Questions

Thierry Liger
Droite Républicaine — Circonscription 6102
Thierry Liger
Questions posées
315.7/10
29 écrites, 2 au gouvernement
Plus élevé que 57% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
26% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Mai 2026 (1)
26 mai 2026 — Thierry Liger
🗂️DiversCrise laitière
Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
ÉcriteRépondueLa question
M. Thierry Liger interroge Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation de crise vécue par la filière laitière. Depuis le mois de janvier 2026, les producteurs connaissent une sévère baisse des prix du lait alors que les coûts de production augmentent, notamment les prix du GNR. La raison de cette forte baisse est identifiée : une surproduction à l'échelle mondiale et européenne (+5 % de lait collecté en Europe en 2025 par rapport à 2024). Face à cela, la demande ne suit pas et l'Europe se retrouve à nouveau dans un contexte de surproduction laitière. La conjoncture mondiale suit la même dynamique avec + 6,5 milliards de litres de lait collecté début 2026 par rapport à l'an dernier dans les 5 grandes zones exportatrices : USA, Nouvelle-Zélande, Australie, UE et Argentine. À l'occasion du Conseil Agriculture de l'Union européenne le 30 mars 2026, la Belgique, soutenue par 5 autres États membres, a inscrit à l'ordre du jour la crise laitière. Ces pays ont demandé l'activation de mesures d'urgence, notamment une réduction volontaire de la production financée par la réserve de crise européenne. Cependant, la régulation seule ne suffira pas à ce que chaque exploitation revienne à son niveau de production de 2024. La France est malheureusement restée silencieuse à cette proposition. Il lui demande donc si le Gouvernement entend prendre des mesures de crise pour soutenir la filière laitière et s’il compte réagir lors du prochain Conseil Agriculture le 26 mai 2026.
🔗 Voir la sourceRéponse
En 2025, la collecte européenne de lait de vache a connu une hausse marquée (+1,6 % en 2025 par rapport à 2024 dont +1,9 % pour la France), avec une collecte particulièrement dynamique depuis l'été 2025 (hausses supérieures à 4 % mesurées chaque mois depuis le mois d'août 2025, au niveau européen et français). La hausse se poursuit début 2026 (+ 4,6 % pour janvier-février). L'afflux de collecte peut notamment être expliqué par des conditions climatiques favorables à l'été 2025, des fourrages d'herbe et de maïs ensilage de qualité et en quantité et des prix des aliments achetés attractifs. Cet afflux de collecte pèse sur les prix du lait payés aux producteurs. À l'échelle de l'Union européenne (UE), les prix se trouvent à des niveaux inférieurs d'environ 20 % sur un an, depuis plusieurs mois. En France, le prix du lait a connu en mars 2026 sa cinquième baisse mensuelle consécutive, se situant à 468 euros (€) /1 000 litres (l) (prix à teneur réelle) et atteignant 483 €/1 000 l en cumul janvier-mars 2026. Le prix du lait est ainsi en baisse de 6 % sur un an en cumul au premier trimestre 2026, après une année 2025 marquée par des prix nettement plus élevés qu'en 2024 (+ 5,3 %), et le recul a atteint environ 60 €/1 000 l en mars 2026 par rapport au plus haut niveau de l'automne 2025. La moindre baisse du prix du lait en France par rapport aux autres États membres de l'UE est probablement l'effet du taux élevé de contractualisation dans le secteur laitier, du fait notamment des lois EGALIM. Le secteur laitier est également touché par la hausse du prix du carburant et des intrants [gazole non routier et engrais (GNR)] liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient. Lors des derniers conseil agriculture pêche, la France a partagé l'inquiétude liée à la dégradation de la situation du marché du lait. Elle a demandé à la Commission européenne de procéder à un suivi rapproché de l'évolution des marchés du lait et des produits laitiers dans l'UE, afin d'anticiper les conséquences pour les producteurs et d'identifier les mesures de marché qui seraient nécessaires. Les mesures de marché comme le stockage privé, l'intervention publique ou la réduction volontaire de la production, au-delà d'être coûteuses et complexes à mettre en œuvre, risquent d'avoir un effet limité sur le marché. Par ailleurs, avant de mobiliser la réserve de crise, il conviendrait que toutes les autres possibilités de financement disponibles aient été pleinement exploitées. Le Gouvernement français, comme plusieurs de ses homologues européens, a déjà mis en place des mesures de soutien pour compenser la hausse du prix du GNR. Un guichet engrais a également été annoncé afin de compenser les surcoûts d'engrais azotés minéraux liés la guerre en Iran. Le prix du lait européen semble avoir atteint son point bas et être en train de se stabiliser à nouveau, signe d'un franchissement du pic annuel de collecte dans la plupart des États membres, dont la France. Les premiers chiffres de la collecte, tant européenne que française, pour le mois de mai, indiquent un ralentissement de la hausse sur un an, et de premières baisses sur un mois. Les prévisions de stabilisation des prix devraient ainsi se confirmer. Enfin, la demande en produits laitiers reste stable au niveau national et de l'UE, et affiche une certaine dynamique à l'export. Des signes encourageants sont apparus récemment sur les marchés internationaux des produits laitiers à forte teneur en protéines, tels que la poudre de lait, qui atteint mi-mai 2026 un record de prix (2 889 €/tonne en France, soit son point le plus haut depuis novembre 2022), sur lesquels la filière française dispose d'atouts à l'amont et à l'aval.
