Questions

Sébastien Chenu
Rassemblement National — Circonscription 5919
Sébastien Chenu
Questions posées
738.9/10
66 écrites, 7 au gouvernement
Plus élevé que 89% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
53% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Mai 2026 (1)
12 mai 2026 — Sébastien Chenu
🌍InternationalDépartement du Nord, mesures d'éloignement des personnes sous OQTF
Ministère de l'intérieur
ÉcriteSans réponse à ce jour🔗 Voir la sourceLa question
M. Sébastien Chenu interroge M. le ministre de l'intérieur sur les difficultés persistantes rencontrées dans l'exécution des mesures d'éloignement des étrangers en situation irrégulière, en particulier dans le département du Nord. Alors que les données nationales pour l'année 2025 font état d'une hausse des éloignements et des interpellations, cette évolution quantitative en lien avec un nombre de plus en plus croissant de personnes en situation irrégulière sur le territoire français ne saurait masquer les obstacles récurrents qui entravent l'effectivité réelle des décisions d'éloignement. De nombreuses mesures demeurent en effet inexécutées, notamment en raison de difficultés liées à l'obtention de laissez-passer consulaires, à l'absence de coopération de certains pays d'origine ou encore à des blocages administratifs et contentieux. Dans ce contexte, il lui demande de bien vouloir préciser, pour le département du Nord, quelles sont les nationalités les plus représentées parmi les étrangers en situation irrégulière pour lesquelles les mesures d'éloignement rencontrent les plus grandes difficultés d'exécution, comme listé au niveau national par la direction générale des étrangers en France (rubrique Les chiffres de l'immigration en France ). Il souhaite ainsi connaître quels sont les principaux obstacles identifiés, qu'il s'agisse de refus consulaires, de délais administratifs, de contentieux ou d'absence de documents d'identité. Il souhaite enfin obtenir les éléments d'appréciation dont dispose le Gouvernement sur ces difficultés spécifiques dans ce territoire particulièrement exposé.
Avril 2026 (1)
7 avril 2026 — Sébastien Chenu
🌍InternationalApplication du règlement retour en France
Ministère de l'intérieur
ÉcriteSans réponse à ce jour🔗 Voir la sourceLa question
M. Sébastien Chenu interroge M. le ministre de l'intérieur sur l'application, en France, du règlement retour, approuvé par le Parlement européen. Ce texte, récemment approuvé à une large majorité avant sa probable adoption, constitue une évolution majeure du cadre européen en matière de lutte contre l'immigration irrégulière. En tant que règlement, il a vocation à être d'application directe dans l'ensemble des États membres, sans nécessiter de transposition nationale et met à disposition des autorités nationales de nouveaux leviers juridiques et opérationnels. Il prévoit notamment de renforcer l'effectivité des décisions de retour, alors même qu'aujourd'hui une part très importante d'entre elles demeure inexécutée. L'exemple le plus flagrant est celui des OQTF, dont moins de 7 % sont exécutées chaque année au regard des chiffres de 2020 à 2022. Le règlement instaure également des dispositifs visant à rendre les éloignements plus systématiques, à allonger significativement les durées de rétention administrative dans certains cas et à lever un certain nombre d'obstacles juridiques ou institutionnels qui limitaient jusqu'à présent l'action des États. Dès lors, ce règlement apparaît, en théorie, comme un outil particulièrement intéressant pour renforcer le contrôle des flux migratoires, améliorer l'exécution des mesures d'éloignement et lutter plus efficacement contre les filières d'immigration clandestine. Son efficacité dépendra toutefois directement de la mobilisation des autorités nationales et de la volonté politique de s'en saisir pleinement. Dans ce contexte, il lui demande dans quelle mesure le Gouvernement compte appliquer le règlement retour et s'il saura faire preuve de volontarisme pour lutter contre l'immigration illégale.
