Fiche député·e

Questions

← Retour au classement
Cyrielle Chatelain

Cyrielle Chatelain

Écologiste et Social — Circonscription 3802

Cyrielle Chatelain

Questions posées

244.7/10

12 écrites, 12 au gouvernement

Plus élevé que 47% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.

83% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.

Juillet 2026 (1)
  • 1 juillet 2026 — Cyrielle Chatelain

    🌳Environnement

    Canicule

    Premier ministre

    QAGRépondue

    Réponse

    CANICULE Mme la présidente. La parole est à Mme Cyrielle Chatelain. Mme Cyrielle Chatelain. Monsieur le premier ministre, la canicule de 2026 est la plus intense et la plus précoce jamais mesurée. Elle est le fruit de votre politique (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS. – Mme Sandrine Runel applaudit également) :… Mme Danielle Simonnet. Exactement ! Mme Cyrielle Chatelain. …installation du terminal méthanier du Havre, qui perpétue notre dépendance au gaz, baisse de 70 % des crédits alloués au fonds Vert, soutien aux projets autoroutiers ou encore démantèlement de l'industrie photovoltaïque. La France contribue – certes de manière moins importante – à aggraver le réchauffement climatique et à provoquer ces vagues de chaleur. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) En 2023, le Conseil d'État constatait l'insuffisance des politiques climatiques. En 2024, le Haut Conseil pour le climat appelait à un sursaut collectif et, en mars de cette année, il sonnait l'alerte quant au manque de crédibilité des moyens alloués à l'atteinte de nos objectifs climatiques. Pourquoi cette obstination à tous nous emmener dans le mur ? Parce que certains pensent que l'argent les protège, qu'ils peuvent se créer une bulle de confort ? Depuis dix jours, cette bulle éclate. Nous subissons tous la chaleur, mais il y a ceux qui en souffrent et ceux qui en meurent ! Cela, c'est encore votre responsabilité (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC) : alors que 33 000 décès dus à la chaleur ont été enregistrés entre 2014 et 2022, vous n'avez rien anticipé. Pire : votre politique a affaibli nos défenses collectives et aggravé tous les aspects de la situation. Ce sont des classes de trente-trois élèves qui s'entassent alors qu'il fait 36 ° C, des hôpitaux saturés, surchauffés, où se convulsent des nouveau-nés, des funérariums qui refusent le corps de personnes âgées, des malades en psychiatrie qui meurent de déshydratation et de solitude, des familles entières entassées dans des bouilloires thermiques où la température dépasse parfois les 40 oC. Mme Danielle Simonnet. Honte à vous ! Mme Cyrielle Chatelain. Sous votre gouvernement, la canicule s'est transformée en violence politique. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Quand cesserez-vous de nier votre responsabilité dans ces événements ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS, dont quelques députés se lèvent.) Mme la présidente. La parole est à M. le premier ministre. M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Avant de vous répondre, au nom du gouvernement, je veux dire à nouveau notre émotion à l'égard de l'ensemble des victimes, de leurs familles et de leurs proches et – puisque vous ne l'avez pas fait – saluer l'engagement remarquable des services de l'État (Applaudissements vifs et prolongés sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR, dont les députés se lèvent, ainsi que sur quelques bancs des groupes RN et SOC. – Mme Cyrielle Chatelain s'exclame) , celui des soignants qui font tenir l'hôpital, des pompiers, du corps préfectoral, des policiers, des gendarmes. On peut critiquer le gouvernement, mais pas semer le doute sur l'action de l'État, comme je vous entends le faire dans les médias depuis plusieurs jours, alors que l'État tient face à chaque crise ! Deuxième point : je ne souhaite pas polémiquer. (Exclamations et rires sur les bancs du groupe EcoS.) C'est vous qui, par votre question, vous tirez une balle dans le pied en cherchant à susciter une polémique purement politicienne au sujet d'une question particulièrement grave. Mme Danielle Simonnet. Nous ne polémiquons pas ! M. Sébastien