Questions

Nadège Abomangoli
La France insoumise - Nouveau Front Populaire — Circonscription 9310
Nadège Abomangoli
Questions posées
265.1/10
23 écrites, 3 au gouvernement
Plus élevé que 51% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
77% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Août 2026 (2)
4 août 2026 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalSur le silence du Gouvernement face à l'utilisation de Pegasus par le Maroc
Premier ministre
ÉcriteSans réponse à ce jour🔗 Voir la sourceLa question
Mme Nadège Abomangoli interroge M. le Premier ministre sur les nouvelles révélations relatives à l'utilisation du logiciel espion Pegasus par le Royaume du Maroc contre des responsables politiques français. Le 16 juillet 2026, en plein déplacement officiel du Premier ministre au Maroc, le consortium Forbidden Stories , associé à dix-sept médias partenaires parmi lesquels Le Monde , la cellule investigation de Radio France , The Guardian et le quotidien israélien Haaretz , a publié une enquête approfondie apportant des éléments nouveaux sur cette affaire. Cette enquête s'appuie notamment sur le témoignage inédit d'un ancien agent de la direction générale de la surveillance du territoire marocaine, qui affirme avoir participé à la mise en place du dispositif Pegasus au sein des services marocains dès 2017. Elle cite également une note confidentielle de la direction générale de la sécurité extérieure, datée du 26 novembre 2022, qui établit que le Maroc et les Émirats arabes unis ont utilisé des produits de la société NSO Group depuis au moins cette date. Les investigations judiciaires françaises ouvertes depuis 2021 ont par ailleurs confirmé la présence de marqueurs techniques du logiciel espion sur les téléphones de sept ministres ou anciens ministres, parmi lesquels le Premier ministre lui-même, alors ministre des outre-mer, ainsi que Florence Parly, Jean-Michel Blanquer, Jacqueline Gourault, François de Rugy ou Julien Denormandie. Le téléphone du Président de la République figurerait également parmi les cibles potentielles de ce dispositif. Ces révélations interviennent alors que les autorités marocaines continuent de nier tout usage de ce logiciel et que le Gouvernement français a engagé, depuis la reconnaissance par le Président de la République de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en octobre 2024, une politique de rapprochement soutenu avec Rabat. La conférence de presse conjointe initialement prévue entre le Premier ministre et son homologue marocain a d'ailleurs été remplacée, à la suite de ces publications, par un simple point de presse sans possibilité de questions. Le logiciel Pegasus est développé par la société israélienne NSO Group, dont l'exportation ne peut avoir lieu sans une autorisation du ministère israélien de la défense, ce qui confère à l'État d'Israël un droit de regard sur les clients de cette technologie. Ce régime d'autorisation reste actif en plein génocide. Elle lui demande s'il confirme l'exactitude des faits révélés par ce consortium de médias, si cette affaire d'espionnage par le Maroc de responsables politiques français, dont le Premier ministre lui-même, a été évoquée lors de la rencontre de haut niveau franco-marocaine des 15 et 16 juillet 2026, si le Gouvernement a obtenu ou compte obtenir des autorités marocaines des garanties formelles quant à la cessation de cette surveillance, quelles sont les raisons du silence observé par le Gouvernement sur des faits d'une telle gravité, et enfin quelles suites le Gouvernement entend donner à cette affaire, tant sur le plan judiciaire, s'agissant notamment de la coopération réclamée aux autorités marocaines et israéliennes par le magistrat instructeur, que sur le plan diplomatique, dans la conduite des relations entre la France et le Maroc comme avec l'État d'Israël.
4 août 2026 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalEngagement de la France pour la préservation des écosystèmes du bassin du Congo
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
ÉcriteRépondueLa question
Mme Nadège Abomangoli interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères concernant l'engagement de la France pour la préservation des écosystèmes du bassin du Congo. Le bassin du Congo est le plus grand puits de carbone au monde et le deuxième plus grand massif forestier tropical derrière l'Amazonie. Il couvre plus de 300 millions d'hectares de forêts et de tourbières, qui abritent une richesse biologique inestimable. S'étendant sur six pays, le bassin du Congo fait vivre des dizaines de millions de personnes, qui dépendent de la bonne santé de cet écosystème pour leur subsistance et leur activité économique. Ce poumon de la planète est pourtant menacé. La déforestation relâche le carbone déjà stocké et réduit la capacité d'absorption du bassin du Congo. L'écosystème est aussi particulièrement exposé aux influences du dérèglement climatique sur les saisons, devenues plus irrégulières. Le bassin se réchauffe et devient plus aride, ce qui affecte profondément le cycle de l'eau, compte tenu du fait que la majeure partie des pluies provient du recyclage de l'humidité déjà présente en son sein. Cette dérégulation affecte tous les écosystèmes, perturbe les cours d'eau, l'agriculture, la faune et la flore, entraînant de lourdes conséquences sur la subsistance des populations. À cela s'ajoutent les conséquences d'activités humaines telles que le braconnage illégal ou encore l'activité minière, qui pollue durablement les cours d'eau de la région. Les pays de la région ont entrepris de s'organiser pour parvenir à des solutions d'adaptation. Au niveau étatique, l'initiative la plus aboutie est celle du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC), issu d'un accord signé en 2017 à Oyo (République du Congo) par douze pays de la région, en vue de préserver les forêts, tourbières et cours d'eau du bassin. La question de son financement est centrale au regard du niveau de richesse des États membres de l'organisation, qui comptent parmi les pays en développement ou les pays les moins avancés (PMA) selon la typologie de l'ONU. À ce jour, la France a mené et prend encore part à plusieurs initiatives de préservation du bassin forestier, notamment au travers des projets d'aide publique au développement. Néanmoins, sa participation au Fonds Bleu demeure en suspens et constitue une attente pour les États membres de l'organisation, à l'instar de la République du Congo à laquelle l'ambassadeur de France à Brazzaville avait annoncé, en 2017, un accompagnement du pays dans la réalisation des objectifs fixés par l'organisation. Elle lui demande de préciser la position de la France sur le financement du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, de détailler les montants actuels alloués par la France à la protection des écosystèmes du bassin en distinguant les financements transitant par les opérateurs de l'État, les mécanismes multilatéraux et les instruments de coopération bilatérale, et de l'informer sur les perspectives de renforcement de l'action française en faveur de la préservation du bassin du Congo, ainsi que sur sa stratégie en vue d'accompagner durablement les États riverains dans la protection de ce patrimoine écologique majeur, essentiel à la lutte contre le dérèglement climatique.
