Questions

Émeline K/Bidi
Gauche Démocrate et Républicaine — Circonscription 97404
Émeline K/Bidi
Questions posées
132.6/10
6 écrites, 7 au gouvernement
Plus élevé que 26% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
92% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Mai 2025 (2)
21 mai 2025 — Émeline K/Bidi
🏛️InstitutionsÉlévation de Bernard Hayot à la dignité de grand officier de la Légion d'Honneur
Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l’économie sociale et solidaire
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ÉLÉVATION DE BERNARD HAYOT À LA DIGNITÉ DE GRAND OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR Mme la présidente . La parole est à Mme Émeline K/Bidi. Mme Émeline K/Bidi . Le 15 mai, Bernard Hayot a été hissé par le président de la République au rang de grand officier de la Légion d'honneur. Une députée du groupe LFI-NFP . La honte ! Mme Émeline K/Bidi . Bernard Hayot, fondateur de GBH – le groupe Bernard Hayot –, principal acteur du commerce en outre-mer. Bernard Hayot qui selon les mots du ministre des outre-mer, joue « un rôle d'étouffement de l'économie et du pouvoir d'achat » dans les outre-mer. Celui qui, depuis 2018, refusait de publier ses comptes. Celui dont les bénéfices cumulés atteignaient en 2023 la somme astronomique de près de 900 millions d'euros. Qui paie cette belle médaille offerte au fondateur de GBH ? Vous le savez : ce sont les familles d'outre-mer. Cette distinction, c'est la prime à la vie chère. Ce sont nos familles modestes, ce sont les plus fragiles qui paient cette médaille à chaque fois qu'ils passent à la caisse et subissent des prix de 19 à 38 % plus chers que dans l'Hexagone. Le taux de vie chère à La Réunion augmente en même temps que les parts de marché du groupe Bernard Hayot. Coïncidence ? Pendant que, dans cet hémicycle, le ministre des outre-mer dénonce le comportement du groupe GBH, que fait l'Élysée ? Il applaudit. Il offre une nouvelle distinction à celui qui s'enrichit en toute opacité et donc en toute impunité sur le dos des ultramarins. GBH attend d'être condamné pour publier ses comptes ? Qu'on lui offre une médaille ! GBH continue d'augmenter ses marges et ses profits ? Qu'on lui offre une médaille ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes GDR, SOC et EcoS.) On décore ceux qui s'enrichissent, on oublie ceux qui s'appauvrissent. Ma question est simple. On voit ce que le chef de l'État fait pour les plus puissants, mais que fera votre gouvernement pour ceux qui, dans la France d'outre-mer, continuent de subir la vie chère ? À quand la grande loi promise par Manuel Valls contre la vie chère ? (Mme Nadège Abomangoli applaudit longuement.) Pour terminer, permettez-moi d'attribuer moi aussi une distinction au président de la République et au fondateur de GBH. Au nom de toutes les familles françaises, je leur remets la médaille du cynisme : celle-là, au moins, est méritée. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.) Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre déléguée chargée du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l'économie sociale et solidaire. Mme Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l'économie sociale et solidaire . Permettez-moi de rappeler les principes qui guident l'attribution de la Légion d'honneur. Cette distinction placée sous l'autorité de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur récompense le mérite individuel, l'universalité de la reconnaissance républicaine et la contribution au bien public sans considération d'origine sociale ou professionnelle. Mme Émeline K/Bidi . C'est bien le problème ! Mme Véronique Louwagie, ministre déléguée . Vous m'interrogez également au sujet de la vie chère en outre-mer – je comprends l'inquiétude que vous exprimez au nom des citoyens – et du rôle des grands groupes économiques. Je tiens à rappeler que le gouvernement agit avec détermination. Ainsi, il a soutenu deux propositions de loi, déposées respectivement par Mme Béatrice Bellay et par M. Victorin Lurel, visant à lutter contre la vie chère, à renforcer la concurrence et à réguler la concentration des acteurs économiques en outre-mer. Par ailleurs, comme l'a annoncé M. le ministre d'État, ministre des outre-mer, un projet de loi complet contre la vie chère, assorti d'un plan d'action non moins complet, sera présenté cet été. Ce texte s'appuiera sur une large concertation et engagera de nombreuses mesures. Enfin, un comité interministériel des outre-mer se tiendra le 10 juillet pour fixer les orientations de la transformation économique des territoires ultramarins. Le gouvernement reste pleinement mobilisé pour répondre aux attentes des citoyens au sujet de la vie chère en outre-mer et pour bâtir un avenir plus juste pour l'outre-mer. Il consulte, agit et propose des solutions.
