Questions

Mélanie Thomin
Socialistes et apparentés — Circonscription 2906
Mélanie Thomin
Questions posées
447.2/10
40 écrites, 4 au gouvernement
Plus élevé que 72% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
77% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Mai 2026 (1)
6 mai 2026 — Mélanie Thomin
🌳EnvironnementPrix des carburants
Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
PRIX DES CARBURANTS Mme la présidente. La parole est à Mme Mélanie Thomin. Mme Mélanie Thomin. Monsieur le premier ministre, il ne suffit pas d’aller dans les boulangeries le 1er mai, baguette sous le bras, pour résoudre la question du travail qui paie et celle du pouvoir d’achat des salariés. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Mon groupe est préoccupé par le sentiment d’injustice qu’éprouvent les Français qui travaillent courageusement et pour qui la voiture est indispensable. Voilà deux mois que vous nous faites languir ; il aura fallu attendre ce week-end pour découvrir votre décret créant une indemnité carburant pour les Français modestes et gros rouleurs. Selon vos mots, cette aide vise 3 millions de bénéficiaires à travers une aide forfaitaire de 50 euros versée en une fois. En clair, pour pouvoir y prétendre, une personne seule doit toucher le smic ou moins et parcourir plus de 15 kilomètres entre son domicile et son lieu de travail – alors même que la distance médiane pour les actifs ruraux est d’environ 13 kilomètres. Plus vous roulez et plus cette aide forfaitaire de 50 euros sera diluée dans les pleins de gazole payés à la pompe. Pour les plus gros rouleurs, elle ne compense que quelques centimes par litre. Nous regrettons l’absence de progressivité. Par ailleurs, votre aide concerne exclusivement les trajets professionnels. Elle ignore tous les déplacements du quotidien, pourtant essentiels : conduire ses enfants, consulter un médecin, aider un proche. Les familles rurales sont les plus touchées. (Mêmes mouvements.) Vous sanctuarisez donc une enveloppe de 180 millions d’euros pour 3 millions de salariés, mais vous laissez sur le bord de la route plusieurs millions d’actifs de la classe moyenne qui ne rentrent pas dans les cases de votre formulaire Cerfa. Votre ministre des comptes publics a-t-il un jour passé le périphérique ? Cela lui aurait permis de comprendre la fracture territoriale et lui aurait évité de formuler un décret qui ne tient pas compte des besoins réels. M. Didier Le Gac. Et avec quel argent ? Mme Mélanie Thomin. Les bénéfices enregistrés par Total ont augmenté de 51 % le premier semestre 2026. M. Louis Boyard. Une honte ! Mme Mélanie Thomin. Nous ne roulons pas pour engraisser Total ! (Mêmes mouvements.) Au groupe Socialistes et apparentés, avec mon collègue Philippe Brun, nous pensons que ces bénéfices records doivent être redistribués pour aider les Français ; nous pouvons récupérer 2 milliards par la fiscalité. Plutôt que d’assigner à résidence la France des bourgs et des pavillons, allez-vous exiger des profiteurs de crise des efforts supplémentaires ? Les salariés du pays méritent le respect : prenez enfin vos responsabilités ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’énergie. Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie. Je vous remercie, madame la députée, d’avoir insisté sur le cas des Françaises et des Français qui travaillent, particulièrement dans les territoires ruraux : ils font beaucoup de kilomètres et supportent difficilement l’augmentation des prix à la pompe. Nous partageons votre constat et c’est pour cette raison que, dès les premiers jours, le premier ministre a fait le choix de protéger d’abord les secteurs les plus exposés – vous savez que ces secteurs représentent des emplois et des salariés, souvent précaires. Nous avons ensuite décidé d’étendre le versement automatique du chèque énergie à pas moins de 4,5 millions de personnes – une aide de 150 euros en moyenne, pouvant s’élever jusqu’à 277 euros. Nous avons enfin prévu cette aide pour les gros rouleurs, qui répond à vos préoccupations : une aide aux travailleurs les plus modestes. Cette aide ciblée concernera 3 millions de foyers. Le premier ministre l’a dit : ces aides ne valent pas solde de tout compte. Nous adapterons ces dispositifs, comme depuis de début de la crise. La situation géopolitique et militaire est très incertaine et nous prendrons d’autres mesures si la crise venait à durer, le plus respectueusement possible des finances publiques, tout en restant à l’écoute des Françaises et des Français les plus modestes et qui travaillent. (M. Michel Lauzzana applaudit.)