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Les écosystèmes forestiers du bassin du Congo sont stratégiques pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris, la protection de la biodiversité et le développement économique de la région. La France entretient de longue date un partenariat étroit avec les États de la région pour préserver ces écosystèmes et favoriser des trajectoires de développement compatibles avec leur conservation. Son action s'inscrit dans la mise en œuvre des objectifs de la Déclaration des dirigeants de Glasgow sur les forêts et l'utilisation des terres de 2021, qui vise à mettre fin à la déforestation et à la dégradation des forêts d'ici à 2030, ainsi que du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Dans cette perspective, la France a fait de la protection des réserves les plus vitales de carbone et de biodiversité dans les forêts et l'Océan l'un des objectifs prioritaires lors du Conseil présidentiel pour les partenariats internationaux d'avril 2025. Cet engagement fait l'objet d'un portage politique au plus haut niveau, qui a permis ces dernières années de replacer les forêts du bassin du Congo au cœur de l'agenda international et de renforcer la mobilisation des partenaires régionaux. Le One Forest Summit, organisé conjointement par la France et le Gabon à Libreville en mars 2023, a ainsi permis l'adoption du Plan de Libreville, centré sur le renforcement de la coopération scientifique, le développement de chaînes de valeur durables et la mobilisation de financements innovants. Dans son prolongement, la France et le Gabon ont assuré, de juillet 2023 à juillet 2025, la co-facilitation du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC), qui vise à renforcer la coordination entre les États de la région, les bailleurs, la société civile, les acteurs scientifiques et le secteur privé. Dans ce cadre, la France a notamment contribué à l'organisation d'une conférence régionale sur la criminalité environnementale et le conflit Homme-faune à Libreville en juillet 2025. L'engagement de la France au sein du PFBC a permis de franchir une nouvelle étape majeure en novembre 2025 avec le lancement, lors de la COP30, de l'Appel de Belém pour les forêts du bassin du Congo. Cette déclaration politique ambitieuse réunit les États d'Afrique centrale et leurs partenaires techniques et financiers autour d'objectifs communs et d'engagements mutuels en faveur de la préservation et de la gestion durable des forêts. Les partenaires associés se sont engagés à mobiliser plus de 2,5 milliards de dollars d'ici à 2030, en complément des ressources domestiques des États de la région. La mise en œuvre de l'Appel de Belém sera la priorité centrale de la République démocratique du Congo et de l'Allemagne, facilitatrices du PFBC pour la période 2026-28, et que la France soutiendra par le biais d'une assistance technique. L'action de la France auprès de ses partenaires s'inscrit par ailleurs dans le cadre des Partenariats pour les forêts, la nature et le climat (dits « Country Packages »). Ces plateformes multi-bailleurs visent à coordonner les efforts des acteurs publics, privés, scientifiques et de la société civile autour de priorités définies conjointement avec les pays partenaires. La France porte trois partenariats dans la région : en République du Congo d'un montant global de 50 millions de dollars, en République démocratique du Congo (62 millions de dollars) et au Gabon (60 millions de dollars). Dans le cadre de ces partenariats, la France contribue également à un fonds d'amorçage des projets (dit « Seed Fund ») à hauteur de 20 millions d'euros supplémentaires sur cinq ans. Enfin, la France a lancé l'initiative One Forest Vision, dotée de 15 millions d'euros sur cinq ans, afin de renforcer les capacités scientifiques des pays partenaires, notamment en matière de mesure, de suivi et de cartographie des écosystèmes forestiers. Au-delà de ces engagements présidentiels, la France intervient en premier lieu par le biais de l'Agence française de développement (AFD), à la fois sur financements français et via des fonds délégués (y compris de l'Union européenne). Entre 2019 et 2021, 17,3 millions d'euros de financements français ont ainsi directement bénéficié aux forêts du bassin du Congo. Le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM), hébergé à l'AFD, permet aussi de soutenir la préservation de la forêt du bassin du Congo. Entre 2010 et 2022, les engagements du groupe AFD (dont FFEM) pour les forêts en Afrique ont représenté 464 millions d'euros dont plus de la moitié (258 millions d'euros) en dons. Enfin, la France est l'un des membres fondateurs de l'Initiative pour la forêt de l'Afrique centrale (CAFI), un fonds fiduciaire hébergé au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui accompagne depuis 2015 les six pays à haut couvert forestier de la région dans la mise en œuvre de leurs engagements climatiques environnementaux. La contribution française au fonds CAFI a atteint en cumulé 26 millions d'euros à la fin de 2025. L'AFD figure parmi les principales agences d'exécution de CAFI et met en œuvre plusieurs projets en République démocratique du Congo, en République du Congo et au Gabon. S'agissant du Fonds bleu pour le bassin du Congo (F2BC), la France soutient les objectifs poursuivis par la Commission climat du bassin du Congo en faveur d'un développement conciliant préservation des écosystèmes, lutte contre le changement climatique et développement économique. Le Fonds bleu constitue toutefois une initiative distincte mais complémentaire des instruments auxquels la France apporte aujourd'hui ses concours financiers. Dans un contexte de forte contrainte sur les ressources publiques consacrées à l'aide au développement, la France entend en effet concentrer ses moyens sur un nombre resserré de dispositifs. Elle demeure néanmoins pleinement engagée aux côtés des États du bassin du Congo et de leurs partenaires pour accroître et améliorer la mobilisation des financements en faveur de la préservation de ces écosystèmes essentiels. La déclinaison opérationnelle de l'Appel de Belém, à travers la traduction de ses orientations en engagements concrets, suivis et mesurables, constitue l'une des priorités de la stratégie française pour accompagner durablement les États de la région. Le développement de mécanismes de financement innovants – crédits carbone, certificats biodiversité et paiements pour services environnementaux – ainsi que le soutien à la science constitueront également des axes prioritaires de l'action française dans les années à venir.
