Questions

Cyrielle Chatelain
Écologiste et Social — Circonscription 3802
Cyrielle Chatelain
Questions posées
244.7/10
12 écrites, 12 au gouvernement
Plus élevé que 47% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
83% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Avril 2026 (1)
7 avril 2026 — Cyrielle Chatelain
💻NumériquePromotion d'un guide familial numérique conçu par Google et YouTube
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
ÉcriteSans réponse à ce jour🔗 Voir la sourceLa question
Mme Cyrielle Chatelain interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées à propos du guide Voyage en numérique, comment accompagner son enfant dans son exploration . Ce guide est destiné aux familles, à propos des risques du numérique, conçu selon les mots d'introduction du document, « pour offrir des repères simples, des conseils concrets et des outils adaptés à chaque âge », distribué en partenariat entre autres avec l'Arcom et cybermalveillance.gouv.fr, et présenté aux couleurs de la République Française. Or ce guide a été conçu par Google et YouTube : les logos de ces géants américains du numérique sont affichés en très gros sur la couverture et la page finale. Tout au long des 20 pages, les mentions de ces deux acteurs privés de la Big tech sont constantes, à travers des références, des publicités, l'iconographie. Les applications de Google et YouTube, Family Link et YouTube Kids, sont explicitement décrites et conseillées aux lecteurs avec le crédit et l'encouragement de l'État Français sous l'intitulé « Mettre en place les bons outils » en page 8 et 9 ; mais aussi conseillées pour « apprendre quelque chose de nouveau pour l'école » en page 10 ou « pour apprendre et mieux comprendre le monde » en suivant les chaînes YouTube, page 11 ; et puis les adolescents sont incités à utiliser l'assistant IA de Google, Gemini, « pour approfondir leurs connaissances » en page 14 ; et les parents à cliquer sur un programme de sensibilisation finance par Google en page 17. Somme toute, ce guide est une ode aux vertus supposées de deux mastodontes du numérique, dont on sait pourtant que les pratiques sont au contraire extrêmement toxiques pour les usagers du numériques : algorithmes addictifs, contenus violents et haineux privilégiés parce qu'ils rapportent plus d'argent, pillages des données personnelles, ciblage commercial des personnes, etc. Dans l'introduction du guide, Mme la Ministre indique qu'il faut « prévenir l'exposition à des contenus inadaptés » et « limiter l'exposition aux contenus violents et aux mécanismes d'addiction créés par certaines plateformes ». Et en page 19, il est précisé que pour apprendre à lutter contre les menaces numériques, il faut : « préserver ses données personnelles ». Elle voudrait savoir pour quelle raison elle accepte de préfacer un document réalisé par des acteurs privés dont le modèle économique repose sur l'addiction, y compris des plus jeunes, aux produits des plateformes. Elle souhaiterait aussi savoir pourquoi des structures publiques distribuent ce document, et pourquoi ne pas valoriser des outils de la CNIL comme FantomApp.
Novembre 2025 (1)
4 novembre 2025 — Cyrielle Chatelain
💻NumériqueSanctions américaines visant actuellement un juge français exerçant à la CPI
Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'intelligence artificielle et du numérique
ÉcriteRépondueLa question
Mme Cyrielle Chatelain attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique, sur les sanctions américaines qui visent actuellement un juge français exerçant à la Cour pénale internationale (CPI). M. Nicolas Guillou, magistrat français, juge à la Cour pénale internationale, y préside actuellement la Chambre préliminaire I sur la situation dans l'État de Palestine et se retrouve aujourd'hui privé d'accès à une partie de ses outils numériques du quotidien, de ses applications bancaires et de ses services en ligne. Cette impossibilité d'accés aux services numériques de firmes américaines découle d'un décret présidentiel de Donald Trump. Le magistrat, comme huit autres de ses confrères, subit des sanctions en raison du travail qu'il mène à la CPI. Cette situation illustre une réalité inquiétante de la manière dont Donald Trump utilise les firmes du numériques comme outil de pression politique. Elle l'interroge donc sur les réactions prévues par le Gouvernement face à des sanctions qui pèsent sur un magistrat de nationalité française. Elle souhaite également connaître les actions concrètes que le Gouvernement va engager pour soutenir le développement d'outils numériques libres permettant de prémunir la France de la pression américaine.
