Questions

Sabrina Sebaihi
Écologiste et Social — Circonscription 9204
Sabrina Sebaihi
Questions posées
122.4/10
3 écrites, 9 au gouvernement
Plus élevé que 24% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
100% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Janvier 2026 (1)
22 janvier 2026 — Sabrina Sebaihi
🗂️DiversSite internet Mafrance.app
Ministère de l'intérieur
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
SITE INTERNET MAFRANCE.APP Mme la présidente . La parole est à Mme Sabrina Sebaihi. Mme Sabrina Sebaihi . Monsieur le ministre de l'intérieur, je vous ai alerté il y a plusieurs jours concernant le site Mafrance.app, qui cartographie les mosquées, les quartiers populaires, les populations musulmanes, réelles ou supposées, et les centres pour migrants. Ce site, qui parle de « remigration », de « défrancisation », de « grand remplacement », invite les internautes à chercher « la mosquée la plus proche », le « centre de migrants le plus proche ». Il va même plus loin, puisqu’il cartographie le pourcentage de prénoms musulmans ou arabo-musulmans. Ce n’est ni de l’information ni de la statistique ; c’est du fichage. Ce site superpose délibérément islam, immigration et danger. Il transforme la religion musulmane en facteur de risque, désigne l’autre – noir, arabe, asiatique – comme un danger – celui du grand remplacement. Et ce fichage s'inscrit dans un contexte bien précis. Alors que des centres de migrants sont attaqués et que des mosquées sont régulièrement prises pour cible, la parole raciste est devenue passage à l’acte… Mme Cyrielle Chatelain . C'est vrai ! Mme Sabrina Sebaihi . …allant jusqu’au meurtre islamophobe d’Aboubakar Cissé, assassiné dans une mosquée, ou aux meurtres racistes d’Hichem Miraoui et de Djamel Bendjaballah, simplement parce qu’ils étaient arabes. Monsieur le ministre, la peur s’installe et il est à craindre que ce site facilite encore les passages à l’acte. Comment peut-on vivre en sécurité en France lorsqu’on est ciblé de la sorte ? Peut-on encore vivre en sécurité en France lorsqu’on est musulman, lorsqu’on est noir ou lorsqu’on est arabe ? L’extrême droite ne se contente plus d’attiser la haine de l’autre ; désormais, elle le fait au moyen d'une cartographie méthodique. Monsieur le ministre, on ne sait malheureusement que trop bien où ont mené, dans notre histoire, l’antisémitisme, la xénophobie, le fichage de personnes, de leurs lieux de vie, de leurs lieux de culte, en raison de leur religion supposée ou réelle. Le fichage religieux ou ethnique n’a jamais été une statistique, mais toujours un choix politique. Quel sera le vôtre, avant qu’il ne soit trop tard ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Inaki Echaniz applaudit également.) Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l'intérieur. M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur . Le site internet Mafrance.app, au sujet duquel vous m'avez alerté, se présente comme un état des lieux de la France au niveau local, autour de cinq thèmes : l'insécurité, l'immigration, l'islamisation, la défrancisation et le wokisme. Il se présente comme un site qui agrège des informations issues de statistiques et de données publiques, regroupées dans différents indices : « indice de changement général » « d'insécurité », « d'immigration », « d'islamisation », « de changement culturel », « d'interventionnisme social ». Il est associé à un compte X, qui s'appelle « Où va ma France ? ». Vous avez fait un signalement au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. Sachez que ce site a également fait l'objet de cinquante et un signalements sur la plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements (Pharos) depuis le début du mois de janvier. Le site Où va ma France ?, son prédécesseur, a fait l'objet de sept signalements, avant de disparaître en septembre 2025. Mme Sabrina Sebaihi. Absolument ! M. Laurent Nuñez, ministre . À première vue, pour Pharos, ce site semblait dépourvu de tout contenu répréhensible sur le plan pénal. C'est la raison pour laquelle aucune action n'a été engagée. Il n'y avait pas non plus, sur le plan administratif, matière à engager le pouvoir coercitif de la plateforme afin de faire retirer ce contenu. Comme je vous l'ai expliqué, nous poursuivons donc l'analyse de ce site sous l'angle de la haine en ligne. C'est une qualification difficile à établir, mais nous ne lâcherons pas l'affaire. Le directeur général de la police nationale, en lien très étroit avec moi, a saisi le parquet national de lutte contre la haine en ligne et ce dossier fait l'objet d'un examen attentif. Pour les raisons que vous avez exposées, comme ministre de l'intérieur, je ne lâcherai pas l'affaire. Mme la présidente . La parole est à Mme Sabrina Sebaihi. Mme Sabrina Sebaihi . Merci, monsieur le ministre. Vous l'aurez compris, nombre de nos concitoyens comptent sur vous pour fermer ce site. Il représente un réel danger, car des passages à l'acte sont à craindre. Nous comptons sur vous et nous sommes à votre disposition pour travailler ensemble, afin d'aller jusqu'à sa fermeture. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe SOC.)