Juillet 2026 (1)
28 juillet 2026 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalPosition de la France sur les crimes internationaux et la justice en RDC
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
ÉcriteRépondueLa question
Mme Nadège Abomangoli attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la position de la France concernant les crimes relevant du droit pénal international commis en République démocratique du Congo (RDC) depuis 1996 et sur son soutien au processus de justice afférent engagé par son gouvernement. Depuis 1996, l'est de la RDC est le théâtre de conflits ayant donné lieu à des crimes de guerre, crimes contre l'humanité, crimes d'agression et à d'autres violations graves du droit international et du droit international humanitaire. À ce jour, les violences ont causé plusieurs millions de victimes et le rapport Mapping de 2010 produit par les Nations unies fait mention d'« actes de génocide » fondés sur la « préméditation » et une « méthodologie » concernant certains massacres commis sur le sol congolais. Au-delà de ce rapport, les violations du droit international en RDC ont été documentées dans les travaux du Groupe d'experts des Nations unies sur la RDC, ainsi que par diverses organisations internationales et non gouvernementales. Elles ont fait l'objet de condamnations par le Conseil de sécurité des Nations unies, le Conseil des droits de l'homme, le Parlement européen ou encore l'Union africaine, qui ont également appelé à la lutte contre l'impunité et rappelé la nécessité de garantir aux victimes leur droit à la vérité, à la justice et à la réparation. Le 30 octobre 2025, la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples a explicitement condamné chacun des crimes relevant du droit pénal international commis en RDC, y compris celui de génocide, dans une résolution appelant également à mettre en œuvre un processus de justice transitionnelle fondé sur le droit à la vérité, à la justice, à la réparation et aux garanties de non-répétition. En parallèle, les autorités congolaises ont conduit des travaux de documentation concernant plusieurs cycles de massacres à dimension ethnique, perpétrés par des supplétifs du Rwanda sur le sol congolais, selon des modes opératoires susceptibles de relever de dynamiques génocidaires, financées par une prédation économique des ressources congolaises. Aujourd'hui, alors même que les violences se poursuivent, le gouvernement congolais mène une double politique de justice et de mémoire. Au niveau national, le 26 décembre 2022, il a institué le GENOCOST, cadre national de prévention des atrocités, de commémoration et de reconnaissance de l'ensemble des victimes des crimes précédemment cités. Au niveau international, ces ambitions se traduisent par un plaidoyer en faveur de la reconnaissance internationale des possibles génocides commis sur son territoire, par le recours aux mécanismes de justice internationale compétents. Sur ces fondements, Mme la députée interroge le Gouvernement sur sa position concernant les démarches engagées par la RDC en faveur de la reconnaissance des crimes commis sur son territoire et de leur qualification juridique. Elle souhaite savoir quelle est son appréciation des crimes commis en RDC depuis 1996 et, de manière corollaire, si la France pourrait envisager de soutenir un examen approfondi de ces faits par les mécanismes internationaux compétents, afin de déterminer les qualifications juridiques susceptibles de leur être appliquées au regard du droit international. Elle lui demande enfin si la France entend soutenir, au sein des organisations internationales, les initiatives visant à renforcer les mécanismes de vérité, de justice, de réparation, de mémoire et de garanties de non-répétition concernant les crimes perpétrés en RDC et, en parallèle, quelles initiatives diplomatiques elle entend promouvoir afin de lutter contre l'impunité, soutenir les victimes et contribuer à une paix durable dans la région des Grands Lacs.
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La position de la France sur la crise des Grands Lacs est constante, de même que notre engagement pour y répondre : nous condamnons l'offensive du M23 soutenu par le Rwanda, appelons au respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo (RDC), apportons notre soutien aux médiations des Etats-Unis, du Qatar et à la facilitation du Togo au nom de l'Union Africaine (UA) ainsi qu'à la mise en œuvre de l'accord de Washington du 4 décembre 2025 et de l'accord-cadre de Doha du 15 novembre 2025. La France rappelle cette position dans l'ensemble des instances internationales. Elle a porté la résolution 2773 au Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l'unanimité le 21 février 2025. Cette résolution porte un message clair : il n'y a pas d'issue militaire au conflit dans l'est de la RDC. Elle condamne la présence de troupes rwandaises dans cette région. Pour faire face à cette crise, nous avons mobilisé la communauté internationale à Paris le 30 octobre 2025 : 1,5 milliard d'euros d'engagements ont été pris par 70 Etats et organisations internationales. En cinq mois, la totalité des financements humanitaires d'urgence annoncés lors de cette conférence ont été décaissés (850 millions d'euros, comptabilisés par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires – BCAH). Depuis, le plan de réponse humanitaire de la RDC affiche un financement à hauteur de 47% (soit 1,08 milliard de dollars sur les 2,1 milliards de dollars ciblés par le BCAH). Face aux alertes des ONG internationales et des agences des Nations unies présentes sur le terrain concernant le respect du droit humanitaire et des droits de l'Homme, la France est engagée. Elle s'était mobilisée durant la publication du rapport « Mapping » en 2010 par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme (HCDH). Ce rapport recense 617 actes présentés comme des violences et crimes avérés en RDC entre 1993 et 2003, et appuie les procédures des ONG et associations de victimes à faire valoir leur droit. Depuis la reprise de l'offensive en janvier 2025, la France s'est mobilisée pour l'adoption, lors d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'Homme (CDH) à Genève le 7 février 2025, de la résolution S-37/1, qui crée deux mandats d'enquête sur les violations des droits de l'Homme dans la région des Grands Lacs. Cette résolution a entériné le mandat d'enquête du Haut-Commissariat pour les droits de l'Homme et mis en place une Mission d'établissement des faits relatifs aux violations des droits de l'Homme et du droit international humanitaire commises par tous les belligérants dans les Kivu depuis janvier 2022. La Mission, puis la Commission d'enquête indépendante qui lui a succédé, documentent les violations des droits de l'Homme dans la zone depuis 2025 et ont pour objectif de faire toute la lumière sur la situation pour lutter contre l'impunité de ces crimes. Les victimes doivent être entendues et justice se faire pour qu'une paix durable puisse s'établir dans la région des Grands Lacs. C'est pourquoi le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a reçu les représentants du Fonds National de Réparation des Victimes (Fonarev) lors de leur tournée en Europe à l'été 2026 afin de recueillir les demandes congolaises de reconnaissance et de justice transitionnelle. Parallèlement, par l'intermédiaire de notre ambassade à Kinshasa, la France finance depuis 2024 un programme de formation de chercheurs et historiens sur les conflits de l'est congolais, en lien avec le professeur Isidore Ndaywel et son équipe de l'Institut congolais des études avancées (ICEA).
