Questions

Sophia Chikirou
La France insoumise - Nouveau Front Populaire — Circonscription 7506
Sophia Chikirou
Questions posées
254.9/10
23 écrites, 2 au gouvernement
Plus élevé que 49% des 577 député·es de la législature pour le nombre de questions posées.
68% de réponses obtenues — dépend surtout du gouvernement (ministère interrogé, majorité ou opposition), pas noté ici pour cette raison.
Juillet 2026 (1)
28 juillet 2026 — Sophia Chikirou
🌍InternationalSituation au Sahel et échec de la stratégie militaire et diplomatique française
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
ÉcriteRépondueLa question
Mme Sophia Chikirou interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur l'échec des opérations Serval et Barkhane au Mali et sur les responsabilités de la France dans l'impasse actuelle au Sahel. Treize ans après le lancement de l'opération Serval en 2013, les attaques coordonnées des 25 et 26 avril 2026 contre Bamako, Kati et plusieurs villes stratégiques du nord du Mali constituent un désaveu majeur de la stratégie militaire française menée au Sahel depuis plus d'une décennie. Malgré des milliards d'euros engagés, des milliers de soldats mobilisés et plusieurs années d'intervention militaire française, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans apparaît aujourd'hui plus puissant, mieux implanté territorialement et plus capable de coordonner des offensives qu'au moment du lancement de Serval. La mort du colonel Sadio Camara, principal architecte du partenariat militaire entre la junte et la Russie, illustre également l'effondrement du dispositif sécuritaire malien après des années de militarisation du conflit. Dans le même temps, plusieurs analyses montrent qu'Iyad Ag Ghali est devenu un acteur central de la crise malienne, disposant d'une influence politique, communautaire et territoriale majeure dans le nord et le centre du pays. Cette réalité souligne l'échec d'une stratégie exclusivement fondée sur l'élimination militaire des groupes armés, sans traitement politique des causes profondes du conflit. Le rôle de l'Algérie apparaît, dans ce contexte, déterminant. Pays frontalier, acteur historique des accords d'Alger de 2015 et interlocuteur incontournable sur les équilibres du nord du Mali, l'Algérie dispose de leviers politiques et sécuritaires que la France ne peut ignorer. La question d'une éventuelle médiation ou d'un dialogue indirect avec certaines composantes des groupes armés dépend donc largement des dynamiques régionales et en particulier de la capacité d'Alger à peser sur les acteurs du conflit. Mme la députée interroge également les choix diplomatiques de la France. Alors que plusieurs initiatives de dialogue inter-malien avaient été évoquées dès 2019, Paris avait alors écarté toute perspective de dialogue politique, même indirect, avec les groupes djihadistes, au nom du principe selon lequel on ne négocie pas avec les organisations terroristes, privilégiant une logique de guerre permanente dont les résultats apparaissent aujourd'hui désastreux. Elle lui demande donc s'il entend tirer toutes les conséquences de l'échec politique, militaire et diplomatique des opérations Serval et Barkhane, engagées au nom de la lutte contre le terrorisme et de la stabilisation du Sahel, alors même que les groupes djihadistes contrôlent aujourd'hui davantage de territoires qu'en 2013 et que l'État malien apparaît plus fragilisé qu'au début de l'intervention française. Elle lui demande également si la France entend rompre avec les logiques exclusivement sécuritaires qui ont dominé sa politique sahélienne depuis plus d'une décennie et engager enfin un véritable bilan critique des opérations Serval et Barkhane, allant au-delà du seul rapport sénatorial publié en 2023 sur le sujet. Elle lui demande enfin quelle appréciation le Gouvernement porte sur le rôle que pourrait jouer l'Algérie dans une issue politique à la crise malienne, quels échanges la France entretient avec Alger à ce sujet et si elle entend soutenir, directement ou indirectement, une médiation régionale permettant de rouvrir une perspective politique malienne.