🔗 Voir la sourceRéponse
Le ministère l'Europe et des affaires étrangères a réagi dès l'annonce de ces sanctions, en août 2025, par un communiqué officiel dans lequel la France a exprimé sa « consternation » face aux sanctions américaines. Paris « exprime sa solidarité à l'égard des magistrats visés par cette décision » et estime que ces sanctions sont « contraires au principe d'indépendance de la justice ». Le garde des Sceaux, ministre de la justice, a rappelé lors de la 24ème assemblée des États parties de la Cour pénale internationale (CPI), le 1er décembre 2025, le plein soutien de la France au mandat de la CPI. Il a condamné les menaces et les mesures coercitives contre la Cour, son personnel et les organisations de la société civile qui l'appuient, qui sont une atteinte à son indépendance. En février 2026, le Président de la République a écrit à son homologue américain pour lui demander la levée des sanctions contre le magistrat français, arguant que « les sanctions adoptées contre M. Nicolas Guillou portent atteinte au principe d'indépendance de la justice et au mandat de la CPI ». Le 6 mars 2026, à la demande conjointe du garde des Sceaux, ministre de la justice et de son homologue slovène, les ministres de la justice des États membres de l'Union européenne ont entendu le témoignage du juge français à la CPI, M. Nicolas Guillou et sa collègue slovène Mme Beti Hohler, elle aussi placée sous sanctions américaines, lors du conseil justice et affaires intérieures de l'Union européenne à Bruxelles. A cette occasion, les deux magistrats ont exposé les conséquences concrètes des sanctions américaines prononcées à leur égard. La France et l'Union européenne ont réitéré leur soutien à la Cour pénale internationale, ainsi qu'à son personnel et ont condamné ces sanctions. Le garde des Sceaux, ministre de la justice, a insisté pour qu'une réaction politique au niveau européen puisse avoir lieu, et sur l'importance de réduire nos dépendances vis-à-vis d'États tiers. Ces sanctions fragilisent la justice internationale à laquelle l'Union européenne et la France sont attachées. Des discussions sont en cours au niveau européen pour étudier les modalités de l'activation du règlement de blocage, à laquelle la France est favorable. La souveraineté numérique est au coeur de l'action de la Ministre de l'IA et du numérique. Elle se traduit concrètement en trois priorités : Soutenir l'offre, pour disposer d'une offre nationale et européenne de services numériques innovants et compétitifs qui viendra bénéficier à tout l'écosystème ; Identifier nos dépendances et œuvrer à les réduire avec nos partenaires européens ; Faire respecter nos règles et nos valeurs en Europe. Ces dernières années, le Gouvernement a engagé des travaux importants pour renforcer sa souveraineté sur le plan numérique, et limiter ses dépendances aux solutions extracommunautaires. La stratégie numérique de l'État s'est notamment fixée comme priorité le renforcement significatif de la maîtrise par l'État de ses systèmes d'information. La « Suite numérique » incarne une avancée majeure vers l'autonomie technologique de la France et de l'Europe. Développée sous l'égide de la direction interministérielle du numérique (DINUM) et déployée à large échelle depuis 2026, cette alternative open source aux outils dominants (essentiellement américains) offre aux agents publics des services souverains de visioconférence (Visio), de transfert de données (France Transfert), et de messagerie instantanée (Tchap) opérés et hébergés en Europe et protégés contre les ingérences extérieures. Avec plus de 500 000 utilisateurs au sein de l'administration française et une intégration progressive de l'IA, la Suite numérique illustre une volonté politique concrète de réduire la dépendance aux logiciels américains tout en garantissant la sécurité des données et la continuité du service public. Ce projet, couplé à des initiatives comme l'euro numérique, l'observatoire de la souveraineté numérique, ou encore la nouvelle doctrine de la commande publique numérique, dessine une stratégie pour affranchir l'Europe des risques liés à l'extraterritorialité des sanctions américaines et renforcer sa résilience. En ce qui concerne les données, le Gouvernement s'est doté ces dernières années d'une stratégie cloud solide, qui doit permettre de renforcer notree indépendance vis-à-vis des solutions extracommunautaires et notamment américaines. Elle se décline en trois piliers. Le pilier « cloud de confiance » repose sur la qualification SecNumCloud. Délivrée par l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), elle garantit un niveau de protection élevé des services qualifiés contre les accès non-autorisés aux données qu'ils hébergent et traitent, notamment par le recours à des lois extraterritoriales. (14 offres de 9 fournisseurs qualifiées SecNumCloud actuellement). Par ailleurs, grâce à la loi n°2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l'espace numérique (SREN), porté par le Gouvernement, et à la demande des parlementaires, les dispositions législatives relatives à la protection des données sensibles contre les législations extraterritoriales, s'agissant des administrations de l'État, ses opérateurs ou certains groupements d'intérêt public, ont été renforcées. Le pilier « cloud au centre » vise à stimuler l'achat public de cloud. En 2025, le marché du cloud passé par l'État représentait 84 millions d'euros, orienté à plus de 70 % vers du cloud européen. Le pilier « stratégie d'accélération cloud », qui s'appuie sur France 2030, vise à renforcer l'offre de cloud en France. Avec 450 millions d'euros déjà investis au travers de plusieurs appels à projets, c'est une offre cloud européenne et en particulier française qui s'étoffe. Entre 2021 et 2025, l'offre des Cloud Service Providers français s'est étoffée. Des progrès sont observés dans les domaines du IaaS, ainsi que des services managés de sécurité, d'analyse de données et d'IA. Les acteurs cloud ont aussi développé des marketplace de services de tiers et ont mené une expansion internationale. Ces travaux doivent nous permettre de renforcer notre souveraineté numérique et de limiter nos dépendances aux acteurs extra-européens. C'est un enjeu d'indépendance et d'autonomie stratégique.