Juin 2026 (1)
16 juin 2026 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalRisque d'insécurité alimentaire aggravé par le blocage du détroit d'Ormuz
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
ÉcriteRépondueLa question
Mme Nadège Abomangoli interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la réponse que la France entend apporter face au risque d'insécurité alimentaire aggravé par le blocage du détroit d'Ormuz. Depuis le début de la guerre d'agression déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran, cette dernière a engagé une stratégie de pression économique par la fermeture du détroit d'Ormuz. Le 13 avril 2026, les Etats-Unis se sont ajoutés à cette obstruction en exerçant un blocus sur les ports iraniens, empêchant de facto la sortie de ressources iraniennes, notamment en engrais et en hydrocarbures. Or en temps normal, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), estime que 33 % du commerce mondial des engrais transite par le détroit d'Ormuz. De même, entre 20 % et 25 % du pétrole mondial traverse également le détroit en temps de paix. Avec le blocage du détroit, la chute d'approvisionnement de ces ressources essentielles à l'agriculture a une incidence directe sur la capacité de production et les coûts alimentaires. En conséquence, le Programme alimentaire mondial alertait dès le 17 mars 2026 sur le risque de voir jusqu'à 45 millions de personnes supplémentaires basculer dans la faim aiguë, qui touche déjà 300 millions de personnes. Le 15 avril 2026, la Banque mondiale corroborait cette estimation en prévoyant une hausse de 20 % de l'insécurité alimentaire aiguë dans le monde en cas d'extension du conflit, concentrée dans les économies émergentes. En parallèle, la hausse des prix de l'énergie, des engrais et des denrées alimentaires augmente fortement les coûts de l'action humanitaire et menace la continuité de traitements vitaux, notamment contre la malnutrition infantile. Les ONG demandent donc une augmentation urgente des financements afin de compenser ces surcoûts et répondre à l'explosion des besoins. Dans ce contexte, elle souhaite connaître les mesures que le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour soutenir, à court terme, les pays les plus touchés par l'insécurité alimentaire. Elle demande également les engagements que la France est prête à porter au sein des instances multilatérales, notamment du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, afin de promouvoir une réponse durable conforme à ses engagements en matière de transition des systèmes alimentaires et de droit à l'alimentation, tout en garantissant des financements publics à la hauteur des besoins. Enfin, elle lui demande comment la France entend renforcer son aide publique au développement, en particulier dans les domaines humanitaire et alimentaire, en privilégiant des mécanismes favorisant l'autonomie des pays bénéficiaires plutôt que leur endettement et leur dépendance économique.
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La crise d'approvisionnement engendrée par la fermeture du détroit d'Ormuz fait peser des risques majeurs sur l'économie mondiale et sur les pays les plus vulnérables en particulier. Parmi ces risques figure ceux d'un choc pétrolier, d'une crise alimentaire et humanitaire, ou de l'aggravation des difficultés financières des pays partenaires. La France est mobilisée, avec ses partenaires, pour prévenir et atténuer ces risques et trouver des réponses durables aux défis qui les sous-tendent. En 2026, la présidence française du G7 s'est mobilisée pour répondre à cette crise. Au sommet du G7 à Evian, les chefs d'Etat ont appelé à la restauration de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, seul moyen de garantir la continuité des approvisionnements humanitaires et en engrais pour les pays en développement. A la suite des travaux en filière « Finance » et « Développement », un groupe de travail G7+ ad hoc (impliquant le G7, le Brésil, la Corée du Sud, l'Inde, le Kenya et une quinzaine d'organisations internationales et d'institutions financières) a été créé, avec pour objectif de suivre l'évolution des perturbations des marchés des engrais et leurs répercussions sur la production agricole et la sécurité alimentaire, de recenser et coordonner les mesures déjà mises en œuvre ou mobilisables par les organisations et institutions compétentes et d'élaborer des options de réponses coordonnées, séquencées et opérationnelles. Ces travaux ont abouti à un plan d'action rassemblant des propositions de réponses immédiates à la crise et d'anticipation des prochaines crises, via la facilitation de l'acheminement de l'aide alimentaire et des engrais ; la mobilisation des financements auprès des institutions financières internationales et régionales afin de garantir aux pays vulnérables l'accès aux marchés des denrées alimentaires et des engrais ; l'accélération, à moyen et long termes, de la transition vers des systèmes agricoles et alimentaires plus résilients grâce à une meilleure anticipation, une coordination renforcée et une plus grande diversification des sources d'approvisionnement des économies vulnérables et en développement en denrées alimentaires et en engrais. La France a renforcé la mobilisation du G7 et de ses partenaires en faveur de la Coalition mondiale pour l'alimentation scolaire, une initiative lancée par la France et la Finlande en 2021 afin que chaque enfant dans le monde ait accès aux repas scolaires nécessaires pour bien apprendre et bien grandir. L'accent a été mis sur l'alimentation scolaire produite localement afin de renforcer la résilience et la soutenabilité des économies des pays en développement et les plus vulnérables. Tout en restant vigilante au respect de l'accord qui a été trouvé pour la réouverture du détroit d'Ormuz ainsi qu'aux conditions de sa mise en œuvre, la France poursuivra son action en faveur de la sécurité alimentaire et de la nutrition des populations les plus vulnérables. En 2025, la France avait financé par le biais de l'Initiative Française pour la sécurité alimentaire et la nutrition des projets d'organisations internationales et d'ONG dans 33 pays, au bénéfice de plus de 6 millions de personnes, tout particulièrement des femmes enceintes, allaitantes et des enfants de moins de deux ans. Tout en prenant en compte les difficultés budgétaires auxquels notre pays est confronté, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères continuera d'apporter son soutien aux populations en insécurité alimentaire, en particulier dans les 13 pays identifiés comme « points chauds de la faim » par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en juin 2026. Ces efforts s'inscrivent en cohérence avec la Stratégie humanitaire 2023-2027 de la France et les efforts engagés depuis 2022. L'initiative FARM (Food and Agriculture Resilience Mission) lancée en 2022 par le Président de la République en partenariat avec le PAM a permis de réduire l'impact désastreux de la guerre menée par la Russie en Ukraine sur la sécurité alimentaire mondiale. En mars 2025, le Sommet N4G (Nutrition for Growth), a réuni en France plus d'une centaine de gouvernements et mobilisé 27 milliards d'euros en faveur de la nutrition et en adéquation avec les Objectifs du développement durable. Enfin la France reste mobilisée pour remédier avec ses partenaires à la fragmentation du système de développement et améliorer son efficacité. Cela passe par le renforcement de la coordination des efforts de tous les acteurs du développement, notamment les banques publiques de développement, les institutions de financement du développement, les banques multilatérales de développement et les fonds multilatéraux verticaux. Dans le cadre du G7, la France a promu un dialogue renforcé avec les banques publiques de développement, dans le cadre d'un évènement du réseau finance en commun (FiCS), ainsi qu'avec les principales fondations. La France est très engagée dans les travaux relatifs à la sécurité alimentaire et la nutrition portés dans les enceintes internationales, notamment à la FAO et au Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA). Elle participe activement au processus de négociation des recommandations de politique générale du CSA sur la construction de systèmes alimentaires résilients qui doivent être adoptées lors de la 54e session en octobre 2026.