Lecornu, premier ministre. En bon républicain, j'ai la faiblesse et l'humilité (« Vous n'en avez pas ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) – une qualité que votre propos ne transpirait guère ! – de considérer que tous les gouvernements, singulièrement depuis l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, ont, chacun à sa mesure, agi contre le réchauffement climatique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – M. Erwan Balanant applaudit également.) Le nier, c'est abîmer le consensus républicain ! (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Pendant le quinquennat du président de la République François Hollande, plusieurs ministres issus de votre famille politique ont d'ailleurs été aux responsabilités : vous ne pouvez pas dire de vous-mêmes que vous avez été inactifs ces dernières années ! (M. Erwan Balanant applaudit.) Là encore, ce qui se joue derrière tout cela, notamment entre les républicains, c'est le consensus au sujet de l'avenir en matière de climat. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.) M. Erwan Balanant. Bravo ! M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Avançons. Vous ne pouvez pas dire qu'aucune mesure n'a été prise. Le Plan national d’adaptation au changement climatique a ainsi été élaboré en 2011 puis actualisé en 2018 et en 2025. (Exclamations sur quelques bancs du groupe EcoS.) M. Jean-Claude Raux. Et le fonds Vert ? M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Des outils existent, tel le fonds Vert créé par le gouvernement en 2023 – merci de célébrer notre action ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.) Vous avez le droit de critiquer des choix budgétaires annuels, mais il n'y a pas eu un monde avant la création du fonds Vert, dans lequel il y avait des ministres écologistes et rien d'autre, et un monde après sa création, qui aurait tout réglé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe EcoS.) Juger que le gouvernement a été inactif à l'aune de la seule évolution du financement du fonds Vert – alors que nous l'avons créé ! – est tout à fait absurde politiquement. Continuons : 4,5 milliards d'euros, 25 000 projets, tout ça, c'est concret. Quelque 18 milliards étaient consacrés à l'adaptation au changement climatique en 2021 contre 28 milliards en 2025. On peut toujours considérer que ce n'est pas suffisant (« Eh bien non ! » sur quelques bancs du groupe EcoS. – M. Jean-François Coulomme s'exclame) , mais il faut bien expliquer aux Françaises et aux Français que le déficit public est dû précisément au choix politique que nous avons fait de consacrer davantage d'argent à de telles mesures. Alors pourquoi caricaturer, pourquoi travestir la réalité et la vérité ? Ce matin, à l'issue de votre réunion de groupe, vous avez demandé l'organisation d'une commission d'enquête parlementaire relative aux politiques publiques de lutte contre le changement climatique et d'adaptation du pays. Mme Danielle Simonnet. Oui ! M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Je vais vous surprendre : j'y suis favorable, pour la simple et bonne raison qu'elle fera objectivement état du rôle de chacun. Et quelque chose me dit que cette commission d'enquête se retournera contre vous comme un boomerang, madame la présidente (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR – Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS) , car elle permettra d'établir calmement les faits et constatera que, si nous avons évidemment besoin d'accélérer,… Mme Marie-Charlotte Garin. Avec quels moyens ? M. Sébastien Lecornu, premier ministre. …les gouvernements successifs n'ont pas été inactifs. Sur ce besoin, nous pouvons construire un consensus. Mais je forme le vœu que cette commission d'enquête ne s'arrête pas là. Elle devra aussi se pencher sur l'action des maires, y compris dans les grandes villes à la destinée desquelles vous présidez parfois depuis 2014, et où votre bilan n'est pas si édifiant qu'il puisse servir de modèle – les électeurs vous ont d'ailleurs désavoué dans certaines d'entre elles ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Souhaitons que l'humilité soit contagieuse et