Fiche député·e

Questions

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Hélène Laporte

Hélène Laporte

Rassemblement National — Circonscription 4702

Hélène Laporte

Questions posées

748.9/10

71 écrites, 3 au gouvernement

Plus élevé que 89% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.

68% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.

Février 2026 (1)
  • 3 février 2026 — Hélène Laporte

    🏛️Institutions

    Caractère irréversible du transfert de la compétence

    Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation

    ÉcriteRépondue

    La question

    Mme Hélène Laporte interroge Mme la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation sur le caractère irréversible du transfert de la compétence « mobilité » à la région dans le cadre de la loi d'orientation des mobilités (LOM). Dans plusieurs territoires, des communes et des communautés de communes ont fait le choix, dans les délais prévus par la LOM, de confier l'exercice de la compétence « mobilité » à la région. Soucieuses de répondre néanmoins aux besoins concrets de leurs habitants, ces intercommunalités ont développé, en lien avec la région, des services de mobilité de proximité, tels que des navettes locales, des dispositifs de location de vélos à assistance électrique ou des solutions de covoiturage organisé, mis en œuvre dans le cadre de conventions de délégation. Toutefois, ce mode d'exercice délégué se révèle aujourd'hui source de contraintes opérationnelles importantes. Toute évolution des services nécessite la conclusion d'avenants à la convention de délégation, soumis à validation régionale en séance plénière, entraînant des lourdeurs administratives et des délais peu compatibles avec les impératifs de réactivité propres aux collectivités de proximité. Par ailleurs, l'absence d'exercice direct de la compétence « mobilité » prive ces communautés de communes de la possibilité de lever le versement mobilité, alors même que cette ressource serait déterminante pour assurer le financement pérenne de services de mobilité dans les territoires ruraux. Cette situation met en lumière les limites du cadre juridique actuel, qui ne permet pas aux intercommunalités ayant transféré la compétence « mobilité » d'en reprendre ultérieurement l'exercice, contrairement à ce qui est prévu pour d'autres compétences optionnelles, et ce même lorsque l'intérêt général et les besoins locaux le justifieraient. Dans ce contexte, elle lui demande si le Gouvernement envisage une évolution du cadre législatif issu de la loi d'orientation des mobilités, afin de permettre aux communautés de communes ayant transféré la compétence « mobilité » à la région de pouvoir, sous conditions et dans un cadre juridiquement sécurisé, en reprendre l'exercice, ou à défaut de simplifier les modalités de délégation, dans un souci de souplesse, d'efficacité et d'équité territoriale.

    Réponse

    En application de l'article 8 de la loi du 24 décembre 2019 d'orientation des mobilités, la délibération du conseil d'une communauté de communes ayant souhaité devenir autorité organisatrice de la mobilité (AOM) devait intervenir avant le 31 mars 2021. À défaut, c'est la région qui devenait AOM sur le ressort territorial de la communauté de communes concernée à compter du 1er juillet 2021. Depuis cette date, une communauté de communes qui n'aurait pas pris la compétence « mobilité » ne peut plus, si sa position évolue, se la voir transférer par la région. La délégation de compétences, prévue par les articles L. 1111-8 et R. 1111-1 du code général des collectivités territoriales (CGCT), constitue toutefois un outil qui offre une certaine souplesse dans l'exercice des compétences à l'échelon local, même si elle ne permet pas toujours de répondre à toutes les situations en fonction des enjeux locaux en présence. Rouvrir aux communautés de communes la possibilité de devenir AOM conduirait néanmoins à revenir sur une organisation territoriale de la gouvernance « mobilité » encore récente. En outre, cela nécessiterait éventuellement de prévoir des transferts de lignes de transport existantes et qui répondent désormais aux besoins des populations en matière de mobilité. La région ne peut pas lever de versement mobilité lorsqu'elle est AOM locale, et la communauté de communes ne peut le faire lorsqu'elle a transféré sa compétence. Cependant, au sein de certaines communautés de communes, la loi a permis à des communes de faire le choix de continuer à exercer des services alors même que la compétence mobilité avait été transférée à la région (par exemple une ligne de bus). Si la commune levait du versement mobilité, elle a alors pu continuer à le faire dans les mêmes règles qu'une AOM, conformément aux dispositions des articles L. 1231-1 du code des transports et L. 2333-64 et suivants du CGCT. La situation des communes appartenant à des communautés de communes non AOM n'est donc pas homogène, du point de vue du versement mobilité. Il existe cependant des cas où les communautés de communes sont en droit de délibérer de nouveau sur la prise de la compétence « mobilité », ce sont les situations prévues par le III de l'article L. 1231-1 du code des transports : fusion avec une autre communauté de communes, création d'établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre par partage, transformation en établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre relevant d'une autre catégorie ou délibération en vue de créer un syndicat mixte mentionné aux articles L. 5711-1 et L. 5721-2 du CGCT, un pôle métropolitain mentionné à l'article L. 5731-1 du même code ou un pôle d'équilibre territorial et rural mentionné à l'article L. 5741-1 dudit code doté de la compétence en matière de mobilité ou en vue d'adhérer à un tel groupement.