Mars 2026 (1)
10 mars 2026 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalNon au conflit en cours au Moyen-Orient
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
ÉcriteSans réponse à ce jour🔗 Voir la sourceLa question
Mme Nadège Abomangoli interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les positions de la France dans le cadre des affrontements en cours au Moyen-Orient après l'attaque conjointe des Etats-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran. Le 28 février 2026, cette agression américano-israélienne sur le sol iranien en totale violation du droit international et de la Charte des Nations Unies, conduisant à l'assassinat de l'ayatollah Ali Khamenei et des figures principales de la République islamique d'Iran, a embrasé la région. En trois jours, les bombardements auraient déjà causé plus d'un millier de morts, y compris des civils, dont plus de 1 000 en Iran d'après le Croissant Rouge iranien. Ces affrontements s'inscrivent dans le cadre d'une escalade des tensions sur fond de programme nucléaire iranien. La gestion de cet enjeu pâtit d'un abandon de la piste diplomatique depuis le retrait unilatéral américain du JCPOA ( Joint comprehensive plan of action ) lors du premier mandat de Donald Trump en 2018, avant l'ouverture d'hostilités ayant conduit successivement à l'assassinat du général Qassem Soleimani en janvier 2020 et à la guerre ouverte des 12 jours en juin 2025. Jamais toutefois les affrontements n'avaient égalé en intensité l'opération Epic fury lancée le 28 février 2026. À ce jour, les frappes des Etats-Unis et d'Israël et les répliques de l'Iran et de ses alliés ont élargi le conflit aux états du Golfe et du Proche-Orient. Le conflit touche également la France et le Royaume-Uni par le truchement de leurs bases militaires d'Abu Dhabi et de Chypre, atteintes par des frappes iraniennes entre le 1er et le 2 mars 2026. À l'heure de l'escalade des tensions, la France a le devoir d'assurer la protection des plusieurs centaines de milliers de ressortissants présents au Moyen-Orient, résidents et touristes confondus. Ce devoir de protection doit également s'assortir d'une stratégie plus générale de désescalade, quand les principaux protagonistes du conflit s'enlisent dans des rhétoriques belliqueuses infertiles, au risque de plonger la région dans le chaos. Mme la députée demande donc quelles garanties la France a obtenu à ce stade pour assurer la sécurité de ses ressortissants présents au Moyen-Orient. De même, après le communiqué conjoint de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni en vue d'actions défensives pour détruire les capacités militaires de l'Iran, elle lui demande quelles précautions le gouvernement entend déployer pour éviter toute implication directe dans le conflit en cours et son escalade. Enfin, à l'heure où Donald Trump défie l'ordre diplomatique mondial en mettant son Conseil de la paix au service d'une doctrine impérialiste et suprémaciste, elle lui demande quel agenda diplomatique la France entend défendre en vue d'une désescalade, au sein du Conseil de sécurité de l'ONU et avec ses différents partenaires européens et du Moyen-Orient.
Novembre 2025 (2)
5 novembre 2025 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalGuerre civile au Soudan
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
GUERRE CIVILE AU SOUDAN Mme la présidente . La parole est à Mme Nadège Abomangoli. Mme Nadège Abomangoli . Ils sont loin ; ils sont africains ; ils sont pauvres. L’Union africaine s’en lave les mains. Le bilan apocalyptique de la guerre civile soudanaise depuis 2023 s'élève pourtant à 150 000 morts, 13 millions de déplacés, des viols, la famine et le choléra. Le général Al-Bourhane, à la tête de l’armée dite régulière, et Hemetti, le chef des Forces de soutien rapide, massacrent et pillent. Pendant ce temps, l'Union européenne est aux abonnés absents et la diplomatie française elle aussi regarde ailleurs. C’est l’ampleur des atrocités commises par les FSR à El-Fasher dans le Darfour du Nord qui a remis le Soudan au cœur de l’actualité médiatique et diplomatique. Les espoirs nés de la révolution citoyenne de 2019 sont noyés dans le sang par Hemetti et Al-Bourhane, putschistes ensemble en 2021, ennemis mortels à présent. Le commandant des Forces de soutien rapide, bourreau du Darfour, était pourtant devenu un interlocuteur privilégié de l’Union européenne en 2016, et il était mis en valeur dans la presse française jusqu’en 2023. Les Nations unies dénoncent les ingérences étrangères, intéressées par l’or soudanais et les débouchés maritimes, dans la pire crise humanitaire au monde. Fin 2024, Amnesty International indiquait que du matériel militaire français était utilisé par les miliciens d’Hemetti. Comment est-ce possible ? J’ai interrogé par deux fois le gouvernement à ce sujet sans recevoir de réponse. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le ministre des affaires étrangères, devant de tels crimes contre l’humanité, le silence et l’inaction sont-ils devenus la ligne directrice de la diplomatie française ? Agirez-vous au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour un embargo total sur les armes élargi au-delà du Darfour, un cessez-le-feu et l'ouverture d’un corridor humanitaire ? (Mêmes mouvements.) Soutiendrez-vous la création d’une force d’interposition ? Soutiendrez-vous enfin les emergency rooms nominées pour le prix Nobel de la paix, ces forces d'intervention citoyennes qui luttent pour un pouvoir civil démocratique au Soudan ? (Applaudissements sur les bancs du LFI-NFP dont les députés se lèvent et sur quelques bancs du groupe SOC. – M. Jérémie Iordanoff applaudit également.) Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères. M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères . Effectivement, c'est dans une grande indifférence que se déroule au Soudan l'une des guerres les plus meurtrières du monde, la crise humanitaire la plus grave du monde, un calvaire sans fin depuis deux ans et demi pour les Soudanaises et les Soudanais. Deux tiers de la population sont en situation d'urgence alimentaire ; il y a 13 millions de personnes déplacées, dont 4 millions d'enfants. La France ne détourne pas le regard. Un an après le début de la guerre civile, c'est à Paris que la communauté internationale s'est réunie pour lever 2 milliards d'euros d'aide humanitaire au profit des populations soudanaises. Je me suis moi-même rendu l'année dernière dans les camps d'Adré, à la frontière entre le Soudan et le Tchad, où près de 300 000 réfugiés soudanais, dans des camps surpeuplés, tentent de trouver de l'aide et du soutien auprès des ONG et des agences des Nations unies que je suis allé encourager ; j'ai également vérifié le décaissement des sommes que nous avions levées. Cette année encore, pour le deuxième triste anniversaire de cette guerre, la France coprésidait à Londres une conférence humanitaire sur le Soudan. Vous l'avez dit, depuis quelques jours, la situation s'est dégradée plus encore avec la prise par les Forces de soutien rapide de la ville d'El-Fasher. De nombreuses exactions ont été commises depuis : 2 000 personnes auraient été froidement exécutées ; 460 ont été tuées dans l'assaut mené par les Forces de soutien rapide contre une maternité il y a quelques jours. Nous condamnons les atrocités à caractère ethnique menées par les Forces de soutien rapide ; nous les exhortons à mettre fin à leur offensive militaire dans le nord du pays ; nous appelons toutes les parties à cesser tout soutien militaire à l'égard à l'égard des belligérants et nous exigeons le respect du droit international et du droit international humanitaire. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) M. Jean-François Coulomme . Et l'embargo ? Mme la présidente . La parole est à Mme Nadège Abomangoli. Mme Nadège Abomangoli . Vous n'avez pas répondu sur la question de l'embargo sur les armes. Il faut assécher le trafic d'armes au Soudan sinon notre action ne servira à rien. Par ailleurs, le budget de la diplomatie française est en baisse. Comment financerons-nous tout cela ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. - Mmes Béatrice Bellay et Sandrine Rousseau applaudissent également.)