cherchons, sur ce sujet aussi, à construire des compromis et un consensus. La commission d'enquête parlementaire nous permettra peut-être aussi de comprendre pourquoi, à chaque fois qu'il faut agir, vous nous faites défaut ! Je pense à la programmation pluriannuelle de l'énergie (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR) , dont l'étude a été l'occasion pour votre groupe de déposer une motion de censure alors que l'extrême droite attaquait le gouvernement au sujet de la décarbonation, ou au plan d’électrification des usages, duquel votre groupe n'a pas dit un mot. C'est tout le problème de l'écart entre écologie politique et instrumentalisation de l'écologie à des fins politiques ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem. – M. Michel Lauzzana applaudit également.) M. Alexis Corbière. Heureusement que vous n'avez pas voulu polémiquer ! M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Dernier point – c'est la première fois que je sors de mes gonds lors d'une séance de questions au gouvernement : d'où sortez-vous ce bilan humain fallacieux de 10 000 morts (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Mme Cyrielle Chatelain s'exclame) , dont vous-même et les vôtres, du président Gontard, votre collègue sénateur, à Mme la députée Rousseau, faites état sur les plateaux de télévision depuis plus de trois jours ? C'est scandaleux, c'est indigne ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.) Chaque mort est un mort de trop, mais si votre formation politique, qui est un parti de gouvernement, ne fait pas confiance à Santé publique France, à l'administration sanitaire du pays, comment nous en sortirons-nous ? De grâce, madame la présidente, faites preuve d'un peu de dignité et de responsabilité ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et HOR, dont les députés se lèvent, ainsi que sur les bancs des groupes DR et Dem.) Mme la présidente. La parole est à Mme Cyrielle Chatelain. Mme Cyrielle Chatelain. Je ne participe à aucun débat sur les plateaux de télévision, où je ne me rends pas. Mais ici, votre temps de parole est bien plus important que le mien. Allons donc débattre sur un plateau, vous et moi, avec des temps de parole égaux, et je démonterai tous vos mensonges ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) La canicule est politique, et vous devrez en répondre ! Quand ils ont été battus, nos maires ont respecté le verdict des urnes ; vous avez été battus et vous êtes toujours là ! (Applaudissements vifs et prolongés sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP, dont les députés se lèvent. – Applaudissements prolongés sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe SOC.) Il y aura une commission d'enquête et une censure ! Vous n'êtes pas à votre place ! Les morts, vous les avez sur la conscience ! Vous menez une politique inégalitaire, qui aggrave le réchauffement climatique, et tout ce que vous trouvez à… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l'oratrice.) Mme la présidente. La parole est à M. le premier ministre. M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Si ce gouvernement est aux responsabilités, c'est parce que le président de la République l'a nommé (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Protestations sur quelques bancs du groupe EcoS) et qu'une majorité relative de députés le soutient. Vous votez toujours en faveur de la censure du gouvernement. Si celui-ci n'est pas tombé, c'est parce qu'une majorité de députés, faute de le soutenir, lui permet d'agir. Je ne suis pas là pour débattre, communiquer ou bavarder, mais pour agir. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – Protestations sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Mme Mathilde Panot. Vous devez rendre des comptes ! M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Je ne vous demande qu'une chose, madame la présidente Chatelain : lorsque le gouvernement prend une décision favorable au pays, à l'écologie, à l'intérêt général, préférez donc l'intérêt général à vos alliances électorales avec La France insoumise ! (Les députés des groupes EPR, DR, Dem et HOR se lèvent et applaudissent vivement.)

