Questions

Frantz Gumbs
Les Démocrates — Circonscription 97701
Frantz Gumbs
Questions posées
102.1/10
7 écrites, 3 au gouvernement
Plus élevé que 21% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
50% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Avril 2026 (1)
1 avril 2026 — Frantz Gumbs
🌍InternationalSituation à Cuba
Ministère délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
SITUATION À CUBA Mme la présidente . La parole est à M. Frantz Gumbs. M. Frantz Gumbs . L'Ukraine est à 2 000 kilomètres d'ici. Ce n'est pas si loin, dit-on. Mais de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe à Santiago de Cuba, c'est encore moins loin. Le 3 janvier, une attaque américaine contre le Venezuela a suffi à fermer le ciel caribéen. Pendant plusieurs heures, des vols vers les Antilles françaises ont été annulés. Nos territoires ont subi les conséquences directes d'une décision prise à Washington. Depuis, la pression de Donald Trump sur Cuba ne cesse de monter. Vendredi dernier, depuis Miami, il l'a affirmé : « Cuba is next . » Ce sont des menaces explicites, formulées publiquement par le président de la première puissance mondiale. Dans un environnement où la logique militaire supplante désormais la diplomatie, nos territoires ultramarins de l'Atlantique et l'ensemble des pays de la Caraïbe sont exposés comme ils ne l'ont jamais été depuis des décennies. Leur sécurité, leur approvisionnement, leur desserte aérienne dépendent de la stabilité d'une région que Washington traite comme un théâtre d'opérations. Le gouvernement a annoncé une conférence régionale sur la sécurité en Martinique en juillet prochain avec les partenaires du G7. Cela témoigne de la volonté de la France de renforcer son rôle dans cette région stratégique. Ma question est la suivante : quelle stratégie concrète le gouvernement met-il en œuvre dès aujourd'hui pour protéger nos territoires face à une possible escalade autour de Cuba ? Il y a par ailleurs une urgence humanitaire que la France ne peut pas ignorer. À Cuba, les hôpitaux peinent à maintenir leurs services d'urgence. L'OMS tire la sonnette d'alarme. La crise énergétique est devenue une crise sanitaire. L'ONU a proposé un plan d'aide d'urgence. Un peuple souffre à 90 miles des côtes américaines et à quelques centaines de kilomètres des nôtres. La France, puissance d'équilibre et voix indépendante dans les crises internationales, peut-elle rester silencieuse ? Quelles actions concrètes le gouvernement entend-il mener pour soutenir l'acheminement du fret sanitaire et alimentaire vers Cuba, et pour peser au sein des instances internationales en faveur d'une levée des restrictions qui étranglent la population ? (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, EPR, LFI-NFP et GDR.) Mme la présidente . La parole est à M. le ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. M. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité . Vous avez raison de le souligner, l'état d'asphyxie économique dans lequel se trouve Cuba, qui touche la population cubaine de façon indiscriminée, ne peut qu'entraîner des conséquences sur la stabilité de l'île comme de la région tout entière. Vous l'avez rappelé, la France est un pays de la Caraïbe ; près de 800 000 ressortissants français habitent dans ces territoires et îles que vous connaissez bien. La stabilité de la région est donc une priorité absolue, et je peux vous assurer de l'attention qui y est portée par le gouvernement. Compte tenu de la situation, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères engage nos ressortissants à ne pas se rendre à Cuba pour l'instant eu égard aux risques qui existent sur le maintien des liaisons aériennes. Par ailleurs, une série d'initiatives et d'échanges sont en cours dans le cadre du G7 actuellement présidé par la France pour suivre attentivement la question de la stabilité et de la sécurité dans la région. Depuis 1992, sans discontinuer, nous demandons aux Nations unies la levée de l'embargo sur Cuba. Nous appelons en permanence au dialogue… M. Jean-Paul Lecoq. Prouvez-le ! M. Nicolas Forissier, ministre délégué . …de façon à favoriser les perspectives de stabilisation. Nous saluons d'ailleurs les pourparlers engagés entre les États-Unis et Cuba. Nous plaidons, notamment au sein de l'Union européenne, pour le maintien de ce dialogue, qui doit être constructif mais aussi exigeant. De ce point de vue, il est important que Cuba fasse des gestes, notamment en matière de droits de l'homme et d'ouverture économique. Enfin, nous avons agi sur le volet humanitaire lors de l'ouragan Melissa. Nous restons, en fonction de nos moyens, à disposition en matière d'aide d'urgence humanitaire dans le cadre des démarches conduites par l'ONU et selon les appels de l'OMS.