4 novembre 2025 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalSiège d'El-Fasher au Soudan, vers une catastrophe humanitaire
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
ÉcriteRépondueLa question
Mme Nadège Abomangoli interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la catastrophe humanitaire vécue par les civils d'El-Fasher et par l'ensemble de la population soudanaise. Les paramilitaires soudanais ont affirmé avoir pris le contrôle de la ville d'El-Fasher, assiégée depuis mai 2024, le dimanche 26 octobre 2025. Si cette annonce doit encore être confirmée, elle témoigne d'une grave crise vécue par la population civile de la ville. Plusieurs sources humanitaires font état de frappes de bombes incendiaires, d'attaques au gaz toxique et d'une situation de quasi famine à El-Fasher. L'ONU demande un passage sûr pour les civils piégés dans le siège. Réunis ce vendredi 24 octobre 2025, les États-Unis d'Amérique, l'Arabie saoudite, l'Égypte et les Émirats arabes unis ont relancé une proposition de cessez-le-feu et de transition vers un gouvernement civil, proposition rejetée par les belligérants. Cela intervient dans un contexte de baisse des crédits du ministère de l'Europe et des affaires étrangères avec 15 millions d'euros en moins de contribution de la France à l'ONU et ses agences ainsi que 25 millions en moins pour le Fonds d'urgence humanitaire et de stabilisation. Elle lui demande quels moyens exceptionnels sont actuellement mobilisés par le Gouvernement français pour porter assistance aux organisations humanitaires présentes à El-Fasher, particulièrement les Emergency response rooms . Elle demande quelles actions sont prévues par le Gouvernement français, au sein des instances internationales, pour élargir l'embargo sur les armes à l'ensemble du Soudan et bloquer les ingérences étrangères au conflit. Elle constate que les coupes budgétaires dans la diplomatie sont inacceptables au regard de la multiplication des crises et demande dans quelle mesure l'aide humanitaire d'urgence sera ainsi sacrifiée. Enfin, elle demande quels moyens sont mis en œuvre pour s'assurer qu'aucune arme de fabrication française ne soit utilisée au Soudan.
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La France a condamné avec fermeté l'extension et l'intensification de l'offensive des forces de soutien rapide (FSR) en octobre 2025 à El-Fasher (Nord-Darfour), dont le siège a provoqué une crise humanitaire dramatique. Elle a également condamné avec fermeté les atrocités à caractère ethnique perpétrées par les FSR à El-Fasher, comprenant des exécutions sommaires, des massacres, des viols, des attaques contre des travailleurs humanitaires, des pillages, des enlèvements et des déplacements forcés. Depuis le début du conflit soudanais et malgré un contexte budgétaire contraint, la France a mobilisé 188,5 millions d'euros (M€) d'aide humanitaire, dont 61,5 M€ en 2025, pour soutenir les populations soudanaises au Soudan et réfugiées dans la région. En 2025, 18,5 M€ ont été versés aux agences des Nations unies (Programme alimentaire mondial (PAM), Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), Bureau de coordination des Affaires humanitaires (BCAH) ) et au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour des actions de protection des populations et d'aide alimentaire d'urgence. En décembre 2025, la France a contribué, dans le cadre du pont aérien humanitaire de l'Union européenne (UE), à l'acheminement de 23,5 tonnes de produits d'alimentation thérapeutique, destinés au traitement de la malnutrition aiguë sévère parmi les populations déplacées au Nord-Darfour, avec le soutien d'ONG partenaires. Elle soutient également, via le HCR en particulier, l'accueil des réfugiés soudanais dans les pays hôtes voisins (Tchad, Ethiopie, Egypte, Soudan du Sud et République centrafricaine). En novembre 2025, en réponse aux conséquences des attaques autour d'El-Fasher (Nord-Darfour), la France a mobilisé 2 millions d'euros supplémentaires pour permettre une réponse d'urgence, via le déploiement de cliniques mobiles le long de la route reliant Tawila à El-Fasher, et la facilitation d'un accès à l'eau vers les sites de déplacés et les structures de santé. La responsabilité de la communauté internationale est de tout mettre en œuvre pour favoriser les conditions d'un règlement négocié du conflit. La France exhorte tous les acteurs étrangers à respecter scrupuleusement l'embargo sur les armes au Darfour et à ne pas apporter un soutien militaire aux parties. Ces ingérences sont inacceptables et ne doivent pas être ignorées. Il est grand temps que ceux qui alimentent le conflit arrêtent de faire obstacle aux efforts de paix. La France se mobilise diplomatiquement pour que l'embargo sur les armes au Darfour soit mis en œuvre et soutient toute initiative visant à sanctionner les individus qui violeraient cet embargo. Le conflit dépasse désormais cette région. La France en a tiré les conséquences. Lors du renouvellement du régime de sanctions, elle a proposé au Conseil de sécurité d'étendre l'embargo à l'ensemble du territoire soudanais. A ce stade, certains pays s'y opposent. Mais la France continuera à défendre une adaptation de ce cadre désormais dépassé. La France se conforme scrupuleusement à l'embargo sur les ventes d'armes de l'UE et des Nations unies visant respectivement le Soudan et le Darfour. Elle n'autorise aucune exportation qui serait en violation de ses engagements européens et internationaux. Un rapport sur les exportations d'armement est adressé annuellement au Parlement, et est publié. L'édition 2025 de ce rapport mentionne deux licences dans la ligne correspondant au Soudan (annexe 6, page 81). La première, délivrée en 2016, concerne une livraison au profit de la Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD), de pièces de rechange pour des véhicules. La seconde, délivrée en 2024, concerne une livraison au profit de l'Union africaine d'équipements de protection individuelle (casques et gilets pare-balles), encore une fois à la demande des Nations unies. La France ne délivre donc aucune licence d'exportation ou de réexportation en direction du Soudan.