Décembre 2025 (1)
9 décembre 2025 — Sébastien Chenu
🌍InternationalIncohérences dans les chiffres communiqués relatifs à l'immigration
Ministère de l'intérieur
ÉcriteSans réponse à ce jour🔗 Voir la sourceLa question
M. Sébastien Chenu appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les contradictions et approximations relevées dans ses récentes déclarations publiques concernant le nombre d'étrangers entrés sur le territoire national. Le 20 octobre 2025, M. le ministre a affirmé que la France accueillait chaque année environ 200 000 à 300 000 clandestins. Moins de quarante-huit heures plus tard, sur le plateau d'Europe 1, il est revenu sur ses propos, évoquant un volume largement doublé en admettant qu'il y avait entre 600 000 et 900 000 entrées clandestines annuelles. Cette volte-face interroge sérieusement la fiabilité des données avancées par le Gouvernement sur un sujet aussi sensible pour les Français, déjà confrontés à une immigration massive et mal maîtrisée. Alors que l'INSEE et le ministère de l'intérieur publient des statistiques précises sur les titres de séjour, les demandes d'asile et les reconduites à la frontière, il est préoccupant qu'un Gouvernement ne dispose pas, ou ne communique pas, de chiffres cohérents. Cette confusion alimente le sentiment d'opacité et d'impuissance publique face à une immigration clandestine en forte hausse. Dans ce contexte, il souhaite savoir si le Gouvernement entend publier sans délai les chiffres consolidés de l'immigration légale et illégale pour l'année 2024, en précisant leur répartition par motif (travail, regroupement familial, asile, étudiants, etc.) et exposer les raisons exactes de la rectification opérée par le Gouvernement, afin de rétablir la transparence et la crédibilité de la parole publique sur ce sujet majeur.
Avril 2025 (2)
29 avril 2025 — Sébastien Chenu
🌍InternationalSubventions aux ONG : l'Union européenne perd la trace de milliards d'euros
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
ÉcriteRépondueLa question
M. Sébastien Chenu alerte M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les dérives préoccupantes de la gestion des subventions européennes attribuées aux ONG, telles que révélées par un rapport récent de la Cour des comptes de l'Union européenne. Ce rapport, accablant à bien des égards, met en lumière une série d'anomalies et d'aberrations dans l'attribution et le suivi de financements publics massifs. Entre 2021 et 2023, plus de 7,4 milliards d'euros ont été alloués à 12 000 ONG via divers programmes européens (FSE+, FAMI, Erasmus+, LIFE, etc.), souvent sans réelle traçabilité ni transparence. Le système de transparence financière (STF), censé permettre à chaque citoyen européen de connaître les bénéficiaires de ces subventions, présente de nombreux manquements. Certaines ONG y apparaissent avec des montants partiels ou erronés, quand d'autres ne sont tout simplement pas recensées. Pire encore, selon le rapport, près de 90 % des montants transférés via certains programmes ne parviennent pas aux ONG censées en bénéficier, mais sont redirigés vers des entités non identifiées, sans que la Commission européenne n'en assure le moindre suivi. À cela s'ajoute l'usage de critères flous pour qualifier une entité d'ONG, permettant à des structures à but commercial, parfois liées directement à des États membres ou à des intérêts industriels, de bénéficier de financements réservés en théorie à des structures indépendantes et à but non lucratif. Les subventions européennes ont par ailleurs servi, selon ce même rapport, à financer des activités de lobbying , en totale contradiction avec l'esprit de neutralité et d'intérêt général censé présider à l'usage de l'argent public. Alors que la France, comme d'autres États membres, est mise sous pression budgétaire constante, que des efforts considérables sont exigés des concitoyens en matière de santé, de conditions de travail ou de retraite, il est profondément choquant que des milliards d'euros issus en partie des impôts des Français soient ainsi ponctionnés sans contrôle ni exigence de résultat. M. le député demande donc à M. le ministre de bien vouloir lui indiquer quelles démarches la France entend entreprendre pour exiger la transparence totale dans la gestion des fonds européens alloués aux ONG, mettre fin aux financements dissimulés ou détournés, garantir que plus aucun euro des contribuables français ne soit dilapidé dans des circuits opaques et irresponsables. La France doit faire entendre une voix forte et claire : ces milliards doivent cesser d'être prélevés à l'aveugle sur les deniers publics des États membres. Il est temps d'exiger de l'Union européenne une rigueur budgétaire exemplaire, à la hauteur des sacrifices demandés aux peuples européens. Il souhaite connaître ses intentions à ce sujet.