Octobre 2025 (1)
29 octobre 2025 — Sabrina Sebaihi
🗂️DiversLutte contre les actes racistes
Ministère de l'intérieur
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
LUTTE CONTRE LES ACTES RACISTES Mme la présidente . La parole est à Mme Sabrina Sebaihi. Mme Sabrina Sebaihi . Samedi 18 octobre, dans l’Aube, des scènes de haine raciste se sont déroulées à la lueur des flambeaux. On aurait pu se croire en 1890, en Alabama. Pourtant, c’est bien en France que cette mise en scène macabre, digne des pires terreurs raciales, a eu lieu. Cette soirée, organisée par un club de parachutisme dans l’enceinte de l’aérodrome de Brienne-le-Château, a viré à l'ignoble. Sur les vidéos tournées dans la nuit, on voit des hommes déguisés en membres du Ku Klux Klan – organisation terroriste tristement célèbre pour avoir torturé et tué des milliers de Noirs aux États-Unis – louant le suprémacisme blanc, pendant que d’autres, grimés en blackface , s’agenouillent pour mimer leur propre exécution devant des palettes en feu. Certains participants seraient membres de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris : ces hommes portent l’uniforme de la République, mais, ce soir-là, ils portaient des cagoules pointues et des capes blanches sur le dos, déshonorant ainsi leur fonction. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Mme Marie Mesmeur . La honte ! Mme Sabrina Sebaihi . À l’heure où je vous pose cette question, le gouvernement n’a toujours pas réagi. Pourtant, cette réaction était attendue. Des millions de nos compatriotes doivent avoir la certitude que le racisme qu’ils subissent au quotidien est aussi l'affaire des dirigeants politiques, et surtout celle du ministre de l’intérieur. (Mêmes mouvements.) La négrophobie progresse à visage découvert : meurtres racistes, chasse aux Noirs dans la Creuse, blackface banalisé à la télévision, insultes raciales sur les réseaux sociaux, dans la rue, au travail, c’est le quotidien de millions de Français. Face à cela, le silence du gouvernement est une faute inexcusable. Ce silence légitime la haine, banalise la violence et hiérarchise les vies. En ne condamnant pas, vous envoyez le message que l’indignation aurait un nuancier : plus la peau est foncée, plus l'indignation s’efface. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Réalisez-vous la gravité et l’ampleur du racisme en France ? Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour que plus jamais le racisme n’ait droit de cité sur le sol de la République ? (Les députés des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC, LIOT et GDR ainsi que quelques députés du groupe Dem se lèvent et applaudissent.) Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l'intérieur. M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur . Vous avez rappelé les faits, ignobles. Ce simulacre de réunion du Ku Klux Klan, organisé au sein d’un club de parachutisme de l’Aube, sur l’aérodrome de Brienne-le-Château, est profondément choquant. Nous avons eu connaissance de ces faits grâce au président de la Fédération française de parachutisme, qui a réagi très rapidement. Il a effectué un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale et saisi la justice. Je tiens à saluer sa réactivité et son engagement au sein de sa fédération pour, je le cite, faire le ménage. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS, LIOT et GDR, ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.) Huit personnes sont impliquées et le parquet de l’Aube est saisi. Vous avez raison, parmi ces individus, deux sont militaires de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Une enquête disciplinaire est ouverte, et nous serons absolument intraitables. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, EcoS, Dem, LIOT et GDR.) Mon indignation est aussi celle de l’ensemble du gouvernement. Nous ne transigerons pas. Je tiens à vous rassurer : au sein de la police, de la gendarmerie et des armées, tout est fait pour détecter ce type de comportement – des services sont dédiés à cette mission. Il est évident que lorsque deux militaires se livrent à de tels actes il y a un avant mais il n’y aura pas d’après puisque des sanctions très fermes seront prises. Quant à la politique du gouvernement contre le racisme, d’où qu’il vienne, nous sommes également intraitables et ne laisserons rien passer. Mme Sabrina Sebaihi . Condamnez-vous ces actes ? M. Laurent Nunez, ministre . Vous pouvez compter sur la détermination du ministre de l’intérieur – c’est ma responsabilité –, sur celle du garde des Sceaux, puisque la justice est saisie, et sur celle de l’ensemble du gouvernement. Mme Sabrina Sebaihi . Mais les condamnez-vous ? M. Laurent Nunez, ministre . Je les condamne très clairement, je l'ai dit ! Le gouvernement est indigné ; cette condamnation, je l’ai exprimée sans ambiguïté. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et LIOT ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)