Questions

Charles Alloncle
Union des droites pour la République — Circonscription 3409
Charles Alloncle
Questions posées
142.8/10
11 écrites, 3 au gouvernement
Plus élevé que 28% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
93% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Octobre 2025 (1)
14 octobre 2025 — Charles Alloncle
👮SécuritéPersistance de l'insécurité à La Mosson après la visite du Premier ministre
Ministère de l’aménagement du territoire, de la décentralisation et du logement
ÉcriteRépondueLa question
M. Charles Alloncle interroge M. le ministre de l'aménagement du territoire, de la décentralisation et du logement sur la persistance de l'insécurité dans les dix quartiers prioritaires de la ville (QPV) de Montpellier, trois mois après les annonces formulées lors du Comité interministériel des villes (CIV) qui s'est tenu dans la capitale languedocienne le 6 juin 2025. Pour sa troisième édition, le Comité interministériel des villes s'est tenu pour la première fois en dehors de l'Île-de-France. C'est dans ce cadre que le Premier ministre d'alors, M. François Bayrou, accompagné de huit ministres, a visité le quartier populaire de La Mosson afin de procéder à une série d'inaugurations. Ce quartier concentre des fragilités sociales et économiques exceptionnelles : un taux d'emploi de 34,8 % contre 73,6 % au niveau national, 62 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté (contre 14,5 % en France), 30 % des 16-25 ans ni en emploi ni en études (contre 10,5 %) et 66 % de logements sociaux, favorisant une ségrégation résidentielle. La forte proportion de ménages étrangers (39,4 %) et immigrés (57,9 %) accentue encore le risque de ségrégation sociale et de tensions communautaires. À ces difficultés s'ajoute une insécurité endémique : des incivilités à la petite délinquance, jusqu'au narcotrafic, de l'emprise des dealers sur les cages d'escalier dès le soir venu aux règlements de comptes réguliers, cette dégénérescence sécuritaire fait régner un climat de terreur. Entre autres exemples, en octobre 2024, quatre fusillades s'étaient produites en l'espace de dix jours, sur fond de trafic de drogue. Lors de sa visite, M. Bayrou a multiplié les annonces, alimentant un budget lié à la politique de la ville déjà conséquent (609,6 millions d'euros en 2025). Ces dernières ont porté sur l'ouverture de places en crèche comme en école maternelle, quand bien même, lors des émeutes de juin 2023, ce type d'infrastructures financées dans les quartiers avaient été incendiées par leurs premiers bénéficiaires. Privilégiant le thème de « l'enfant dans la ville », ces annonces ont relégué en périphérie la lutte contre l'insécurité, cantonnée ironiquement à la création de 200 délégués de cohésion police-population et à la création de « parcours découverte des institutions » à destination des plus jeunes. Sur place, les habitants ont dénoncé une opération de communication dans une Mosson pour une fois sur-sécurisée et partiellement vidée de ses riverains. Ils y ont vu une visite éclair, déconnectée de leur quotidien, rythmé par le narcotrafic, l'insécurité et la violence. De fait, après la visite du Premier ministre, le climat d'insécurité perdurait. Ainsi, le 3 août 2025, deux adolescents, de 16 et 18 ans, étaient enlevés et séquestrés, avant d'être abandonnés nus dans un fossé. Le 28 août, un homme attaquait et blessait deux agents de police avec un couteau de 25 cm, lors d'un simple contrôle. Enfin, le 2 septembre 2025, en pleine nuit, une violente rixe à la machette, impliquant quatre individus connus des services de police, occasionnait deux blessés graves et nécessitait l'intervention des services de police et de secours. Ces évènements illustrent l'impasse d'une opération de communication qui n'a pas changé le quotidien des habitants. La Mosson n'est pas un cas isolé : les neuf autres quartiers prioritaires de Montpellier (Aiguelongue, Celleneuve, Cévennes, Lemasson-Croix d'Argent, Gély-Figuerolles, Paul Valéry, Pas du Loup, Val de Croze, Petit Bard, Pergola, Pompignane, Tournezy-Saint-Martin) souffrent de conditions de vie tout aussi dégradées. Leur sécurisation devrait être la priorité n° 1 du Gouvernement. Si l'État a pu sécuriser un quartier le temps d'une visite ministérielle, il lui est donc possible d'assurer durablement la tranquillité publique dans ces territoires perdus de la République. Par conséquent, il lui demande de préciser, d'une part, le dispositif de sécurité effectivement mobilisé lors de la visite de l'ancien Premier ministre, ainsi que les effectifs actuellement dédiés à la sécurisation de La Mosson et d'autre part, les moyens concrets que le Gouvernement compte déployer pour lutter contre le climat d'insécurité permanent qui règne dans les quartiers prioritaires de la ville de Montpellier.