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La France soutient les observations émises par la Cour des comptes européenne dans son rapport, ainsi que ses conclusions, notamment ses recommandations sur le renforcement de la qualité des informations disponibles sur les dépenses de l'Union européenne (UE) et sur le respect des valeurs fondatrices de l'UE par les bénéficiaires des fonds européens. En effet, nous soutenons la recommandation visant à renforcer la vérification du respect des valeurs de l'Union de la part des bénéficiaires des fonds. Ainsi, nous demandons à la Commission d'examiner les pistes possibles pour développer les outils disponibles de manière à inclure une vérification, fondée sur les risques, du respect des valeurs de l'UE par les destinataires de fonds, afin de détecter les violations potentielles. De plus, nous appelons également la Commission à préciser et à accompagner la mise en œuvre des dispositifs de vérification des entités auxquelles les fonds européens sont alloués, tant au stade de l'examen de leur première candidature ou d'un renouvellement, que tout au long de la mise en œuvre d'un partenariat. Par ailleurs, la Cour des comptes européenne a examiné la transparence des appels à propositions dans le cadre desquels les quatre-vingt-dix organisations non gouvernementales échantillonnées ont été retenues. Globalement, le constat est que : « ces appels étaient transparents, car ils étaient mis à la disposition de toutes les parties potentiellement intéressées et du public. Les critères publiés à respecter pour obtenir des fonds de l'UE étaient clairs ». Dans l'ensemble, le soutien octroyé par le budget de l'Union européenne via les programmes de financements en gestion directe et indirecte est traçable et transparent, comme le prévoit le règlement financier de l'UE 2024/2509 du 23 septembre 2024. Cependant, nous n'ignorons pas les difficultés identifiées par la Cour des comptes européenne, que ce soit sur un ensemble de freins matériels, l'absence d'une base de données intégrée permettant de suivre l'intégralité des financements européens octroyés, ou encore que le terme « ONG » ne soit pas défini dans l'ensemble des États membres. Nous souhaitons que ces éléments puissent être rapidement intégrés dans le droit européen. De plus, les points d'amélioration identifiés par la Cour des comptes européenne relatifs à la vérification, par les autorités compétentes, du statut d'organisation non gouvernementale, au-delà des attestations sur l'honneur produites par ces structures, relèvent de la Commission et de ses agences exécutives.
15 avril 2025 — Sébastien Chenu
🌍InternationalDroit d'asile: un système hors de contrôle
Ministère de l'intérieur
ÉcriteRépondueLa question
M. Sébastien Chenu alerte M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur l'ampleur préoccupante des dérives du droit d'asile en France, dont les critères d'éligibilité sont devenus si larges qu'ils permettraient, selon l'Observatoire de l'immigration et de la démographie (OID), à près de 580 millions de personnes dans le monde de prétendre légalement à une protection sur le territoire national. Le cadre initial fixé par la Convention de Genève de 1951 a été progressivement dénaturé par des extensions successives, aboutissant à une dilution du concept même d'asile. Loin de se limiter aux individus effectivement persécutés, la protection s'applique aujourd'hui à des catégories de plus en plus vastes, sur la base de critères souvent flous et subjectifs. Ainsi : la protection subsidiaire est accordée même en l'absence de persécutions personnelles, dès lors qu'un demandeur invoque un risque général de violence dans son pays d'origine, sans qu'une implication individuelle soit nécessaire. Des motifs sociétaux (normes culturelles, « tensions politiques internes ») permettent désormais d'obtenir l'asile, ouvrant la porte à des flux de populations entières. Aucune régulation quantitative ou géographique n'existe, laissant la France sans maîtrise sur l'ampleur des demandes et des admissions. En conséquence, l'asile s'est transformé en une filière d'immigration incontrôlée, sans rapport avec les besoins réels de protection et échappant à toute régulation politique. Le guide officiel remis aux demandeurs précise d'ailleurs que la procédure est accessible même en cas d'entrée irrégulière sur le territoire, créant un puissant appel d'air. Si seulement 11 % des personnes aujourd'hui éligibles à l'asile déposaient effectivement une demande, la France devrait accueillir l'équivalent de sa propre population, un scénario manifestement insoutenable tant pour la cohésion nationale que pour la capacité à protéger réellement ceux qui en ont besoin. Il lui demande donc de publier une évaluation chiffrée, par pays d'origine, du nombre de personnes qui, en l'état actuel du droit, pourraient prétendre à l'asile en France, d'initier une réforme du droit d'asile visant à restreindre les critères d'éligibilité aujourd'hui excessivement larges, à réintroduire une maîtrise politique sur les flux d'asile, préserver la légitimité et la viabilité de la politique d'accueil. Face à une crise migratoire qui menace directement l'équilibre des institutions et la soutenabilité du modèle social français, il est urgent que le Gouvernement prenne ses responsabilités en rétablissant un cadre clair, exigeant et conforme à l'intérêt national.