Juin 2025 (1)
26 juin 2025 — Thierry Liger
🗂️DiversIndustrie de défense
Ministère délégué auprès du ministre des armées, chargé de la mémoire et des anciens combattants
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
INDUSTRIE DE DÉFENSE M. le président . La parole est à M. Thierry Liger. M. Thierry Liger . Ma question s'adresse à M. le ministre des armées. La 55e édition du Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget s'est achevée sur un grand succès. Nos grands groupes – Dassault, Airbus et bien d'autres – ainsi que les nombreuses PME exposant sous pavillon régional ont pu démontrer leur savoir-faire et leur expertise dans les hautes technologies. Ces entreprises font la fierté de nos territoires et de la France. Cette année, la place dédiée à la défense est notable. De nombreux États, dont la France, ont décidé d'augmenter significativement leurs moyens, qu'ils soient dissuasifs ou défensifs. La France y a consacré 50 milliards d'euros dans la loi de finances pour 2025. Toutefois, en échangeant avec les PME présentes au Salon, j'ai constaté que celles-ci connaissaient des situations très disparates. Celles qui exportent ont des carnets de commandes bien fournis, contrairement à celles qui travaillent sur le marché français. Pire, ces dernières ne reçoivent pas de prévisions de la part de l'État et de la direction générale de l'armement. Pourtant, elles sont prêtes à investir et à embaucher. Quelle vision, quelle stratégie, quelles prévisions et quels grands engagements la France peut-elle donner à toutes ces sociétés qui travaillent dans le domaine de la défense, afin qu'elles puissent se structurer et investir sereinement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.) M. le président . La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants. Mme Patricia Mirallès, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants . Je vous prie d'excuser le ministre des armées, qui assiste actuellement au sommet de l'Otan. La loi de finances pour 2025 prévoit 50,5 milliards pour la mission Défense . C'est une hausse considérable par rapport aux 32 milliards qui y étaient consacrés en 2017. Cependant, la motion de censure et deux mois de services votés ont retardé certaines commandes : la DGA n'a pu engager de nouveaux contrats qu'à partir du mois de mars. Ce retard est en voie d'être résorbé. La moitié des crédits d'équipement gelés en début d'année ont été libérés en avril et consommés depuis par la DGA. L'autre moitié sera dégelée d'ici la fin du mois de juin. Le dégel sera alors complet. En matière de commandes, 3,2 milliards d'euros ont déjà été engagés, contre 4 milliards à la même date en 2024, malgré un début d'année contraint. En crédits de paiement, 10 milliards ont été dépensés, soit 1 milliard de plus qu'à la même période l'an passé. Cela fait en moyenne 60 millions de paiements par jour ouvré. Vous avez raison de souligner l'importance pour les PME de la visibilité du plan de commandes. La loi de programmation militaire offre ce cadre : 268 milliards de commandes sur sept ans ont été planifiés et votés par le Parlement. C'est une hausse notable par rapport à la précédente LPM, qui prévoyait 170 milliards de commandes aux industriels. En outre, le tableau des équipements votés en LPM donne à la base industrielle et technologique de défense la visibilité sur les programmes dont elle a besoin. Désormais, le véritable enjeu est bien que nos grands maîtres d'œuvre industriels répercutent cette visibilité sur leurs sous-traitants et les PME de la BITD. C'est un sujet sur lequel nous sommes pleinement mobilisés, en lien avec les filières industrielles concernées. Nos industries nous font honneur. Nous les soutenons. Notre réarmement n'est pas une option, c'est une nécessité. Je sais que vous et votre groupe êtes pleinement engagés sur le sujet. M. le président . La parole est à M. Thierry Liger. M. Thierry Liger . Je le répète : pour investir, une société a besoin de projections, de visibilité et d'une stratégie. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)