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Renforcer la sécurité de nos concitoyens dans leur vie quotidienne et poursuivre la bataille contre la criminalité organisée constitue une priorité pour le ministre de l'intérieur et les forces de l'ordre sont mobilisées en ce sens. Tel est le cas à Montpellier, et notamment dans le quartier de la Mosson qui fait l'objet d'une attention constante de la police nationale. A cet égard, la population du quartier bénéficie depuis le printemps 2025 d'un nouveau commissariat de secteur. La direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de l'Hérault dispose, pour exercer ses missions, d'un effectif de 1 673 agents, contre 1 602 fin 2016. En outre, elle bénéficie chaque semaine du renfort d'une unité de forces mobiles, fréquemment déployée dans le quartier Mosson. Outre les unités de patrouille du commissariat de secteur, plusieurs autres unités de police interviennent spécifiquement dans ce secteur. Leur action vise, notamment, la lutte contre le trafic de stupéfiants. 403 opérations visant le démantèlement de points de deal ont été menées par la police nationale à Montpellier en 2025 et 165 au cours des 4 premiers mois de 2026. Les consommateurs sont également ciblés : dans l'Hérault, plus de 6 300 amendes forfaitaires délictuelles en matière de stupéfiants ont été dressées par policiers et gendarmes en 2025, et plus de 2 200 au cours des 4 premiers mois de 2026. Montpellier bénéficie depuis février 2025 du dispositif « villes de sécurité renforcée » avec une attention particulière portée au secteur Mosson. En 2025, 4 opérations majeures ont été menées à ce titre, impliquant une action administrative forte, des opérations judiciaires et de voie publique. Au-delà de ces opérations d'envergure, un travail de fond est mené à Montpellier, en application du dispositif « villes de sécurité renforcée ». Dans ce cadre, plus de 70 armes à feu et plus de 150 armes blanches ont été saisies en 2025 à Montpellier dans les secteurs « priorisés » (zones dites VSR), ainsi que d'importantes quantités de stupéfiants, conduisant à l'interpellation de 1 436 personnes. Au cours des 5 premiers mois de 2026, les opérations de police dans les « zones VSR » ont conduit à l'interpellation de près de 680 personnes. Dans le seul secteur dont relève le quartier de la Mosson (dit « VSR 1 »), les opérations menées en 2025 ont permis de saisir plus de 13 kg de cannabis et près 40 000 € d'avoirs criminels. Ce travail a conduit au placement en garde à vue de plus de 220 personnes. Au cours des 5 premiers mois de 2026, le travail policier dans le secteur « VSR 1 » a déjà conduit à près de 130 placements en garde à vue. En outre, 246 contrôles de commerces ont été réalisés en 2025 à Montpellier, conduisant à la fermeture administrative de 110 d'entre eux, et déjà 118 contrôles ont été effectués au cours des 5 premiers mois de 2026, conduisant à la fermeture de près de 60 commerces. À Montpellier comme dans toute la France, la loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (RIPOST) du 18 août 2026, va permettre de renforcer les moyens de la lutte contre la délinquance.