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D'après le Haut-Commissariat aux réfugiés, près de 70 % des réfugiés ou des personnes en besoin de protection vivent dans des pays voisins de leur pays d'origine. Les pays à revenu faible ou intermédiaire ont accueilli 71 % des réfugiés et autres personnes ayant besoin d'une protection internationale dans le monde. En 2024, la primo-demande d'asile en France s'est élevée à 134 000 demandes, en baisse de près de 9 % par rapport à 2023. Figurent parmi les politiques prioritaires du Gouvernement la réduction des délais moyens de traitement de la demande d'asile, afin de ne pas retarder le processus d'intégration des futurs réfugiés et de ne pas retarder l'éloignement des demandeurs déboutés. En 2024, le délai moyen d'instruction à l'OFPRA a atteint 4,6 mois, contre 6,1 mois en 2017. A titre de comparaison, le délai moyen d'instruction par le Bundesamt für Migration und Frünchtlinge allemand s'est élevé quasiment au double (8,7 mois). Grâce à la diminution de ces délais, à l'amélioration du pilotage de cette dépense par la direction de l'asile et par l'Office français d'immigration et de l'intégration, au renforcement des contrôles et à l'application stricte des règles permettant la coupure des conditions matérielles d'accueil, la dépense globale représentée par le versement de l'allocation pour demandeurs d'asile été divisée par deux entre 2019 et 2023 (la dépense passant de 492 millions d'euros à 259 millions d'euros), alors que la primo-demande d'asile s'est élevée 143 000 en 2019 et à 147 000 en 2023. Le déploiement des espaces « France asile », créés par la loi pour contrôler l'immigration et améliorer l'intégration de janvier 2024 et regroupant les guichets de la préfecture, de l'OFII et de l'OFPRA pour enregistrer et introduire la demande d'asile dans un lieu unique, devrait permettre de gagner 21 jours de délais supplémentaires. Le premier EFA a ouvert ses portes à Cergy le 22 mai dernier. En outre, le Pacte européen sur la migration et l'asile renforcera significativement les contrôles aux frontières extérieures de l'Union. Tout ressortissant de pays tiers (RPT) franchissant irrégulièrement une frontière extérieure de l'Union, débarqué sur le territoire d'un État membre à la suite d'une opération de recherche et de sauvetage ou ayant introduit une demande de protection internationale aux points de passage aux frontières extérieures ou dans des zones de transit fera l'objet d'un filtrage. Le filtrage inclut des contrôles d'identité, sécuritaires et sanitaires formalisés dans un formulaire transmis aux autorités compétentes pour la suite de la procédure. Le Pacte instaure également une nouvelle procédure d'asile à la frontière qui impliquera l'enregistrement, l'introduction et l'instruction (OFPRA+CNDA) des demandes d'asile présentées à la frontière par certains RPT, selon des critères, prévus par le règlement « APR ». Si le demandeur obtient une protection internationale à l'issue de la procédure, après un examen au fond de sa demande, il sera autorisé à entrer sur le territoire et le processus d'intégration sera engagé. Sinon, une décision de retour sera prise et il sera maintenu en zone d'attente. Le Pacte devrait également permettre un fonctionnement plus efficace du système « Dublin », système de partage entre Etats membres de l'Union européenne de la responsabilité de l'examen des demandes d'asile. Il prévoit également une réduction des délais procéduraux et la création de nouveaux cas de placement en procédure accélérée. Le système Dublin sera soutenu par la refonte complète du SI Eurodac, qui intègrera de nouvelles fonctionnalités significatives (contrôle de l'immigration irrégulière, identification des personnes, entre autres) et permettra un suivi des personnes grâce à des fiches individuelles uniques recensant tous les signalements. Il est par ailleurs associé aux autres systèmes d'information du secteur « Justice – Affaires intérieures » (JAI), dans le cadre de l'interopérabilité. Enfin, la coupure des conditions matérielles d'accueil aux personnes « dublinées » prévue par la nouvelle directive accueil et le règlement AMMR dès notification de la décision de transfert constituera un changement de paradigme pour freiner les mouvements secondaires.