Novembre 2024 (1)
19 novembre 2024 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalVisas Schengen refusés - surreprésentation des pays africains
Ministère de l'intérieur
ÉcriteRépondueLa question
Mme Nadège Abomangoli interroge M. le ministre de l'intérieur sur la délivrance de visas auprès de ressortissants d'États africains. De nombreux demandeurs africains de visa Schengen pour court séjour se voient refuser le visa malgré un investissement important, en temps pour la préparation des documents et en argent pour l'acquittement des frais de visa. Selon une enquête de Schengen News , site d'information sur l'espace Schengen, les sommes acquittées par les demandeurs africains s'élèvent à 56 millions d'euros. En 2023, les ressortissants africains recevaient 704 000 réponses négatives à leurs demandes de visa, représentant 41,3 % du montant généré par les demandes rejetées. Le poids financier de ces demandes pour les ressortissants d'États africain est amené à augmenter encore avec une hausse des coûts des visas courts de 12,5 % depuis le 11 juin 2024. Selon une étude d' European union observer , média d'information sur l'Europe, les pays d'Afrique et d'Asie représentent 90 % de tous les coûts liés aux visas Schengen refusés. L'Algérie vient en tête de ces pays avec 13 millions d'euros dépensés pour des visas rejetés en 2023, puis le Maroc, avec près de 11 millions d'euros et l'Égypte avec 3,75 millions d'euros mis dans les demandes de visa rejetées. À cette question économique s'ajoute une question de traitement des données. Les demandes de visas nécessitent de communiquer un nombre important d'informations personnelles auprès des autorités consulaires et particulièrement auprès des entreprises engagées dans la sous-traitance de l'examen des demandes de visas. Après le refus d'une demande, le demandeur n'a aucune indication sur le traitement qui sera fait de ses données personnelles, ce qui pose une question de protection de leur vie privée. Mme la députée demande quelles sont les justifications d'un taux élevé de refus des demandes de visas de ressortissants d'États africains. Elle demande quel traitement est fait des données personnelles des demandeurs par les entreprises sous-traitantes de l'examen des demandes de visas. Enfin, elle demande quels éléments permettent de mettre en doute l'intention d'un demandeur africain de retourner dans son pays de résidence à l'issue du visa Schengen.
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Instaurée par le règlement 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas (CCV), la liste des nationalités soumise à l'obligation de visas de court séjour est définie par les Etats membres de l'espace Schengen. Dans un objectif de prévention du risque migratoire, à l'instar des ressortissants de pays d'Asie, les ressortissants d'Etats africains sont soumis à cette obligation, la demande de visas de ces ressortissants représentant près de 40 % de la demande mondiale dans les postes consulaires français. En 2024, le plus grand nombre de visas délivrés, tous motifs confondus, concerne les ressortissants du Maroc et de l'Algérie, respectivement en deuxième et troisième position, après les ressortissants chinois. Dans le cadre de l'instruction d'une demande de visa et conformément à la réglementation européenne, une attention particulière est accordée à l'évaluation du risque d'immigration illégale ou du risque pour la sécurité des États membres que présenterait le demandeur, ainsi qu'à sa volonté de quitter le territoire des États membres avant la date d'expiration du visa demandé. A cela s'ajoute la vérification par les autorités consulaires de l'authenticité des documents de voyages et des pièces justificatives produites, des moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans son pays d'origine ou de résidence, la conformité de l'objet et des conditions du séjour envisagé ainsi que la présentation d'une assurance médicale de voyage adéquate et valide. Il ressort ainsi que les éléments produits par les demandeurs de visa, tant sur leur situation personnelle que sur leur situation professionnelle, ne permettent pas toujours d'établir qu'ils entretiennent des liens économiques, matériels ou familiaux dans leur pays d'origine susceptibles de présenter des garanties de retour suffisantes, ce qui amène alors les autorités consulaires à émettre une décision de refus en raison d'un risque de maintien irrégulier en France. Cette démarche n'est pas spécifique aux demandeurs de visas issus d'Etats africains mais s'applique à tous les demandeurs de visas. A titre d'exemple, s'agissant de doutes sur l'intention des demandeurs de visas, le taux de refus motivé par la présence d'un document frauduleux est en augmentation. Les faux justificatifs représentent 96 % des cas de refus de visas pour fraude. On constate une hausse du nombre de dossiers comportant les faux actes d'état civil en 2024. Les cinq premiers pays concernés par les faux justificatifs sont l'Inde, l'Algérie, le Nigeria, la Chine et l'Irak. L'Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire, l'Ethiopie et le Gabon occupent les premières places en matière de faux titres d'identité et de voyage. Par ailleurs, s'agissant du risque sécuritaire notamment issu des pays d'Afrique du Nord, les ressortissants algériens en France sont ceux qui ont eu le plus d'obligations de quitter le territoire français (OQTF) prononcées durant l'année de référence, en l'occurrence 2022, avec 58 700 documents délivrés. Ils devancent les citoyens marocains (29 000 OQTF) et tunisiens (26 000 OQTF). Les demandeurs connus défavorablement se voient refuser la délivrance d'un visa afin de prévenir une menace pour l'ordre public et la sécurité intérieure. S'agissant enfin de l'externalisation du traitement des dossiers de demandes de visa, les prestataires de service extérieur (PSE) se substituent aux postes diplomatiques ou consulaires pour la prise de rendez-vous, l'accueil des demandeurs et le recueil des dossiers et de leurs pièces justificatives, ainsi que la prise de biométrie, la perception des droits de visas et la restitution des passeports. Cela permet aux services des visas de se recentrer sur l'instruction des dossiers. A ce titre, les données personnelles des demandeurs sont effacées après la remise du passeport à l'intéressé, ce qui est encadré par un cahier des charges liant le PSE et l'administration. Cette modalité d'organisation des services chargés de l'instruction des demandes de visa a permis un meilleur accueil et une plus grande efficacité dans la gestion des demandes. Les autorités françaises considèrent que le maintien de ce système est la garantie d'un traitement des demandes de visas efficace, assurant un haut niveau de sécurité tant pour les demandeurs que dans la qualité de l'instruction des demandes.