Octobre 2024 (1)
3 octobre 2024 — Frantz Gumbs
🌍InternationalSituation dans les Outre-mer
Ministère auprès du Premier ministre, chargé des outre-mer
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
SITUATION DANS LES OUTRE-MER Mme la présidente . La parole est à M. Frantz Gumbs. M. Frantz Gumbs . Ma question s'adresse à M. le ministre chargé des outre-mer. Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a souligné le rôle essentiel des outre-mer, éloignés de l’Hexagone et dont la diversité humaine et géographique est exceptionnelle. Situés sur trois océans, ils recouvrent des réalités socioculturelles fortes et variées. M. Barnier a annoncé son intention de présider, au premier trimestre 2025, un comité interministériel des outre-mer. Les défis sont immenses, monsieur le ministre. Je pense à la Nouvelle-Calédonie, qui traverse une crise d’une extrême gravité, et aux mobilisations et à la colère qui s’exprime en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion contre la vie chère. Je pense aussi à l’ampleur du préjudice que subit la Guyane en raison de la pêche et de l’orpaillage clandestins, ainsi qu'à l’immigration à Mayotte. Je pense enfin aux difficultés d’accès à l’eau ou à la qualité des services publics dans les territoires ultramarins. Les signaux de détresse se multiplient, tout comme les points chauds. Je l’affirme avec force : la France lointaine n’est pas moins importante que celle qui est proche de la tour Eiffel. Là est aussi le sens du message des Français lors des dernières élections : trop souvent, malgré les intentions et les moyens déployés, les politiques que nous appliquons n’atteignent pas avec la même efficacité les territoires les plus éloignés des centres administratifs régionaux. La multiplicité et la diversité des difficultés des outre-mer nécessitent une approche adaptée. Quelle sera votre méthode pour tisser à nouveau des liens de confiance et de considération réciproques entre la France hexagonale et ses territoires ultramarins ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Mme la présidente . La parole est à M. le ministre des outre-mer. M. François-Noël Buffet, ministre des outre-mer . Votre question est de première importance. Elle me permet de réaffirmer que le Gouvernement, dans sa totalité, est au travail pour traiter la situation des outre-mer. S'ils sont physiquement loin, ils sont très proches de nous du point de vue de nos préoccupations. Vous m'interrogez sur la méthode. Tout d'abord, le Premier ministre a souhaité que le ministère des outre-mer lui soit directement rattaché, ce qui prouve déjà l'importance accordée à nos territoires ultramarins. Deuxièmement, nous entendons appliquer des principes simples et donner le temps au dialogue, ce qui ne signifie pas pour autant perdre du temps. Les situations d'urgence, que vous venez d'évoquer, sont au cœur de nos préoccupations quotidiennes. Nous y répondrons bien évidemment. Je souhaite aussi établir un dialogue nourri, transpartisan, sans aucun doute élargi aux acteurs de terrain, mais qui se fonde exclusivement sur un discours de vérité. Car il est important que nos constats reposent sur la réalité. Peut-être aurons-nous des discussions sur la manière d'aborder les solutions mais le constat doit être partagé le plus largement possible. En outre, nous devons nous appuyer sur les parlementaires ultramarins. Comment faire autrement ? C'est obligatoire et même essentiel pour le travail que nous devons mener. Nous devons aussi nous appuyer sur les délégations aux outre-mer, qui jouent un rôle important. Par ailleurs, les politiques seront conduites de façon interministérielle – vous l'avez dit et je l'ai moi-même déjà évoqué car c'est important. Le comité interministériel des outre-mer se réunira au premier trimestre 2025. Il faut donc se mettre au travail dès à présent. J'ajoute que des déplacements seront bien sûr prévus dans tous les territoires ultramarins. Enfin, nous attendons le rapport sur l'évolution institutionnelle des outre-mer commandé par le Président de la République à deux spécialistes. Le travail a été lancé et nous aurons très bientôt des contacts à ce sujet.