Mars 2025 (1)
18 mars 2025 — Sébastien Chenu
🌍InternationalRefus répétés de l'Algérie de reprendre ses ressortissants
Ministère de l'intérieur
ÉcriteSans réponse à ce jour🔗 Voir la sourceLa question
M. Sébastien Chenu interroge M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur le nombre de personnes expulsées de France et refusées par l'Algérie depuis le début de l'année 2025. Il souhaite également savoir combien parmi elles étaient inscrites au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). M. le député souligne que, selon des informations de presse, 23 individus expulsés de France ont été renvoyés après un refus des autorités algériennes, parmi lesquels figurent des personnes connues des services de renseignement et de justice français. Face à cette situation préoccupante, il lui demande de préciser les motifs invoqués par l'Algérie pour ces refus et de lui indiquer les mesures prises par le Gouvernement afin de garantir l'exécution effective des expulsions prononcées par la France. M. le député rappelle que l'écrivain Boualem Sansal a été arrêté et est détenu depuis le 16 novembre 2024 à l'aéroport d'Alger. Il souhaite connaître sa position sur ce sujet.
Octobre 2024 (1)
29 octobre 2024 — Sébastien Chenu
🌍InternationalArrivée de migrants potentiellement dangereux pour la sécurité des Français
Ministère de l'intérieur
ÉcriteRépondueLa question
M. Sébastien Chenu alerte M. le ministre de l'intérieur sur une note confidentielle, rédigée par la police aux frontières et l'Office français de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim), qui alerte sur une pression migratoire grandissante sur plusieurs voies d'accès à l'Union européenne et soulève des préoccupations sécuritaires importantes pour la France. Selon cette note, 138 238 migrants sont déjà entrés illégalement en Europe en 2024, s'ajoutant aux 380 750 entrées en 2023 et aux 331 551 de 2022. La voie occidentale, qui concerne l'Espagne et ses enclaves de Ceuta et Melilla ainsi que les îles Canaries, est particulièrement affectée. Le nombre d'arrivées irrégulières en Espagne a bondi de 63 % cette année, atteignant 35 456 migrants pour les huit premiers mois de 2024 contre 21 780 sur la même période en 2023. À Melilla, les tentatives de franchissement des clôtures frontalières ont explosé de 167 % en juillet 2024 comparé à juillet 2023. Les flux en provenance de pays comme le Mali, le Sénégal et le Maroc, ainsi que les tentatives de contournement des dispositifs de surveillance maritime par des embarcations de plus grande taille, mettent à rude épreuve les systèmes de contrôle des frontières espagnoles. Cette situation fait craindre une répercussion de la pression migratoire sur les frontières franco-italienne et franco-suisse. Le rapport souligne également des risques sécuritaires grandissants, notamment avec l'arrivée par la Grèce de migrants palestiniens, décrits comme « potentiellement dangereux ». En août 2024, neuf Palestiniens en provenance de camps de réfugiés syriens ont été interceptés sur l'île grecque de Leros. Ces individus, porteurs de passeports de l'Autorité palestinienne, ont suscité de vives inquiétudes en raison de leur comportement agressif et de leurs réponses évasives lors des interrogatoires. Ces profils atypiques, qui diffèrent de ceux observés précédemment, laissent craindre que des personnes à risque puissent entrer en Europe et éventuellement en France. Ces comportements à risque se manifestent également par les stratégies dangereuses adoptées par les passeurs, comme des manœuvres de contournement maritime ou des comportements de fuite face aux forces de l'ordre, provoquant parfois des confrontations directes. En août 2024, une embarcation rapide a tenté d'échapper à un contrôle des garde-côtes grecs, entraînant un incident au cours duquel le pilote a été mortellement blessé. Face à cette situation, M. le député souhaite connaître quelles mesures sont prévues pour renforcer la sécurité aux frontières franco-italienne et franco-suisse, identifiées comme des zones sensibles face à cette pression migratoire croissante ? De plus, quelles actions concrètes sont mises en place pour renforcer la coopération avec les autorités espagnoles, italiennes et grecques, afin de mieux gérer ces flux migratoires et prévenir les risques sécuritaires posés par des individus potentiellement dangereux ? Enfin, il lui demande comment le Gouvernement prévoit de répondre à ces nouveaux défis en matière de gestion des comportements à risque, tant du côté des migrants que des passeurs.