7 mai 2025 — Émeline K/Bidi
🏛️InstitutionsRéférendum sur le budget
Ministère auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics
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RÉFÉRENDUM SUR LE BUDGET Mme la présidente . La parole est à Mme Émeline K/Bidi. Mme Émeline K/Bidi . Choisir, c’est renoncer – vous connaissez tous cet adage ; or en matière de budget, il semblerait que votre choix soit fait. Vous aviez déjà renoncé à taxer le capital ; il vous restait alors à choisir sur qui faire peser les économies qui, pour le moment, s'élèvent à 40 milliards d’euros. Depuis plusieurs mois, au milieu des annonces cacophoniques des ministres, un choix se dessine clairement : celui qui consiste à s’attaquer aux plus pauvres et aux plus faibles, dans l'Hexagone comme en outre-mer. Alors que le cadrage budgétaire n’est pas encore déterminé, on voit poindre les attaques contre l’emploi, contre les jeunes, contre la santé, contre les travailleurs, contre l'environnement : baisse de financement des contrats PEC – parcours emploi compétences –, diminution des subventions aux missions locales, rétablissement des jours de carence, diminution des moyens consacrés à l’accompagnement des femmes victimes de violences. Voilà quels sont vos premiers choix. Vous vous attaquez à ceux qui peinent déjà à finir les fins de mois, et vous choisissez d'incriminer les Françaises et les Français à qui vous reprochez sans cesse de ne pas assez travailler. Comble du cynisme, le 3 mai dernier, dans un entretien accordé au Journal du dimanche (JDD), le Premier ministre proposait de demander au peuple de valider son propre sacrifice : il annonçait vouloir organiser un référendum pour valider vos choix, afin de faire oublier que d'autres arbitrages existent. Choisir, c’est renoncer et en ce qui vous concerne, vous avez renoncé à protéger la majorité des Françaises et des Français pour préserver les intérêts d’une poignée de privilégiés. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et EcoS.) Jusqu'où irez-vous ? Renoncerez-vous à sacrifier les politiques sociales et les services publics sur l'autel du capitalisme ? Quand choisirez-vous enfin le peuple ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre chargée des comptes publics. Mme Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics . Nous avons en commun en France, au cœur de notre République, un pacte qui est né en 1945 et qui s'appelle la sécurité sociale. Mme Sophie Taillé-Polian . Ce sont les communistes qui l'ont créée ! Mme Amélie de Montchalin, ministre . Elle a 80 ans, elle protège tous les Français et elle est universelle. Ce qui met aujourd'hui en danger la sécurité sociale – je le dis au nom de l'ensemble du gouvernement et en particulier de ma collègue Catherine Vautrin –, c'est qu'elle n'est plus à l'équilibre ; en effet, elle est en déficit… M. Fabien Di Filippo . Structurellement ! M. Stéphane Peu . À cause de vos choix ! Mme Amélie de Montchalin, ministre . …et elle crée même de la dette alors qu'il y a quatre-vingts ans, notre modèle social était un modèle de solidarité caractérisé par l'absence de dette. Soit nous choisissons d'agir en regardant la situation en face, avec lucidité, pour sauver ce modèle social – cela suppose de le remettre à l'équilibre, comme nous l'avons d'ailleurs fait entre 2010 et 2019 ; soit nous renonçons et alors il n'y aura plus de sécurité sociale. M. Stéphane Peu . Il faut arrêter d'exonérer les cotisations ! Mme Amélie de Montchalin, ministre . Il y aura une santé à deux vitesses, un système où chacun se débrouillera, et ce sera la fin de ce qui fait notre solidarité et notre République. M. Jean-Paul Lecoq . Vous faites tout pour cela ! Mme Amélie de Montchalin, ministre . Avec le premier ministre et l'ensemble du gouvernement, nous faisons donc des choix, notamment le choix de regarder en face ce qui pourrait mettre en cause notre souveraineté financière, économique et sociale. Nous avons fait le choix, en concertation avec vous, parlementaires, dans le cadre du compromis que nous avons trouvé en février dernier, de remettre 1 milliard d'euros à l'hôpital… M. Yannick Monnet . Il en manque encore 2 ! Mme Amélie de Montchalin, ministre . …et de soutenir nos politiques de santé. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Nous avons fait le choix de soutenir tout ce qui permet d'accompagner les femmes victimes de violences. Nous avons fait le choix des travailleurs, en continuant à soutenir leurs revenus grâce à la prime d'activité. Nous avons fait des choix que nous assumons et que nous rendons transparents. Nous voulons aussi préparer le débat pour que chaque année, nous puissions nous mettre d'accord sur un budget résultant d'un choix collectif et démocratique… Mme Émeline K/Bidi . Vous pourriez commencer par le faire voter à l'Assemblée, ce budget ! Mme Amélie de Montchalin, ministre . …et non d'un renoncement. Il y a un autre choix que nous faisons : si nous ne produisons pas plus, si nous n'investissons pas plus et si nos entreprises ne peuvent pas embaucher davantage, alors notre PIB diminuera et notre modèle social sera là aussi en danger. Les impôts ne sont pas une solution et les dépenses doivent être choisies démocratiquement. (M. Nicolas Forissier applaudit.) M. Stéphane Peu . C'est une politique de droite, quoi !