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La dégradation sécuritaire au Sahel central est très préoccupante. La France a fermement condamné les attaques terroristes ainsi que les exactions commises à l'encontre des civils dans les Etats du Sahel central, où les djihadistes contrôlent désormais une grande partie du territoire. La France était intervenue, à la demande des autorités locales, aux côtés de ses partenaires internationaux notamment à travers les opérations Serval et Barkhane. En conséquence de son engagement contre l'extrémisme, la France a été la cible des groupes terroristes au Sahel, et a perdu 58 de ses militaires auxquels nous rendons hommage. Entre 2013 et 2022, les armées françaises n'ont pas seulement lutté pour contenir une forte montée en puissance des groupes djihadistes au Sahel, mais aussi accompagné les forces armées locales à faire face à cette menace. Elles ont également appuyé les initiatives d'aide au développement portées par la France. Notre pays s'est désengagé dès lors que les conditions d'un partenariat efficace et confiant avec ces autorités dans la lutte contre le terrorisme n'étaient plus réunies. La France n'a pas abandonné le Sahel. Elle a agi à la demande des autorités et s'est retirée dès lors que celles-ci n'ont plus souhaité sa présence, en respectant leurs choix souverains. Dans ce contexte, la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel central au cours des dernières années ne saurait être imputée à la France, qui n'est plus engagée sur le terrain. Nous constatons par ailleurs que la présence de l'Africa Corps au Sahel n'a été en mesure ni d'apporter des solutions durables au fléau du terrorisme, ni d'appuyer efficacement l'Etat malien dans le contrôle de son territoire. La France suit avec une attention particulière l'évolution de la menace au Sahel, ainsi que son extension vers les pays du Golfe de Guinée. Elle reste engagée dans la lutte contre le terrorisme en Afrique, en lien avec ses partenaires internationaux, et auprès des partenaires régionaux qui en font la demande. Enfin, la France maintient un dialogue régulier avec ses partenaires internationaux sur la situation au Sahel et soutient tous les efforts visant à promouvoir la paix et la stabilité dans la région.
Décembre 2025 (1)
23 décembre 2025 — Sophia Chikirou
🌍InternationalMenaces d'escalade militaire états-unienne contre le Venezuela
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
ÉcriteRépondueLa question
Mme Sophia Chikirou interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la dangereuse escalade provoquée par les annonces de coercition maritime du président des États-Unis d'Amérique visant les pétroliers entrant ou sortant du Venezuela, mesure unilatérale qui constitue une grave remise en cause du droit international. En effet, depuis le 16 décembre 2025, l'administration américaine a franchi un palier supplémentaire dans sa stratégie de coercition contre le Venezuela, le président Donald Trump ayant publiquement annoncé un « blocus total » visant les pétroliers entrant ou sortant du pays, au motif de sanctions unilatérales américaines. Derrière le vocabulaire, il s'agit d'un retour assumé à la diplomatie du canon : empêcher par la force un État de commercer librement, en transformant la mer en zone de contrôle politique américain. Les effets d'intimidation ont été immédiats : des navires auraient modifié leur route ou attendu au large, comme si Washington prétendait décider unilatéralement qui peut naviguer, où, et avec qui commercer. Un blocus, même prétendument « ciblé », installe une mécanique explosive : interceptions, arraisonnements, pressions sur des pavillons tiers, risques d'erreurs d'identification et de ripostes. Dans une zone déjà sous tension, la probabilité d'un incident maritime devient un instrument politique : on crée un prétexte, on accuse l'autre camp, puis on justifie l'escalade. Ce scénario met en danger non seulement les populations vénézuéliennes, mais plus largement la stabilité régionale et la sécurité maritime dans les Caraïbes, au mépris des principes élémentaires de prévention des conflits. Le terme même de « blocus » n'est pas anodin : en droit, il renvoie à une mesure de force et à une entrave délibérée à la liberté de navigation. En l'absence de mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, cette démarche ressemble à une tentative de substituer l'ordre international par un ordre unilatéral, où le droit devient la simple extension des sanctions américaines et de leur application armée. C'est précisément ce point que les Nations unies ont rappelé par l'intermédiaire du Secrétaire général António Guterres, qui a appelé à la retenue et à la désescalade, en renvoyant explicitement à l'obligation de respecter le droit international et la Charte de l'ONU. L'ONU rappelle ainsi qu'il n'est pas possible de normaliser des pratiques qui s'apparentent à une police maritime mondiale exercée par un seul État. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a eu le courage d'appeler publiquement les Etats-Unis à éviter toute effusion de sang, et d'appeler les Nations unies à s'opposer à toute intervention américaine. Cette prise de position exprime une exigence largement partagée en Amérique latine, notamment par le Président brésilien Lula. Il ne faut pas laisser se réinstaller la logique des « arrière-cours » et des coups de force, mais défendre la souveraineté et la paix, par la voie diplomatique. Dans ce contexte, elle lui demande quelle est la position officielle de la France sur l'annonce de ce blocus et sur les menaces d'escalade militaire visant le Venezuela, si la France entend condamner toute mesure de blocus et toute action susceptible de constituer un usage illégal de la force, ainsi que toute escalade militaire mettant en danger la population vénézuélienne et la stabilité régionale et si elle prendra l'initiative, à l'image de l'appel de Claudia Sheinbaum, de saisir les Nations unies afin d'exiger la désescalade, le respect de la souveraineté et du droit international, et la priorité à une solution diplomatique. Elle lui demande enfin quelles démarches la France compte engager au niveau européen et onusien pour protéger la sécurité maritime et prévenir tout incident dans la zone Caraïbe, où vivent par ailleurs de nombreux ressortissants français.
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La position de la France a été constante : l'opération ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro a contrevenu au droit international et aux principes de la Charte des Nations unies. L'usage de la force dans les relations internationales doit être encadré par des règles, sans quoi le monde est soumis à la loi du plus fort. La France continuera à plaider pour le respect des principes de la Charte des Nations unies, parce que ce sont les seuls qui peuvent garantir la paix et la stabilité à long terme. La France l'a rappelé au Conseil de sécurité des Nations unies le 5 janvier, ainsi que lors du Conseil permanent extraordinaire de l'Organisation des États Américains le 6 janvier. Dans ce cadre, la France a également appelé à une transition démocratique, soulignant qu'aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur au Venezuela. Il appartient au peuple vénézuélien de trouver une voie pacifique et démocratique pour l'avenir et la prospérité du pays. La France, dont notre ambassade à Caracas n'a jamais fermé ses portes, restera présente et engagée au Venezuela. Sur le plan humanitaire, la France a poursuivi son appui en matière d'assistance alimentaire (distributions de repas dans les cantines scolaires) et de santé (prévention des cancers, formation médicale). Sur le plan culturel, nos actions ne se sont jamais interrompues, notamment sur le plan de l'apprentissage du français et à travers le réseau actif d'Alliances françaises.
Juin 2025 (1)
11 juin 2025 — Sophia Chikirou
🌍InternationalInterception du Madleen
Ministère délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et des Français de l’étranger
QAGRépondue🔗 Voir la sourceRéponse
INTERCEPTION DU MADLEEN Mme la présidente . La parole est à Mme Sophia Chikirou. Mme Sophia Chikirou . Avant toute chose, j'exprime aux familles, proches, collègues des deux pompiers et de la surveillante qui ont perdu la vie les condoléances du groupe La France insoumise et notre solidarité pleine et entière. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC, EcoS et GDR.) Monsieur le premier ministre, avez-vous vu les images magnifiques des mobilisations dans tout le pays en soutien aux douze membres d'équipage de la Flottille pour Gaza ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR. – Murmures sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.) Voyez-vous que partout dans le monde, sur tous les continents, les peuples se dressent pour dire stop au génocide ? Avez-vous lu les révélations du site Disclose et celles de onze associations, dont Attac et Progressive International, sur l'ampleur des livraisons d'armes de la France à Israël ? (Exclamations sur les bancs du groupe DR.) Depuis octobre 2023, la France a expédié plus de 15 milliards d’articles classés comme armes de guerre (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) : bombes, grenades, missiles, pièces d’artillerie, en violation totale du traité international sur le commerce des armes ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Avez-vous vu les dockers de Fos-sur-Mer bloquer les containers d’armes destinés à l’armée israélienne ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – MM. Peio Dufau et Hendrik Davi applaudissent également.) Voyez-vous comment chacun, là où il se trouve, tente d’agir pour sauver Gaza ? Je pense à ces professeurs du 20e arrondissement de Paris menacés de sanction après avoir chanté la fraternité avec le peuple gazaoui (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Laurent Jacobelli s'exclame) ; je pense à Jacqueline – grand-mère de Janna et Abderrahim, deux enfants tués à Beit Lahya –, qui a déposé plainte pour crime de guerre et complicité de ces crimes. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) M. Sébastien Chenu . Et la journaliste que vous avez agressée ? Mme Sophia Chikirou . Et vous, monsieur, qu’avez-vous fait, qu’avez-vous dit, qu'avez-vous dénoncé pendant tout ce temps pour que cessent enfin les massacres à Gaza ? (« Rien ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le premier ministre, pourquoi avoir peur de Benyamin Netanyahou ? Pourquoi le laisser nous menacer, nous insulter, lorsqu'il traite mal Emmanuel Macron et à travers lui la France ? (Murmures sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.) Avez-vous au moins un peu honte de ne rien faire ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Avez-vous au moins un peu honte de voir notre diplomatie ainsi bafouée, ainsi humiliée ? (Murmures sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.) Aurez-vous le courage de vous dresser contre Benyamin Netanyahou pour exiger la libération… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent cette dernière. – Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC, EcoS et GDR.) Mme la présidente . La parole est à M. le ministre délégué chargé du commerce extérieur et des Français de l’étranger. M. Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du commerce extérieur et des Français de l'étranger . Que fait la France, dites-vous ? La France est le premier pays à avoir, dès novembre 2023, organisé une levée de fonds - 1 milliard d'euros - pour l'aide humanitaire à Gaza. Si la France n'avait pas été là, aucun pays n'aurait suivi ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. - « Quelle honte ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Mme la présidente . Chut, chers collègues ! M. Laurent Saint-Martin, ministre délégué . Ce qui est sûr, c'est que vous n'êtes jamais avares de buzz, de communication, comme l'ont encore démontré les événements de ces derniers jours. (Vives exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Mme la présidente . Chers collègues, s'il vous plaît ! M. Laurent Saint-Martin, ministre délégué . Que fait la France, demandez-vous ? Six ressortissants français étaient à bord du navire que vous avez cité. Le Quai d'Orsay a fait son travail, la France a fait son travail. (« Non ! » et vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Elle a averti ceux qui étaient sur ce navire des risques qu'ils couraient (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR), elle a maintenu en permanence le lien avec les autorités israéliennes, elle a fait son travail de présence consulaire. Cela a fait que, depuis hier, les six Français ont été en contact avec notre consul (M. Jean-Paul Lecoq s'exclame), ce qui a fait que toutes les familles ont pu être contactées (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem) grâce au personnel du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, que vous dénigrez, que vous empêchez de travailler ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) À la suite de vos pétitions, 45 000 mails ont complètement engorgé nos services de crise. Vous devriez avoir honte : pendant ce temps, ces services ne peuvent travailler à la protection de nos ressortissants ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR, dont quelques députés se lèvent, ainsi que sur les bancs des groupes DR, Dem et HOR et sur plusieurs bancs des groupes RN, LIOT et UDR.) La France n'a aucune leçon à recevoir de vous, qui ne faites que de la communication. L'aide humanitaire à Gaza doit être acheminée ; tout blocage est une honte, comme c'est une honte que vous manipuliez en permanence la souffrance des Gazaouis (Exclamations continues sur les bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe GDR) dans vos seuls intérêts politiciens ! (Les députés des groupes EPR, Dem et HOR se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs des groupes RN et DR, dont plusieurs députés se lèvent, ainsi que sur les bancs du groupe LIOT, M. David Habib s'étant levé, et du groupe UDR.) Mme Elsa Faucillon. La honte ! Vous n'avez rien fait ! Vous ne reconnaissez même pas l'État de Palestine ! Mme la présidente . Un peu de silence, chers collègues ! (Les exclamations se poursuivent sur les bancs du groupe LFI-NFP.)