🔗 Voir la sourceRéponse
La lutte contre l'immigration illégale constitue une priorité du ministre d'État, ministre de l'intérieur, qui répond aux fortes attentes de nos concitoyens. L'objectif est tant de ralentir les flux d'entrées que d'accélérer les éloignements. Reprendre le contrôle de la politique migratoire exige, avant tout, une lutte implacable contre les réseaux criminels. Cet objectif est poursuivi par l'ensemble des forces de l'ordre et notamment par les services de la direction nationale de la police aux frontières (DNPAF), en particulier l'état-major opérationnel des frontières (EMOF) et l'Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM), chef de file national de la lutte contre les filières. Sur le plan national, des instructions très fermes ont été données par le ministre d'État, ministre de l'intérieur, à tous les préfets par circulaire du 28 octobre 2024 pour renforcer le pilotage des politiques migratoires. Par instruction du 25 novembre 2024, il a par ailleurs demandé aux préfets de considérablement renforcer la surveillance et les contrôles aux frontières, avec la mise en place de véritables plans zonaux de stratégie et de surveillance des différents segments frontaliers et des axes de circulation. Un plan national de renforcement de la lutte contre le trafic illicite de migrants a par ailleurs été présenté par le ministre d'État le 7 février 2025, mobilisant des mesures opérationnelles, techniques, juridiques et de coopération internationale. Articulé autour de l'OLTIM, de la DNPAF et d'une nouvelle « cellule d'échange de renseignements sur le trafic de migrants » (CERTIM), il s'appuie sur les services du ministère (préfecture de police, directions générales de la police et de la gendarmerie nationales, direction générale des étrangers en France…), des services de renseignement et des services du ministère de l'économie. Une instruction visant à sa déclinaison territoriale a été adressée aux préfets le 22 avril 2025. La menace terroriste reste également pleinement prise en compte : le contrôle aux frontières intérieures est régulièrement reconduit. La mobilisation est réelle. En 2024, les forces de l'ordre ont démantelé 269 filières de passeurs et mis en cause plus de 1 300 trafiquants de migrants. D'octobre 2024 à février 2025, au cours des 6 premiers mois d'action du ministre d'État au ministère de l'intérieur, le nombre d'étrangers en situation irrégulière (ESI) interpellés a augmenté de 6 % par rapport à la même période de 2023-2024. Le nombre d'éloignements forcés a augmenté durant cette même période de 9 %. En 2024, plus de 21 000 éloignements ont été réalisés depuis la métropole par la police nationale, soit + 27 % par rapport à 2023 et près de 9 000 missions d'escorte d'ESI et de reconduites à la frontière ont été réalisées par la gendarmerie. Par ailleurs, plus de 135 000 procédures ont été engagées contre des étrangers en situation irrégulière en 2024, soit + 23 % par rapport à 2023. Il doit aussi être rappelé que le ministère de l'intérieur poursuit la mise en œuvre du plan « CRA 3 000 », qui prévoit de disposer de près de 3 000 places de rétention administrative à l'horizon 2027, contre 1 900 environ actuellement. Sur proposition du ministre d'État, ministre de l'intérieur, un Comité interministériel de contrôle de l'immigration s'est tenu le 26 février 2025, mobilisant tous les ministères concernés (diplomatie, justice, santé, économie, éducation, emploi, etc.). Ce Comité a notamment décidé la généralisation à l'ensemble des segments frontaliers terrestres de la « Force Frontières » (police, gendarmerie, douanes, réservistes, force Sentinelle), initialement déployée en 2023 sur la frontière avec l'Italie. Des démarches sont également engagées