    🔗 Voir la source
Décembre 2025 (1)
  • 10 décembre 2025 — Cyrielle Chatelain

    🌳Environnement

    Transition énergétique

    Premier ministre

    QAGRépondue

    Réponse

    TRANSITION ÉNERGÉTIQUE Mme la présidente . La parole est à Mme Cyrielle Chatelain. Mme Cyrielle Chatelain . Monsieur le premier ministre, hier, l'un de vos conseillers a appelé de nombreux chefs d'entreprise du secteur des énergies renouvelables et a propagé de fausses informations. Il a affirmé que les objectifs de la programmation pluriannuelle de l'énergie seraient conditionnés au vote des écologistes sur le budget de la sécurité sociale, agitant la menace d'un anéantissement de leur activité,… Mme Marie Pochon. La honte ! Mme Cyrielle Chatelain . …de la destruction de dizaines de milliers d'emplois, de la mise en danger de notre autonomie énergétique et de nos objectifs climatiques. Dès votre nomination, vous avez raconté aux Français que vous refuseriez les arrangements d'arrière-boutique, mais hier, nous avons assisté à ce que la politique peut donner de pire : un chantage au vote. M. Emeric Salmon . On verra tout à l'heure ! Mme Cyrielle Chatelain . Monsieur le premier ministre, je vous demande de condamner ces pratiques et de réaffirmer clairement qu'il est hors de question de faire un lien, quel qu'il soit, entre le vote du budget de la sécurité sociale et la définition des objectifs en matière d'énergies renouvelables. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.) Ces agissements questionnent sur votre méthode, la fiabilité de votre parole et l'action de votre gouvernement. Le 15 octobre, dans cet hémicycle, vous avez affirmé que les objectifs de développement des énergies renouvelables ne seraient pas revus à la baisse. Deux mois plus tard, tiendrez-vous parole ? Confirmez-vous que les objectifs de production d'énergie d'origine solaire - 54 gigawatts en 2030 et 90 gigawatts en 2035 - seront maintenus dans la programmation pluriannuelle de l'énergie ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. - M. Gérard Leseul applaudit également.) M. Alexis Corbière . Bravo ! Mme la présidente . La parole est à M. le premier ministre. M. Sébastien Lecornu, premier ministre . À la suite de la saisine que vous avez effectuée directement auprès de moi hier, j'ai mené une enquête interne pour savoir ce qui avait pu se passer. De toute évidence, un groupe d'intérêt a tenté de s'immiscer dans les discussions politiques entre le gouvernement et votre groupe. (Rires sur quelques bancs du groupe EcoS.) Mme Marie Pochon . Quoi ? Une députée du groupe LFI-NFP . Comme c'est ballot ! M. Sébastien Lecornu, premier ministre . J'ai décidé de saisir la justice. Je ne veux pas que le débat sur la transition énergétique soit entaché du moindre soupçon qu'un intérêt autre que l'intérêt général bénéficierait d'une protection. Mme Sandrine Rousseau . Bravo ! M. Sébastien Lecornu, premier ministre . On sait que les questions énergétiques touchent à d'importants flux financiers – plusieurs milliards d'euros – dans les domaines des énergies renouvelables et du nucléaire. Sur le fond, je constate que se répand dans tout Paris une rumeur selon laquelle le gouvernement voudrait appliquer un moratoire sur les énergies renouvelables. Je tiens à la démentir : aucun moratoire n'est prévu, encore moins un moratoire qui s'appliquerait aux énergies renouvelables qui s'appuient sur des filières industrielles sur lesquelles la France est souveraine et que nous avons toutes et tous cherché à développer depuis de nombreuses années. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC, Dem et LIOT. - Murmures sur les bancs du groupe RN.) En tant que Normand, je pourrais toutes les citer – éolien en mer, solaire, géothermie… – mais nous aurons l'occasion d'y revenir. Dans tous les cas, je veux que cette rumeur cesse. Nous disposons depuis aujourd'hui du rapport de RTE sur la consommation d'énergie et les différents scénarios préconisés pour les années à venir. C'est sur cette base que je souhaite que les négociations de la PPE redémarrent, non pas pour en revoir les objectifs – j'en profite pour le dire – mais pour accélérer l'électrification décarbonée du pays. Notre dépendance aux énergies fossiles, notamment au gaz, est trop importante, ce qui n'est pas sans poser de difficultés et soulève d'importants enjeux de souveraineté. On ne peut pas dépendre d'un gaz désormais importé d'un autre continent. M. Emmanuel Fouquart . C'est mieux de dépendre du vent, peut-être ? M. Sébastien Lecornu, premier ministre . Nous devons accélérer l'électrification d'un certain nombre d'usages et de l'énergie consommée par les PME. J'ai confié ce chantier au ministre Lescure et ouvert une réflexion sur la fiscalité de l'électricité. Je réunirai l'ensemble des formations politiques pour discuter de la PPE. Je laisse passer les discussions du budget de la sécurité sociale, mais avant le vote du PLF, je veux que notre stratégie en matière de transition énergétique soit clarifiée. Nous ne pouvons pas la déconnecter du budget de la nation et nous devons fixer de grands équilibres pour les années qui viennent. Je démens, je condamne et je saisis la justice. Je ne laisserai personne s'immiscer dans les relations entre le législatif et l'exécutif. C'est une question de principe, c'est une question constitutionnelle, il y va de la confiance de nos concitoyens. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC, EcoS, Dem, LIOT et GDR, ainsi que sur quelques bancs des groupes DR et HOR.) Vous êtes amenés à débattre de sujets très variés - nous parlerons demain de crédits militaires - et il n'est pas question que la commande publique, qu'elle prenne la forme de marchés ou d'appels d'offres, soit soupçonnée d'une manière ou d'une autre. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC, EcoS, Dem, LIOT et GDR, ainsi que sur quelques bancs des groupes DR et HOR.) Mme la présidente . La parole est à Mme Cyrielle Chatelain. Mme Cyrielle Chatelain . Cette condamnation était indispensable pour rassurer l'ensemble des acteurs de la filière photovoltaïque. M. Thierry Tesson . Quel bel accord, c'est la lune de miel ! Mme Cyrielle Chatelain . Je le répète, les écologistes ne se livreront jamais à un quelconque chantage ou à du marchandage. Cette rumeur concernant un moratoire est tenace, elle ne date pas d'hier. Soyez assuré, monsieur le premier ministre, que nous ne lâcherons pas et que nous veillerons à ce que vous respectiez votre parole : aucune baisse des objectifs de développement des énergies renouvelables ne doit être programmée. Vous avez mentionné le rapport de RTE. Il montre que si problème il y a, en termes de consommation d'énergie, c'est parce que le gouvernement a été défaillant dans le soutien à la transition énergétique. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.) Il est hors de question que les énergies renouvelables soient laissées pour compte parce que le gouvernement a échoué en matière climatique. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – MM. Gérard Leseul et Dominique Potier applaudissent également.)