Juillet 2025 (1)
15 juillet 2025 — Cyrielle Chatelain
💻NumériqueQuestion sur les impacts de la migration des serveurs publics vers Windows 11
Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’intelligence artificielle et du numérique
ÉcriteRépondueLa question
Mme Cyrielle Chatelain interroge Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique, sur les impacts de la migration des serveurs publics vers Windows 11. La fin de Windows 10 au profit de Windows 11, la nouvelle version du logiciel de Microsoft, est prévue pour le 14 octobre 2025. Une très large majorité des PC utilisés par le secteur public bénéficient du système d'exploitation Windows et Windows 11 ne sera pas compatible avec une large partie des ordinateurs. Mme la députée souhaite donc savoir ce que prévoit l'État vis-à-vis du passage à Windows 11 en vue de limiter les impacts économiques et environnementaux liés au remplacement du matériel informatique actuellement configuré sur Windows 10 dans le secteur public et demande à être informée du coût total des opérations ainsi que de la quantité de déchets numériques générés par le passage à Windows 11. Elle souhaite également savoir dans quelle mesure le choix de maintenir un logiciel d'origine étatsunienne est pertinent aujourd'hui au vu du contexte géopolitique et des risques en matière de souveraineté des données et de sécurité et si des réponses sont envisagées pour assurer la souveraineté de la France et des services de l'État en matière de logiciels et de protection des données. En effet, un procureur de la Cour pénale internationale a récemment vu ses mails professionnels, hébergés sur Microsoft Outlook, être coupés sur la demande du président Trump, soulevant la question des risques d'ingérence étrangère au vu des liens entre Microsoft et le gouvernement américain. Enfin, elle lui demande si, à l'instar d'autres États (Allemagne, Danemark) et de certaines collectivités (Grenoble et plus récemment Lyon), l'État envisage de former les administrations et de systématiser le recours à des systèmes sous Linux, dont le caractère libre et open-source permet de limiter les risques de surveillance et l'obsolescence programmée.
🔗 Voir la sourceRéponse
Cette question illustre parfaitement les problèmes que peuvent poser la dépendance de nos administrations et entreprises à des solutions extra-européennes. La stratégie numérique de l'État s'est fixée comme priorité le renforcement significatif de la maîtrise par l'État de ses systèmes d'information. Dans certains cas, pour les données d'une sensibilité particulière, cela peut impliquer de rechercher une immunité au droit extra-européen, par exemple s'agissant des systèmes d'information hébergés dans le cloud, conformément à l'article 31 de la loi Sécuriser et réguler l'espace numérique. Dans d'autre cas, il en va de notre capacité, au besoin, à substituer tout composant d'une solution par une alternative disponible sur le marché, pour garantir notre intégrité et notre pouvoir de négociation et ainsi maîtriser nos coûts. La DINUM a ainsi lancé en 2025 une réflexion sur le développement d'un poste de travail sous système Linux permet d'accroitre la souveraineté et de limiter l'obsolescence programmée. Plus largement, la souveraineté numérique est au coeur de mon action comme Ministre de l'IA et du numérique. Elle se traduit concrètement en trois priorités : Soutenir l'offre, pour disposer d'une offre nationale et européenne de services numériques innovants et compétitifs qui viendra bénéficier à tout l'écosystème ; Identifier nos dépendances et œuvrer à les réduire avec nos partenaires européens (comme décrit ci-avant); Faire respecter nos règles et nos valeurs en Europe. Depuis ma prise de fonction, le Gouvernement travaille sur ce sujet. Nous nous sommes rendus, avec les ministres Roland Lescure et David Amiel, ainsi qu'avec le président de la République, au sommet de Berlin sur la souveraineté numérique en novembre dernier, où nous avons obtenu des avancées notables, en particulier sur le principe de préférence européenne dans le numérique. Nous avons d'ailleurs lancé dans cet objectif un groupe de travail européen chargé de définir ce qu'est un service numérique européen. En effet, je crois en particulier à la commande publique comme levier de souveraineté : le Gouvernement avance sur le sujet, et travaille à une nouvelle doctrine d'achat public numérique qui permettra de réaffirmer le besoin de se fournir en solutions numériques sûres et souveraines, tout en soutenant notre écosystème français et européen. Nous travaillerons également, dès 2026, pour porter cette vision au niveau européen, notamment dans le cadre de la révision de la directive-cadre sur les marchés publics. Ces travaux doivent nous permettre de renforcer notre souveraineté numérique et de limiter, à terme dépendances aux acteurs extra-européens. C'est un enjeu d'indépendance et d'autonomie stratégique.