extra-scolaires, la formation et l'insertion, l'accompagnement des familles et des jeunes et leur sensibilisation aux risques (dangers des réseaux sociaux, armes blanches, trafics etc…). La réponse opérationnelle passe aussi par la circulation de l'information entre les acteurs, avec la nécessité de développer une culture commune d'échanges entre les acteurs judiciaires, éducatifs et sociaux, notamment par la mise en place de cellules d'échanges d'informations sur les mineurs en difficulté et la mise en place des boucles d'alerte rapide. La veille des réseaux sociaux et des messageries instantanées pour exploiter les signaux précurseurs, et l'instauration d'une culture de l'échange d'informations locales afin de prévenir ces phénomènes mais aussi leur réitération sont déterminantes. Les actions de médiation, de prévention spécialisée ainsi que les actions de sensibilisation durant les temps scolaires et extra-scolaires sont tout aussi déterminantes. D'autres mesures opérationnelles prévoient une présence accrue des forces de l'ordre sur le terrain dès lors que des signaux sont identifiés, le développement lorsque c'est nécessaire des GLTD (groupes locaux de traitement de la délinquance) sous l'autorité du Parquet. Une politique pénale spécifique accompagne ces mesures pour mieux répondre aux actes de violence liés aux bandes, avec notamment un renforcement du traitement judiciaire pour lutter contre la réitération (mesures judiciaires telles que les interdictions de paraître, le travail d'intérêt général (TIG) ou l'obligation de suivre un enseignement ou une formation dans le cadre d'un contrôle judiciaire.) Plusieurs territoires, confrontés à des degrés divers à ce type de violences, ont d'ores et déjà décliné et adapté, selon leurs spécificités et en liaison avec les collectivités territoriales et leurs représentants, les mesures du plan national, en mettant l'accent sur la mobilisation des instances partenariales de la sécurité du quotidien pour le renforcement du partage de l'information et des savoir-faire, sur des dispositifs de circulation rapide de l'information entre acteurs et partenaires de la sécurité et l'utilisation du retour d'expérience. Tel est le cas du département de l'Essonne, qui dispose d'une stratégie spécifique pour lutter contre les phénomènes de bande, mais aussi de certaines communes de ce département qui se sont emparées du sujet dans le cadre de leurs instances de prévention de la délinquance. La région Île-de-France soutient également via un appel à projet spécifique des associations engagées dans la prévention des violences de ce type, en finançant des projets favorisant la sensibilisation, la détection précoce des tensions et la promotion de la mixité inter-quartiers, essentiels pour réduire les rivalités territoriales. Un réseau francilien de lutte contre les rixes visant à coordonner les actions en ce sens a également été mis en place au premier semestre 2025. L'État soutient les actions portées par les collectivités en matière de prévention de la délinquance, notamment via les subventions FIPD. En 2025, l'enveloppe du FIPD pour le département de l'Essonne s'est élèvé à 925 000 euros. D'autres crédits sectoriels, notamment au titre de la politique de la ville, concourent aux objectifs partagés de prévention auprès des plus jeunes. Certaines collectivités font par ailleurs l'objet de plans de soutien spécifiques pour renforcer la sécurité et travailler sur les questions de prévention, à l'instar de la commune de Grigny. Enfin, dans le cadre des travaux en cours d'élaboration de la future stratégie nationale de prévention de la délinquance (SNPD) préparée et coordonnée par le SG-CIPDR, les bonnes pratiques en matière de prévention des rixes seront rappelées.