Mars 2025 (1)
18 mars 2025 — Mélanie Thomin
🌳EnvironnementArrêt du projet de modification du Créac'h et mise en place d'une concertation
Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
ÉcriteRépondueLa question
Mme Mélanie Thomin interroge Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur la suspension du projet de modification de la portée lumineuse du phare du Créac'h. Le phare du Créac'h, situé sur l'île d'Ouessant, doit faire prochainement l'objet de travaux de réduction de sa portée lumineuse. Ces travaux sont pilotés par la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique - Manche Ouest (DIRM NAMO), qui prévoit de remplacer la « cuve à mercure », nécessaire au fonctionnement des lentilles de Fresnel. Ce système complexe et inégalé, rayonnant jusqu'à 55 kilomètres de distance, permet au phare du Créac'h d'être classé parmi les phares les plus puissants au monde. Il est aussi répertorié monument historique depuis 2011. Or, aujourd'hui, il n'existe pas encore de technologie de substitution capable de dépasser les 35 kilomètres. Réduire sa portée serait un véritable déclassement. De même, il n'existe, pour le moment, aucun autre moyen technique pour reproduire sa période de rayonnement unique. Si les systèmes de localisation modernes devaient subir une avarie, ce phare constitue une garantie d'indépendance. Sa portée et sa signature lumineuses sont tout autant nécessaires pour la sécurité en mer, militaire et civile. La convention de Minamata (qui prévoit la réduction de l'usage du mercure) précise d'ailleurs que sont exclus de cet accord les produits essentiels à des fins militaires et de protection civile. Cependant, la question de l'exposition des agents lors des manipulations techniques des lentilles doit rester une préoccupation. Aussi, les risques de débordements de la cuve pour un phare à terre sont minimes, pour ne pas dire inexistants. Ils sont assurément bien moindres que ceux d'une pollution marine provoquée par un naufrage. En restreignant la portée lumineuse du phare du Créac'h, la sécurité du rail d'Ouessant risque bel et bien d'être réduite. Une technologie sans mercure aux performances équivalentes pourrait être une solution de substitution crédible, mais elle nécessiterait de prendre le temps d'un réexamen du dossier. Mme la députée demande donc dans quelle mesure Mme la ministre entend revenir sur la décision prise par les services de l'État. Elle souhaite également connaître ses intentions concernant la mise en œuvre d'une concertation élargie aux élus du territoire, permettant d'élaborer des solutions alternatives au projet de modification du phare du Créac'h.
🔗 Voir la sourceRéponse
Le phare du Créac'h, situé sur l'île d'Ouessant, fait l'objet d'une attention particulière de la part de l'État à plusieurs titres. Il constitue un repère emblématique du patrimoine maritime français. Il abrite une double optique d'un poids d'environ 17 tonnes, la plus imposante de France, dont le fonctionnement repose sur un dispositif particulier : une cuve à mercure de 85 litres assurant sa rotation. Il s'agit de l'une des plus importantes cuves à mercure encore en service sur le territoire national, ce qui soulève des enjeux spécifiques de santé publique, de sécurité des agents et de conformité environnementale. A ce titre, Créac'h est l'unique installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) parmi les phares français. Le mercure est une source majeure de risque pour l'environnement et pour la santé humaine. Très volatile, en particulier dès que la température ambiante est supérieure à 20°C, il expose les agents intervenant dans les phares concernés à des vapeurs invisibles, indolores et très toxiques. Par ailleurs, le moindre incident sur la cuve peut entrainer une pollution durable du site et susceptible de se diffuser très rapidement dans l'air puis vers l'océan. Dans ce contexte, la direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l'aquaculture (DGAMPA) a engagé un programme de retrait des cuves à mercure dans les phares. De nombreux pays – notamment en Europe du Nord – sont engagés dans la même démarche. Conscients des enjeux patrimoniaux soulevés par cette évolution, nous avons engagé une démarche visant à concilier la nécessaire adaptation du phare avec la volonté locale d'en préserver l'identité lumineuse. Le ministère a donc demandé au préfet du Finistère et à la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique – Manche Ouest (DIRM NAMO) de mettre en œuvre un plan d'actions articulé autour de deux axes : 1) Le retrait du mercure, priorité absolue pour des raisons de santé publique et de conformité réglementaire, entraînera l'arrêt, mais pas le démontage, de la lentille de Fresnel. L'installation d'un feu industriel impliquera une modification, qui se veut non-définitive, de la signature lumineuse du phare ; 2) Concomitamment, la mise en place d'un groupe de travail réunissant les différentes parties prenantes (État, élus, société civile) afin d'élaborer le cahier des charges d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI) afin de faire émerger une solution technique conciliant sécurité nautique, fiabilité technique, santé publique et préservation patrimoniale. Cette démarche s'inscrit dans une logique de concertation, de transparence et de réversibilité, afin de garantir une prise en compte équilibrée des impératifs techniques et des attentes patrimoniales et territoriales. Le Gouvernement reste pleinement mobilisé pour accompagner cette transition, dans le respect des engagements environnementaux de la France et de l'attachement légitime des habitants et des marins à ce phare d'exception.