    🔗 Voir la source
Octobre 2025 (1)
  • 16 octobre 2025 — Cyrielle Chatelain

    🌳Environnement

    Lutte contre le réchauffement climatique

    Premier ministre

    QAGRépondue

    Réponse

    LUTTE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE Mme la présidente . La parole est à Mme Cyrielle Chatelain. Mme Cyrielle Chatelain . Monsieur le premier ministre, sur tous les continents, l'extrême droite mène une guerre contre l'écologie. Pourtant, hier, dans votre discours de politique générale, vous n'en avez pas dit un mot. Donald Trump présente le changement climatique comme une grande arnaque, Milei rase les forêts, Poutine se réjouit de la fonte du permafrost en Sibérie et leur alliée, l'extrême droite européenne, exige l'abandon du pacte vert. Les scientifiques de tous les pays, y compris en France, font face à une croisade obscurantiste. Quelque 90 % des militants écologistes subissent des violences en ligne et sont parfois physiquement menacés. Dans ce contexte, votre silence est alarmant. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.) Il nous fait craindre que vous ayez déjà abdiqué, d'autant plus que la politique conduite depuis 2022 est celle du grand bond en arrière s'agissant de l'écologie, avec pas moins de quarante-trois reculs environnementaux depuis le printemps. Je n'ai pas le temps de vous questionner sur l'ensemble de ces reculs. Je n'aborderai donc qu'un seul sujet, pour lequel le gouvernement est décisionnaire : notre trajectoire climatique. J'ai deux questions. D'abord, dix ans après l'accord de Paris, allez-vous cesser de bloquer la hausse des objectifs climatiques au niveau européen ? Ensuite, allez-vous publier une programmation pluriannuelle de l'énergie sérieuse pour garantir le développement de l'éolien et du solaire (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC – M. Jimmy Pahun applaudit également) et permettre que, d'ici à 2030, 44 % de l'énergie que nous consommons soit d'origine renouvelable ? Mme la présidente . La parole est à M. le premier ministre. M. Sébastien Lecornu, premier ministre . Je vous l'ai dit : hier, je ne pouvais pas parler de tout, au regard de la situation politique. Vous me permettrez de me livrer, en répondant à votre question, à une séance de rattrapage. Sans mépris aucun pour l'Assemblée nationale, j'aurai l'occasion d'y revenir plus longuement au Sénat, s'agissant notamment de la dimension locale des politiques environnementales. Plusieurs défis sont devant nous. Je répondrai à vos deux questions et j'irai même un peu plus loin. La priorité est de continuer la décarbonation d'une partie de notre économie et de notre vie quotidienne. C'est une évidence en matière d'émissions et de souveraineté. Vous le savez, c'est aussi une évidence en matière économique car des filières économiques ont été créées sur le territoire, qui sont désormais porteuses d'emplois, et il n'y aurait rien de pire que de faire du stop and go – pour parler en mauvais français –, ce qui fragiliserait l'élan donné. Cela va peut-être trop lentement et le débat à ce sujet aura lieu si vous laissez la discussion budgétaire se tenir ici même. Il est en tout cas clair que freiner définitivement nos efforts de sobriété énergétique nous exposerait aux pires difficultés. J'en viens à la production d'énergie, au sujet de laquelle vous avez posé une question très précise. C'est la même urgence : la décarbonation est essentielle pour des raisons non seulement climatiques mais aussi – pardon ! – géopolitiques. Dépendre du Moyen ou du Proche-Orient, de la Russie, d'un certain nombre de grands compétiteurs est évidemment inacceptable. On ne pourra pas parler de réindustrialisation si notre politique énergétique n'est pas au niveau. Si vous nous demandez si nous souhaitons ou allons dégrader, dans les documents à venir, nos objectifs en matière d'énergies renouvelables, la réponse est non. En revanche, nous devons davantage interroger la manière dont l'argent public est employé pour financer les énergies renouvelables et faire en sorte qu'il n'y ait pas de rente de situation. Je sais de quoi je parle car j'étais secrétaire d'État chargé de ces sujets il y a huit ans. On voit bien qu'aujourd'hui, la situation du marché de l'électricité, la structure des coûts afférents aux énergies renouvelables, les filières économiques, s'agissant par exemple de l'éolien en mer, tout comme la manière d'équilibrer notre système électrique et de stocker cette énergie ne sont pas les mêmes qu'alors. Le vrai débat relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie portera sur le nucléaire – je sais que nous ne sommes pas d'accord à cet égard et je l'assume –, les énergies renouvelables et les bons moyens d'éviter que des effets de rente, des effets de bord ne découlent du financement de ces énergies. Ce sujet est essentiel. Troisième thème, qui chevauche le national et le local : la biodiversité, un terme que je n'ai pas prononcé hier à l'occasion de mon discours de politique générale, pas plus que vous dans votre question. Ce thème pose la question des déchets, celle de l'eau et celle de la lutte contre les pollutions, sur laquelle la ministre chargée de l'écologie reviendra très prochainement. La dynamique et les enjeux afférents sont aussi globaux, nationaux que locaux. Nous ne ferons pas l'impasse sur un réexamen de la planification écologique à l'échelon local : les compétences en question sont fondamentalement décentralisées et les élus locaux doivent s'en emparer davantage. Nous en débattrons peut-être. Étant donné l'endroit d'où je viens, en tant qu'ancien maire et ancien président de département, je reste convaincu que c'est absolument essentiel. La dernière étape est bien sûr internationale et européenne : il s'agit de faire en sorte que la France continue de mener le combat politique que vous avez décrit, à un moment où le climatoscepticisme est plus puissant qu'il y a cinq ou dix ans. Ce qui, ces dernières années, était évident ou du moins à peu près consensuel a cessé de l'être, y compris au regard des politiques menées par un certain nombre de grandes puissances. Je crois pouvoir dire que la nomination, que vous n'avez ni citée ni saluée, de Monique Barbut témoigne, eu égard à son engagement et à son bilan de femme dirigeante d'ONG, de ce que le gouvernement de la République est capable de faire pour la France ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.) Mme la présidente . La parole est à Mme Cyrielle Chatelain. Mme Cyrielle Chatelain . Je vous ai connu plus précis, monsieur le premier ministre : vous n'avez rien dit sur le soutien à la hausse des objectifs climatiques à l'échelon européen, qui requiert un combat immédiat, et vous n'avez rien répondu au sujet de l'objectif de production d'énergies renouvelables à hauteur de 44 % de notre consommation énergétique. Surtout, je vous alerte : la France n'a diminué ses émissions de gaz à effet de serre que de 0,8 % alors que ce chiffre aurait dû atteindre 5 %. Cela doit être notre priorité. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.)

    🔗 Voir la source