Juin 2025 (1)
4 juin 2025 — Steevy Gustave
👮SécuritéAttentat terroriste à Puget-sur-Argens
Ministère de l'intérieur
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
ATTENTAT TERRORISTE À PUGET-SUR-ARGENS Mme la présidente . La parole est à M. Steevy Gustave. M. Steevy Gustave . Samedi soir, à Puget-sur-Argens, Hichem a été assassiné. Assassiné par son voisin, en raison de ses origines ; assassiné parce qu'il était perçu comme un étranger, parce qu'il était musulman, parce qu'il était tunisien. Ce n'est pas un fait divers ; c'est un attentat. Un attentat raciste, revendiqué sur les réseaux sociaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Un acte nourri de haine et prémédité, comme en témoigne l'arsenal retrouvé dans sa voiture. Un acte terroriste, qui visait à faire peur, à diviser, à insinuer la haine. Ce drame n'est pas isolé. Il y a quelques semaines, Aboubakar Cissé était tué dans une mosquée du Gard. Quelques mois plus tôt, Djamel Bendjaballah était écrasé par un militant néonazi à Dunkerque, sous les yeux de sa fille. Ces crimes s'accumulent et le silence persiste. Certes, personne ici n'a tenu l'arme ; mais à force d'agiter la peur, de stigmatiser les musulmans, de faire de l'immigration une obsession, certains préparent le terrain quand d'autres passent à l'acte. Derrière les mots, il y a des morts. Derrière les postures, il y a des familles. Derrière le buzz, il y a des mères qui pleurent leurs fils. Ça suffit ; assez joué avec le feu ! Assez de ceux qui bâtissent leur carrière politique sur la peur et sur le dos de nos compatriotes ! Mme Farida Amrani . Racistes ! M. Steevy Gustave . La République n'est pas un champ de bataille identitaire ; elle est un refuge, un rempart, un idéal. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Il est plus que temps qu'elle protège tous ses enfants, sans hiérarchie, sans exception, sans condition. Aujourd'hui, ce ne sont plus des alertes, ce sont des morts. Monsieur Retailleau, vous qui parlez de « barbares » et d'identité nationale, dites-nous jusqu'à quand vous ferez de la peur un projet politique, alors que des citoyens meurent simplement pour ce qu'ils sont. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Mme la présidente . La parole est à M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur. M. Bruno Retailleau, ministre d'État, ministre de l'intérieur . Nous avons un point d'accord et un point de désaccord. Je suis d'accord pour affirmer tout haut que ce crime est beaucoup plus qu'un fait divers. Il est désormais prouvé qu'il s'agit d'un crime raciste, sans doute antimusulman, donc terroriste – l'enquête du parquet national antiterroriste le confirmera vraisemblablement. Si le Pnat s'est saisi, c'est parce que cette affaire est grave. Vous l'avez très bien dit : ce meurtre dépasse l'acte lui-même ; le meurtrier a voulu s'en prendre à Hichem parce qu'il était étranger, il s'agit donc d'un acte antiraciste. (Exclamations et rires sur divers bancs.) Raciste ! Je le dis et le répète : un acte raciste est un acte antifrançais. M. Sébastien Delogu . Alors protégez les Français ! Mme Danielle Simonnet . Et n'utilisez pas le mot « barbare » ! M. Bruno Retailleau, ministre d'État . Nous partageons la même définition de la France et de la République : celle-ci ne reconnaît aucune différence selon l'origine, la croyance ou la religion. (Mme Mathilde Panot s'exclame.) En cela, nous sommes parfaitement d'accord et je fais confiance à l'autorité judiciaire pour punir gravement celui qui a commis cet acte odieux et abominable. Il s'agit d'un acte barbare. Cependant, nous sommes en désaccord sur un point : on ne peut se servir de ce meurtre intolérable pour faire de la politique politicienne. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – M. Alexis Corbière rit.) Je le dis de façon très claire : la France n'est pas raciste mais, malheureusement, il y a des racistes en France. M. Aly Diouara. L'extrême droite vous applaudit ! M. Raphaël Arnault . Ils siègent juste à côté de vous ! Mme Caroline Parmentier . Vous nous traitez de racistes ? Fiché S ! (M. Raphaël Arnault et Mme Caroline Parmentier s'apostrophent de banc à banc.) M. Bruno Retailleau, ministre d'État . Ces racistes doivent être punis sévèrement, parce qu'ils bafouent le projet républicain, le projet de notre beau pays, que nous aimons tous… Mme Sandra Regol . Quand on aime son pays, on ne ferme pas les yeux ! M. Bruno Retailleau, ministre d'État . …d'où que nous venions, quelles que soient nos croyances. Croyez-moi, quand je combats l'islamisme, je ne combats pas les musulmans. (Mme Mathilde Panot s'exclame.) Ceux qui font l'amalgame entre l'islamisme et les musulmans se trompent ; ce sont les pays musulmans qui ont, les premiers, interdit les Frères musulmans. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) M. Alexis Corbière . Quel est le rapport ? Mme la présidente . La parole est à M. Steevy Gustave. M. Steevy Gustave . Je ne suis pas dans la polémique ; je respecte tout le monde. Je suis un défenseur du vivre ensemble et, à chaque fois que je vous écoute, j'ai mal à ma France ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)