à l'échelle internationale et au niveau européen. La lutte contre l'immigration irrégulière est une des priorités de la France dans sa politique diplomatique (délivrance des visas, etc.). La France poursuit en particulier ses efforts dans le cadre de la refonte de l'inefficace directive « retour » et pour accélérer le déploiement du Pacte européen sur la migration et l'asile. S'agissant de l'Italie, avec laquelle une « unité de recherches opérationnelles » a été mise en place pour mieux lutter contre les passeurs, la coopération est excellente (99 % des réadmissions demandées sont exécutées par les autorités italiennes). Les réadmissions sont également importantes avec l'Espagne, second point d'entrée - après l'Italie - de l'immigration clandestine en France. La coopération avec l'Espagne est bonne et le sujet reste un point de très grande vigilance puisque les flux d'immigration sont en hausse par cette voie, alors qu'ils sont en forte baisse via l'Italie. La frontière franco-italienne demeure le premier point d'entrée en hexagone : la gendarmerie nationale y a interpellé 6 788 étrangers en situation irrégulière (ESI), essentiellement dans le département des Alpes-Maritimes. La réserve opérationnelle de la gendarmerie y contribue activement dans le cadre de l'opération Limes. A la frontière franco-espagnole, l'action de la gendarmerie a permis d'interpeller plus de 1 000 ESI en 2024. La coopération est également bonne avec la Suisse. La pression migratoire à la frontière franco-suisse a fortement diminué en 2024 par rapport à 2023 (- 65 %). La France s'est également engagée pour faire évoluer le cadre de la coopération migratoire avec le Royaume-Uni. Les accords de Sandhurst financent par exemple l'emploi quotidien d'un escadron de gendarmerie mobile et de 500 réservistes opérationnels sur la côte de la Manche et une partie des infrastructures et équipements afférents, grâce à un plan pluriannuel de 540 M€ de 2023 à 2026. En plus de ces financements britanniques, les forces de sécurité intérieure contribuent par l'engagement quotidien de nombreux effectifs sur la voie publique et dans des missions spécifiquement dédiées. Sur le plan international, un représentant spécial a été nommé pour œuvrer au renforcement des accords de réadmission des étrangers en situation irrégulière. Les partenariats avec les pays situés sur les principales routes migratoires ont été renforcés. Des accords de réadmission ont par exemple été signés avec le Kazakhstan et l'Ouzbékistan. Un dialogue migratoire intense a été développé avec le Maroc, qui s'est par exemple traduit, en janvier et février 2025, par une hausse de 93 % des laissez-passer consulaires obtenus dans les délais utiles à l'éloignement (par rapport à la même période de 2024). Les efforts se poursuivent pour densifier les accords au Moyen-Orient et en Asie, et pour obtenir une réelle coopération migratoire avec l'Algérie. Le ministère de l'intérieur réalise des missions au profit de l'agence européenne FRONTEX : près de 100 gendarmes y ont par exemple été détachés en 2024 pour des missions provisoires, et la gendarmerie doit être en mesure de mobiliser en cinq jours une force de réaction rapide de soixante militaires. La contribution de la gendarmerie à FRONTEX doit augmenter pour atteindre plus de 150 gendarmes détachés en 2027 sur des missions de courte ou de longue durée. Enfin, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, soutient plusieurs textes d'initiative parlementaire visant à reprendre le contrôle sur l'immigration, notamment concernant l'extension de la durée de rétention des délinquants dangereux, et le renforcement de l'intervention de l'OFII dans les centres de rétention administrative à la place des associations.