Juin 2025 (1)
10 juin 2025 — Charles Alloncle
👮SécuritéViolences urbaines à Montpellier en marge de la finale de la Ligue des champions
Ministère de l'intérieur
ÉcriteRépondueLa question
M. Charles Alloncle interroge M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur les violences et les multiples actes de vandalisme survenus à Montpellier en marge de la finale de la Ligue des champions, le samedi 31 mai 2025. La finale de la Ligue des champions remportée par le Paris-Saint-Germain a donné lieu, partout en France, à de graves débordements : vitrines fracassées, mobilier urbain saccagé, véhicules incendiés, pompiers pris à partie et forces de l'ordre attaquées. Ces scènes de chaos étaient largement prévisibles au regard de précédents bien connus : la victoire de l'Algérie lors de la CAN 2019, la demi-finale France-Maroc durant la Coupe du monde 2022, les finales des Coupes du monde 2018 et 2022, ou encore la demi-finale de Ligue des champions disputée il y a seulement trois semaines, ont à chaque fois été le cadre d'affrontements urbains d'une rare violence. À chaque match, quelle qu'en soit l'issue, des individus motivés par la seule envie d'en découdre, bien éloignés de toute considération sportive, sèment le chaos dans les rues des villes du pays avant même que ne soit sifflée la fin de ces rencontres. À Montpellier, la presse relate la présence de pas moins de 500 casseurs, déterminés à détruire, sévissant entre la place de la Comédie et l'esplanade Charles de Gaulle. Non content de briser des vitrines, d'incendier des poubelles, de tirer des mortiers d'artifice, de monter des barricades et de piller des commerces, ils se sont employés à jeter des projectiles sur les forces de l'ordre, blessant notamment un policier. Il s'interroge sur l'adéquation du dispositif de sécurité mis en place ce soir-là à Montpellier. Si à Paris, les débordements ont été anticipés - quoique la presse se soit fait écho de témoignages de forces de l'ordre jugeant le dispositif défaillant au point de les mettre en danger - il semble que la contagion des violences au-delà de la région parisienne n'ait pas été prévue en amont par des moyens à la hauteur du risque existant. Ainsi, alors que 491 interpellations ont été menées à Paris, seuls 2 individus ont été interpellés à Montpellier, malgré la gravité des faits et l'ampleur des bandes impliquées. Face à la consternation des commerçants touchés comme de tous les Montpelliérains, il aimerait que lui soit précisé l'effectif exact des forces de l'ordre mobilisées à Montpellier le 31 mai 2025. Il demande également à ce que soit communiqué le bilan matériel et humain de ces violences, ainsi qu'une estimation du coût des dégâts perpétrés sur l'agglomération Montpellier Méditerranée Métropole cette nuit-là.
🔗 Voir la sourceRéponse
La loi du 18 août visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (RIPOST), adoptée à l'initiative du Gouvernement, permettra de lutter contre les violences commises en marge des manifestations sportives. D'une part, le texte prévoit de renforcer la lutte contre les mortiers d'artifice, qui sont utilisés pour commettre des dégradations et pour blesser les forces de l'ordre, en instaurant une procédure administrative de dessaisissement à la main des préfets et en renforçant les peines prévues en cas de port ou de transport sans motif légitime d'articles pyrotechniques. D'autre part, l'article 12 complète le code du sport pour permettre aux préfets de prononcer une interdiction de paraître à l'encontre de toute personne qui a commis des actes violents en marge d'une manifestation sportive et qui est susceptible de réitérer ces actes à l'occasion d'un nouvel évènement de même nature. S'agissant des faits intolérables survenus à Montpellier le 31 mai 2025 à l'occasion de la finale de la Ligue des Champions, le ministère de l'intérieur tient à apporter les précisions suivantes. Un dispositif policier important avait été déployé, puisqu'au même moment se déroulait le Festival international des sports extrêmes (FISE), régulièrement émaillé d'incidents : un service d'ordre était ainsi prévu chaque soir et chaque nuit, du 28 mai au 31 mai ; le soir du 31 mai, 45 policiers de la direction interdépartementale de la police nationale de l'Hérault et près de 70 policiers des CRS étaient mobilisés sur le terrain ; une occupation préventive de l'espace public était mise en œuvre, tant dans le secteur le plus proche du FISE que dans le centre-ville de Montpellier, permettant d'anticiper les troubles à l'ordre public. À l'issue de la finale de la Ligue des Champions, de nombreuses personnes se rendaient place de la Comédie et quelques tirs d'artifice étaient commis. Vers minuit, les policiers sont intervenus au niveau d'un commerce dans lequel des individus tentaient de s'introduire, et faisaient usage d'armes de force intermédiaire. Au même moment, le serveur d'un bar voisin était blessé par un jet de projectile. Peu de temps après, 500 individus hostiles se sont regroupés sur l'esplanade Charles-de-Gaulle, avant de dresser des barricades, d'allumer des feux et de jeter des projectiles sur les policiers. Plusieurs « bonds » successifs et l'emploi de moyens de force intermédiaire permettaient aux forces de l'ordre de repousser les fauteurs de troubles jusqu'au Corum. L'intervention des policiers et l'emploi de moyens de force intermédiaire ont ainsi permis d'obtenir la dislocation progressive de la majeure partie du groupe d'individus et le rétablissement de l'ordre public vers 2 h 30. Plusieurs interpellations ont été effectuées.