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Octobre 2025 (1)
  • 28 octobre 2025 — Hélène Laporte

    🏛️Institutions

    Chambres d'agriculture - bilan insatisfaisant de la régionalisation

    Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire

    ÉcriteRépondue

    La question

    Mme Hélène Laporte attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur le bilan insatisfaisant de la régionalisation de certaines compétences des chambres d'agriculture. Dans un rapport publié le 1er octobre 2025, la Cour des comptes a formulé plusieurs observations sur la politique de régionalisation du réseau des chambres d'agriculture, amorcée par le décret n° 2016-610 du 13 mai 2016. Estimant que cette réforme n'a donné lieu qu'à une « mutualisation limitée et hétérogène » (en dehors des cinq régions dans lesquelles les chambres départementales et régionales ont fusionné), la Cour relève que cette réorganisation s'est surtout traduite par une superposition de compétences et une multiplication des strates administratives. L'objectif poursuivi par l'État s'est ici, selon elle, heurté au « fait départemental », le réseau traditionnellement départementalisé des chambres d'agriculture jouissant d'une forte légitimité historique. Ainsi, « la chambre régionale est souvent réduite à un rôle d'interface entre les référents départementaux et Chambres d'agriculture France ». Pour remédier à cet échec, contraire à l'objectif de rationalisation de l'action publique, la Cour des comptes préconise une généralisation du modèle des chambres de région, cumulant les compétences des chambres régionales et départementales, comme cela a été fait en Bretagne, Pays de la Loire, Normandie, Île-de-France et Corse. Toutefois, ce modèle ne semble pas adapté à l'ensemble des situations régionales. Ainsi, la région Nouvelle-Aquitaine, comprenant douze départements et dotée d'une superficie de 84 000 km2 et d'une population de six millions d'habitants, constituerait un échelon trop éloigné des réalités locales du monde agricole. Aussi, une solution plus adaptée consisterait à permettre, dans chaque territoire, aux élus des chambres de choisir entre un échelon départemental, interdépartemental ou régional et de mener une politique de réduction et d'unification des échelons conformément à ce choix. À la lumière de ces enjeux, elle lui demande sa position sur ce sujet, ainsi que ses propositions pour permettre au réseau des chambres d'agriculture de fonctionner avec une pleine efficacité.

    Réponse

    Le rapport d'observations définitives publié par la Cour des comptes le 1er octobre 2025 portant sur le réseau des chambres d'agriculture depuis leur régionalisation a retenu l'attention du ministère chargé de l'agriculture qui en partage globalement la teneur et les recommandations associées, visant à poursuivre les efforts de modernisation du réseau des chambres d'agriculture. En effet, ce réseau est un partenaire incontournable de l'État pour accompagner le monde agricole dans les transitions économiques, sociales et environnementales, et ainsi répondre aux enjeux de souveraineté agricole et alimentaire auxquels le pays est confronté. La première recommandation de ce rapport concerne la mise en œuvre, sur la période d'exécution du prochain contrat d'objectifs et de performance du réseau des chambres d'agriculture, de la fusion des établissements préexistants en chambres de région assorties de chambres territoriales. Dans la continuité du mouvement de régionalisation du réseau engagé depuis plusieurs années, il paraît effectivement nécessaire de conforter l'échelon régional et sa capacité à contribuer à l'élaboration, au déploiement et à l'articulation des politiques publiques en lien avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l'État. La réflexion sur la structuration future du réseau ne doit pour autant pas méconnaître les spécificités du monde agricole et doit intégrer la nécessité de maintenir, dans la durée, la capacité des chambres d'agriculture à accompagner tous les agriculteurs au plus près des réalités du terrain. Des modèles prometteurs ont ainsi été développés en Bretagne, Normandie et Pays de la Loire, permettant de combiner tous les intérêts d'une mutualisation poussée au niveau régional avec le maintien de chambres territoriales, dépourvues de personnalité juridique, mais assurant les nécessaires missions de proximité pour le compte de l'échelon régional.

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