Octobre 2024 (1)
16 octobre 2024 — Nadège Abomangoli
🌍InternationalSituation au Proche-Orient
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
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SITUATION AU PROCHE-ORIENT Mme la présidente . La parole est à Mme Nadège Abomangoli. Mme Nadège Abomangoli . « Retirez vos casques bleus immédiatement » : telle est la menace adressée ce dimanche par le Premier ministre israélien Netanyahou à la Force intérimaire des Nations unies au Liban, garante de la paix et de la protection des civils. Un député du groupe RN . Il n'y a que cela qui vous intéresse ! Mme Nadège Abomangoli . Depuis jeudi dernier, en effet, plusieurs bases ont été attaquées et cinq casques bleus ont été blessés par des tirs délibérés de l'armée israélienne. L'ONU a refusé le chantage de Netanyahou. Les casques bleus ne bougeront pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous saluons cette décision, et rendons hommage aux forces onusiennes – qui comptent 700 soldats français –, en première ligne pour assurer le maintien de la paix. (Mêmes mouvements.) Votre ministère a affirmé, jeudi, que le Liban ne pourrait être un nouveau Gaza. Vous conviendrez donc que la dévastation de Gaza est révoltante. Hôpitaux, camps de réfugiés, écoles : à Gaza et jusqu'au Nord du Liban, nul n'est à l'abri. Les scènes d'horreur de personnes brûlées vives dans la cour de l'hôpital Al-Aqsa glacent le sang. (Mêmes mouvements.) Voilà où conduit la rhétorique de la guerre des civilisations : à la déshumanisation totale de l'autre. Non, il ne s'agit pas d'une guerre contre le Hezbollah et le Hamas. Netanyahou déploie une guerre suprémaciste contre les peuples palestiniens et libanais. (« Oh ! » sur les bancs du RN. – Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) De quelles atrocités supplémentaires devons nous être les témoins pour espérer un réveil des consciences et un sursaut moral des puissances occidentales alliées à Israël ? Son ambassadeur a été convoqué vendredi, mais pour quelles suites ? Vos timides initiatives sont bien vaines face au génocide en cours. En Europe, l'Espagne ouvre la voie, tandis que la France est à la traîne. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quand allez-vous proposer une résolution pour sanctionner Israël, faire cesser les ventes d'armes, soutenir le Liban et reconnaître l'État palestinien ? Dans l'histoire des mouvements de libération des peuples, ce n'est pas la victoire militaire qui fait la différence, mais, bien souvent, la défaite morale de l'oppresseur. M. Nicolas Meizonnet . C'est redondant ! Mme Nadège Abomangoli . Nous en sommes là : agissez donc pour la paix et pour la dignité ! (Mêmes mouvements.) Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères. M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères . Vos questions sur Gaza sont légitimes. Je vous propose, si vous en êtes d'accord, qu'à chaque fois que ces questions sont abordées nous ayons une pensée pour nos deux compatriotes toujours retenus dans l'enfer noir de la captivité : Ofer, 52 ans, père de famille, Ohad, 50 ans, père de famille. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, RN, EPR, DR, HOR, LIOT et UDR ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Mme Mathilde Panot et M. Louis Boyard . Et les deux enfants morts à Gaza ? (Brouhaha.) Mme la présidente . Un peu de silence, s'il vous plaît ! M. Jean-Noël Barrot, ministre . La France ne détourne le regard d'aucune victime civile et d'aucune victime parmi nos compatriotes. Il est vrai qu'au Liban, deux de nos compatriotes comptent parmi les milliers des victimes civiles des opérations militaires israéliennes. Mme Mathilde Panot . Et les enfants de Gaza ? M. Jean-Noël Barrot, ministre . Je vous remercie d'avoir mentionné le courage des 700 Français engagés dans le contingent de casques bleus de la Finul. M. Ugo Bernalicis . Mais quelle action ? Répondez à la question ! M. Jean-Noël Barrot, ministre . Soyez assurés qu'avec le ministre des armées, nous suivons la situation d'heure en heure, afin de veiller à ce que leur sécurité soit préservée. Notre position est la suivante : la force de l'ONU doit rester en place pour pouvoir jouer tout son rôle quand le cessez-le-feu interviendra, et quand il sera nécessaire de préserver la stabilité du Sud-Liban, dans l'intérêt de l'unité et de la souveraineté du Liban, ainsi que dans celui de la sécurité d'Israël. Quant à ce qui se joue au Liban, et qui touche les populations civiles que vous avez évoquées, c'est la France, encore une fois, qui accueillera, le 24 octobre prochain, la première conférence internationale de soutien au Liban, laquelle sera à la fois l'occasion de mobiliser tous nos partenaires sur le soutien humanitaire que nous devons au Liban,… M. Ugo Bernalicis . Ça ne marche pas dans ces moments-là ! M. Jean-Noël Barrot, ministre . …de soutenir les forces armées libanaises, de soutenir la Finul et d'échanger avec nos partenaires sur l'avenir institutionnel de ce pays cher à la France. Mme Nathalie Oziol . Ce sont des actes que nous demandons, pas des mots ! Des solutions concrètes !